‹ Origine botanique des caoutchoucs et gutta-percha. Thèse présentée au concours d'agrégation (Section d'histoire naturelle et pharmacie)Chapitre 50 sur 108 · Tschirch, Angewandte PJlanzenanatomie, p. 5i8 et suiv · texte numérisé non relu

Tschirch, Angewandte PJlanzenanatomie, p. 5i8 et suiv

de carbone et d’amidon à leur intérieur. De plus, si le système laticifère prend un grand développement, les systèmes conducteur et criblé sont d’autant plus réduits; en outre, le suc laiteux présente dans sa composition des éléments différents, suivant l’état de développement de l’organe. Riche en protoplasme, amidon et graisses dans la jeune plante, il en est pauvre quand la graine est mûre.

D’ailleurs, il est un fait d’observation courante. Un arbre à caoutchouc que l’on saigne trop abondamment dépérit bientôt et meurt. Ce ne sont pas les blessures qui le font périr, car elles se cicatrisent rapidement (le Haticornia speciosa fait exception); si le latex n’était purement et simplement qu’un produit d’excrétion, sans aucune utilité pour la plante, la saignée ne devrait porter aucun préjudice à l’arbre. On est donc autorisé à admettre que le tissu laticifère contient dans une certaine mesure des matériaux utiles à la plante et qu’il joue un rôle conducteur. C’est peut-être là sa principale fonction.

§ 2. — LE LATEX.

Le latex qui s’écoule des incisions faites aux arbres à caoutchouc est généralement blanc ou très légèrement jaunâtre, plus ou moins fluide suivant les espèces et aussi suivant l’âge de la plante et la saison. Pendant la saison sèche il est épais, presque pâteux et coule difficilement; il se coagule alors sur les lèvres des blessures et la récolte devient très difficile (Manihot Glaziovii ) ; c’est généralement sitôt après la saison des pluies que se fait la récolte ; à cette époque le latex est plus fluide et coule plus facilement.

LE LATEX.

Abandonné à lui-même et en grande quantité, le caoutchouc s’en sépare plus ou moins rapidement suivant les espèces et vient surnager à la surface ; c’est même le procédé employé parfois à Bahia et dans certaines régions de la côte occidentale d’Afrique. On a vu au chapitre III que l’addition d’eau, d’alcool, d’acides minéraux ou organiques, de sels tels que le sel marin, l’alun, etc., activent cette séparation et que le latex peut même être baratté comme la crème du lait de vache.

Lorsque la coagulation à l’air libre est lente à se produire, les substances albuminoïdes qui se trouvent dans le sérum subissent rapidement la fermentation putride, ce qui communique au caoutchouc une odeur repoussante et très persistante (certains caoutchoucs d’Afrique).

Vue au microscope, une goutte de latex offre l’aspect d’une émulsion formée d’une infinité de petits globules en suspension dans un liquide. Ces globules qui, par leur réunion, formeront le caoutchouc, mesurent de ou,8 à 5p., i d’après Adriani et de 3 à 5 p. d’après A. Girard r . U arrive souvent que le sérum tient en solution des sels à acide organique qui se précipitent sous forme pulvérulente par l’addition d’une grande quantité d’alcool ou d’éther. D’après les recherches d’Adriani, ce sel serait à base de magnésie, avec de faibles proportions de chaux ou de soude ; l’auteur n’a pas déterminé l’acide.

Selon Aimé Girard, tous les réactifs employés pour Coaguler modifient les globules de caoutchouc en suspen- Sl on dans le latex en les rendant poisseux à la surface; mais pour que la coagulation se fasse d’une façon conve-

i. L. Lindet, a Les Recherches de M. Aimé Girard sur les laits de caoutchouc ». Bulletin d’encouragement pour U industrie nationale, 1898, ii° 7, P. 258 .

LE CAOUTCHOUC

nable, il faut une légère élévation de température qui permette aux globules de s’accoler les uns aux autres. La température serait donc l’agent essentiel de la coagulation dont personne n’avait donné avant lui d’explication scientifique.

La densité moyenne des latex à caoutchouc varie entre 0,980 et o,ggo (Ure avait donné 1,0175 pour un latex à 37 p. 100 de caoutchouc, i,oi 4 a 5 avec 20 p. 100; Muspratt donnait le chiffre de 1,012). Les laits de Ficus d’Algérie (qui à la vérité ne sont pas exploités) auraient une densité voisine de l’unité.

La teneur en caoutchouc et en résine varie beaucoup non seulement avec les espèces, mais aussi avec le degré de fluidité du latex (saisons) et l’âge de la plante.

Certaines plantés telles que le Manihot Glaziovii Mtilh Arg. ne fournissent que des quantités insignifiantes de caoutchouc jusque l’âge de 3 ou 4 ans. Certains Hevea au tronc renflé ( barrigudes ) donnent un latex très fluide et très pauvre en caoutchouc. On suppose que ce sont des arbres malades

Aimé Girard a donné le tableau suivant qui montre la proportion de caoutchouc contenue dans divers latex :

Pernambouc (Hancornia) . 31,64 p. 100

Afrique ( Lianes ).. 33,4o —

Para (Jlevea). . . .. 42,62 —

Nicaragua ( Castilloa ).. 32,3o —

Afriqu e (Ficus macrophylla) . .... 37,5 —

— — elastica ) ....... 17,3 —

— — nitida ). 3i,3 .—

— — lævigata ). 28,8 —

— (’Kickxia africana). ..... 27 —

i. Moniteur scientifique, i 858 , p. 848 .

LE LATEX.

Outre le caoutchouc, le latex contient encore de la résine (en très faible proportion chez les Hevea, en grande quantité chez le Kickxia africana), de la cire, des matières albuminoïdes, des sels, etc.

Voici la composition chimique trouvée pour deux latex :

Hevea brasiliensis (Faraday).

Caoutchouc. 31,70

Cire et matière amère.. 7,13

Page 1