‹ Origine botanique des caoutchoucs et gutta-percha. Thèse présentée au concours d'agrégation (Section d'histoire naturelle et pharmacie)Chapitre 22 sur 108 · AFRIQUE · texte numérisé non relu

AFRIQUE

Depuis une vingtaine d’années, le commerce du caoutchouc a pris en Afrique un essor considérable, surtout sur la côte occidentale. Au début, cet essor est dû en partie aux louables efforts du D r Kirk, ancien consul gé-

LE CAOUTCHOUC

aérai d’Angleterre à Zanzibar. Chaque campagne, pour ainsi dire, amène sur le marché de nouvelles sortes; longtemps entravé par les luttes sanglantes occasionnées par la traite des nègres, ce commerce est devenu une source de richesses et s’est développé d’une façon extraordinaire depuis le Sénégal jusqu’au tropique du Capricorne. « Au point de vue de l’industrie du caoutchouc, dit Chapel (p. 177), si paradoxal que cëla puisse paraître, la traite des nègres aura eu pour conséquence d’assurer la conservation des forêts qui, économisées par les siècles, nous offrent aujourd’hui des trésors accumulés par le temps. »

En effet, les nègres, avant de connaître la valeur du caoutchouc, incendiaient des forêts immenses pour les défricher et en cultiver le sol. Si la population n’avait été décimée par la traite, elle serait très dense aujourd’hui, mais il ne resterait plus de forêts.

Depuis un demi-siècle, de nombreuses explorations militaires ou scientifiques ont parcouru l’Afrique dans tous les sens, et nous ont révélé des richesses incalculables, mais qu’il s’agit d’aller chercher. D’après H. Lecomte ', qui a assisté à la préparation du caoutchouc au Congo, les caoutchoucs d’Afrique préparés avec de bonnes lianes ne le cèdent en rien aux meilleures marques; malheureusement la paresse el la cupidité des nègres les poussent à abattre les lianes pour aller plus vite, et à y mélanger d’autres latex, ce qui donne souvent des produits de qualité inférieure, variables d’un village à un autre et même d’un jour à l’autre, suivant le hasard des lianes

1. H. Lecomte, « Les Produits végétaux du Congo français ». Revue générale des sciences pures et appliquées, i8g4, p. 797.

SORTES COMMERCIALES

rencontrées. Comme le fait judicieusement remarquer A. Dewèvre % « pour que la description d’un caoutchouc ait dé la valeur, il est nécessaire que le descripteur ait recueilli et coagulé lui-même le produit décrit. Il ne Suffit pas qu’il l’ait fait faire par des indigènes, à moins qu’il ne possède des produits d’origine absolument certaine; comme c’est le premier cas qui se présente le plus fréquemment, il en résulte qu’on ne peut guère se fier aux descriptions données. » A. Dewèvre pense même que la plupart des déterminations des plantes à caoutchouc d’Afrique sont inexactes.

On trouve de ces plantes sur toute la côte occidentale depuis le Sénégal jusqu’à la province de Mossamédès, c’est-à-dire du 20° latitude nord au 20° latitude sud. Si sur la côte elles tendent à disparaître, par contre les régions du centre, surtout le Haut-Congo, en contiennent des quantités incalculables.

Sur la côte orientale, les Landolphia (Apocynées) sont répartis depuis la baie de Sainte-Lucie, par 28° latitude sud, jusqu’au pays des Somalis, c’est-à-dire jusqu’à l’équateur.

Page 1