‹ Origine botanique des caoutchoucs et gutta-percha. Thèse présentée au concours d'agrégation (Section d'histoire naturelle et pharmacie)Chapitre 32 sur 108 · La Quinzaine coloniale, t. III, p · texte numérisé non relu

La Quinzaine coloniale, t. III, p

2. Girod-Genet, Les Végétaux producteurs de caoutchouc à Madagascar, 1898.

SORTES COMMERCIALES. 89

nord de l’île. La figure donnée par Girod-Genet semble le rapprocher des Landolphia.

Enfin, les Valuj, c’est-à-dire un certain nombre de Landolphia. H. Jumelle pense qu’il n’existe qu’un seul Valuj ou Fingotra qui serait le Landolphia madagascariensis K. Schum.; selon Girod-Genet, le terme Vahy s’applique à plusieurs lianes « des genres Landolphia et Vahea » ; et d’ailleurs l’auteur représente deux lianes bien différentes et portant toutes deux le nom de Vahy : l’une porte des fruits longs de i 5 centimètres environ et larges de 3 à 4 millimètres, étranglés par endroits, presque moniliformes. Or, le L. madagascariensis a des fruits « pyriformes, bruns, glabres, longs de ii c ,5 sur 8°,7 de large, polyspermes 1 ». Il est donc bien établi que le mot Vahy est un terme collectif, s’appliquant probablement à des lianes donnant un produit de même qualité.

A la suite de ces espèces encore indéterminées, il faut ajouter trois Ficus : le Ficus elastica Roxb., appelé Hazondranala ou bois d’eau des forêts par les indigènes de la côte est*; le F. melleri Baker ( Nonaka ), qui fournit un caoutchouc de valeur moyenne. Les feuilles de cette espèce sont employées en infusion contre les diarrhées si fréquentes dans ce pays. Le F. tricliopoda Baker qui est l’ Aviavindrano des indigènes et qui est exploité surtout dans le sud-est.

Le procédé général de récolte est l’abatage ; les lianes sont arrachées et débitées en bûches de 3o à 4o centimètres. Autrefois, la coagulation se faisait à terre; aujourd’hui, on emploie le sel, le jus de citron, le tamarin °u l’acide sulfurique. D’après un rapport du vice-résident

*• A. Dewèvre, loc. cil., p. 24.

a . H. P. Piolet, cité par la Revue des cultures coloniales, 1897, p. 170.

LE CAOUTCHOUC

de France 1 : « Dans le nord, le caoutchouc est généralement préparé par les indigènes à l’aide de l’acide sulfurique, au jus de citron, au sel ou au tamarin ; dans le sud, au contraire, on ne le coagule qu’au sel. Aussi, le caoutchouc préparé par ce procédé et qui provient surtout de Morondava et de Maintirano, a-t-il une valeur marchande très inférieure à celui du nord. Le caoutchouc préparé à l’acide sulfurique vaut, en effet, 370 fr. les 100 kilogrammes, tandis que les autres ne valent que 3 oo fr. les 100 kilogrammes.*»

Est-ce bien le réactif de coagulation qu’il faut seul incriminer ? On vient de voir que du sud au nord de l’île les plantes productrices diffèrent d’une manière sensible et nous avons rencontré plus d’une fois l’exemple de deux espèces très voisines dont les produits ont une valeur toute différente. Quoi qu’il en soit, il reste beaucoup à faire pour débrouiller la question de l’origine botanique des caoutchoucs de Madagascar. Aidé des noms indigènes et des courtes descriptions qu’on vient de lire» un botaniste serait assuré de taire là-bas une ample moisson de documents précis et probablement aussi d’espèces encore inconnues.

Tout récemment 1 , le commandant du cercle d’Ambotodrazaka a fait parvenir au Gouvernement général une boule de caoutchouc provenant de lianes encore non signalées et qui poussent en abondance sur le Tompokestaj elles n’ont fait jusqu’ici l’objet d’aucune exploitation.

i. « Majunga. » Bulletin de la Société de géographie commerciale Bordeaux, 1897, P‘

a. La Quinzaine coloniale, 18 août 1898.

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