‹ Origine botanique des caoutchoucs et gutta-percha. Thèse présentée au concours d'agrégation (Section d'histoire naturelle et pharmacie)Chapitre 25 sur 108 · Revue des cultures coloniales, 1898, t. II, p · texte numérisé non relu

Revue des cultures coloniales, 1898, t. II, p

SORTES COMMERCIALES. 67

Soudan furent d’abord introduits en France par les Portugais, d’où leur nom de caoutchouc de Boulam (ville de l’île de Boulama, archipel des Bissagos). On les appelle aujourd’hui caoutchoucs de Casamance. Ils ont le même aspect que ceux du Sénégal, parfois en pelotes de 3 00 grammes à 2 kilogrammes, de couleur rouge brun. On remarque à l’intérieur des pelotes des couches concentriques de teintes différentes variant du rouge brun au blême sale; parfois il contient 4 o p. 100.d’humidité. Il est regrettable que souvent plusieurs latex soient mélangés (ce qui produit ces teintes diverses à la coupe), car le mélange est toujours préjudiciable à la qualité du produit total.

D’après F. Baucher, cette sorte serait produite en grande partie par les Landolphia senegalensis DG. et L. Heudelotii DG. A. G. Môller 1 , inspecteur du jardin botanique de Coïmbre, confirme l’opinion de F. Baucher et signale en outre dans les régions du sud les Landolphia tomentosa A. Dew. et L. Petersiana K. Schum.

Rivières du Sud.

Rio Nonez, Rio Pongo, Rio Konkoré.

Il paraîtrait que la liane à caoutchouc a presque complètement disparu de la région du Pongo, et qu’il faut aller la chercher au loin dans la région du Foutah 2 . Une partie des caoutchoucs de cette dernière région arrive à n °s comptoirs de la côte. Ges sortes ressemblent en tous points à celles de la Casamance : elles sont généralement

*• Revue coloniale, 1897, p. 144-

2 - Bulletin de la Société de géographie commerciale de Paris, t. XIV, P- 125.

LE CAOUTCHOUC

très impures (coagulation à terre), et portent le nom dé Jlakes. Le Foutah-Djallon est riche en plantes à caoutchouc, qui sont représentées par les Landolphia tomentosd A. Dew., L. Heudelotii DC., L. owariensis P. de B., L. lucida K. Schum., L. senegalensis DC. (Baucher), et plusieurs Ficus.

Sierra-Leone.

Ces sortes ressemblent encore beaucoup extérieurement à celles de la Casamance, mais elles en diffèrent par la coupe; les boules sont d’un gris ardoisé à l’intérieur, et on y reconnaît difficilement la formation par lanières pelotonnées. Lorsqu’il se présente en plaques, ce caoutchouc est terne à la surface et couvert d’impuretés ; à l’intérieur il est spongieux ; il devient facilement poisseux et collant, et laisse de 25 à 35 p. ioo de déchet. Il est généralement peu estimé, et nous arrive par Freetown. Son origine botanique est discutée : il serait produit par le Ficus Brassii R. Br. suivant les uns, et par le Landolphia owariensis P. de B. d’après F. Morellet. Enfin, le Bulletin de Kew 1 rapporte qu’on exploite à Sierra-Leone : i° l a liane Lilibue, qui donne un bon produit; 2° la liane Nofe, que l’on débite en bâtonnets de i 5 centimètres de long; 3 ° la Kewatia, qui atteint en dix ans une circonférence de 6 o à go centimètres, et que l’on débite, comme la précédente, en bûches de i 5 centimètres de long.

Liberia.

Cette sorte n’arrive en Europe que depuis une quinzaine d’années environ; elle se présente sous forme d®

i. Cité par la Belgique coloniale, 1898, p. 356.

SORTES COMMERCIALES

petites boules brunes souvent fraudées par des impuretés. A la coupe, elle est blanche et assez humide, et laisse environ a 5 à 35 p. ioo de déchet; son port d’embarquement est Mouravia. Chapel l’attribue au Landolphia owariensis Pal. de Beauv., et Th. Christy à l ’Urostigma Vogelii Miq., et en partie au L. comoriensis, v. Jlorida K. Schum.

Grand-Bassam ou Assinie.

Ce caoutchouc provient de la Guinée française (Côte d’ivoire) et est concentré à Grand-Bassam (Manasso des nègres). Il arrive en petites boules de i à 3 centimètres de diamètre ( marbles ) de bonne qualité généralement. Il est brun à l’extérieur, et brun foncé et légèrement transparent à la coupe; il contient peu d’impuretés, et ne laisse que 20 p. 100 de déchet; il est surtout expédié en Angleterre. On l’attribue à plusieurs Landolphia et à l ’Urostigma (Ficus) Vogelii Miq. D’après A. Dewèvre, le produit de ce Ficus serait de bonne qualité et vaudrait 6 fr. la livre (livre anglaise ?) sur les marchés anglais. Max. Cornu 1 faisait récemment remarquer que Y Urostigma Vogelii Miq., très abondant à Liberia, est délaissé par les indigènes, ce qui semblerait justifier de son peu de valeur.

Biscuits d'Akkra.

Côte de l’Or ou pays des Achantis. — Cette sorte est assez recherchée en Angleterre; elle se présente sous forme de petits disques comprimés qui rappellent assez

1. Max. Cornu, Congrès pour l’avancement des sciences. Saint-Étienne,

LE CAOUTCHOUC

les biscuits milanais; ils sont blancs, veinés de rouge à la coupe, et laissant 35 p. ioo de déchet.

Les premiers envois qui arrivèrent de la Côte de l’Or étaient plutôt de mauvaise qualité et tournaient facilement au gras. Le caoutchouc en boules, qui arrive aujourd’hui d’Addah, est de meilleure qualité. Chapel pense qu’il est coagulé par l’eau salée. Les biscuits et les boules proviendraient de F Urostigma Vogelii Miq.

Lagos.

Côte des Esclaves. — Les premiers envois datent de 1888. Ce caoutchouc arrive sous plusieurs formes:

i° En strips (bandes). Ce sont des feuilles d’un demicentimètre d’épaisseur, pressées les unes contre les autres, d’une teinte blanc grisâtre. Elles contiennent peu d’humidité ;

2° En biscuits arrondis ou ovales, de 5 à 6 centimètres de diamètre;

3° En lumps (masses);

4° En niggers, petites boules formées de filaments pelotonnés d’un blanc rose sale.

Toutes ces sortes ont été attribuées à Y Urostigma Vogelii Miq. et au Landolphia owarieusis P. de B., très abondants dans le Lagos, le Dahomey et les possessions allemandes de Togo et Petit-Popo. Enfin le Kickxia africana Benth. 1 fournit aussi du caoutchouc dont la valeur industrielle semble dépendre du mode de coagulation. Cette dernière espèce, d’abord trouvée aux environs d’Akkra, en 1883, puis à Lagos et à Fernando-Po, a été signalée,

1. « Une nouvelle plante à caoutchouc. » La Nature, 1897, t. I, p. a 02 '

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en 1894, par H. Lecomte* à Kakamoeka sur le Kouilou (Congo français). Il est probable qu’elle existe dans tout le Mayombe. H. Jumelle ? et Aimé Girard, qui ont fait des recherches sur son latex, s’accordent à lui reconnaître une très faible valeur. Il ne se coagule pas au-dessous de la température d’ébullition comme le font les bons latex de Landolphia, et son caoutchouc, poisseux et sans nerf, contient 60 p. 100 de résine. On ignore le procédé employé au Jardin d’essais du Lagos, procédé qui permet, assure-t-on, d’en retirer un bon produit. H. Jumelle pense que le caoutchouc du Lagos serait, soit un mélange du latex du Kickxia africana ou Okeng, avec celui de VOfantum (arbre indéterminé) qui se trouve dans PHinterland du Lagos, ou bien le produit de VOfuntum sans aucun mélange.

D’après le D r Preuss, directeur du Jardin de Victoria, au Cameroun 1 2 3 , le latex du Kickxia africana a peu de valeur employé seul, mais peut servir avantageusement en l’additionnant à d’autres latex.

Niggers-Niggers.

Cameroun et embouchure du Niger. — Les caoutchoucs du Niger sont encore peu connus sur les marchés européens. Le Niggers-Niggers est une sorte très inférieure, perdant moitié de son poids en déchet ; il se présente sous forme de petites boules bloquées, c’est-à-dire agglutinées, rougeâtres à l’intérieur, plus foncées à l’extérieur. Elles sont attribuées aux Landolphia Heudelotii DC.,

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