II. — Moracées
Engler 1 divise ainsi la famille des Moracées :
A. — Fleurs mâles avec étamines d’abord courbées vers l’intérieur, plus tard vers l’extérieur. Graines anatropes ou amphitropes, k insertion pariétale ; feuilles k préfoliation indupliquée ; petites stipules caduques qui disparaissent sans laisser de traces autour de la tige.I. Moroïdées.
a) Fl. en fausse ombelle assez lâche, les 9 quelquefois
isolées. i. Fatouées.
b) Fl. en faux épi, fausse grappe ou faux capitule ; fl. 9 quelquefois isolées, chaque inflorescence toujours unisexuée :
«. Fl. et fl. 9 011 faux épi.2 . Morées.
p. Fl. ^ en faux épi, fausse grappe ou faux capitule ; 11. 9
en faux capitule arrondi.3. Broussonetiées.
y. Fl. çÇ en faux capitule, faux épi ou fausse grappe ; fl. 9 isolées ou réunies par 2 ou 4, pétiolées.4- Streblées.
c) Fl. çf et 9 sur un réceptacle plat, linéaire ou en toupie ; fl. çj* très nombreuses, fl. 9 en petit
nombre ou isolés.5. Dorsteniées.
fi. — Fl. d avec étamines toujours droites, graines toujours k insertion pariétale, anatropes ou amphitropes; feuilles k préfoliation enroulée ; stipules laissant le plus souvent une trace autour de la tige .II. Artocarpoïdées.
a) Inflorescences ou fausse grappe, faux épi ou faux capitule ;
inllor. 9 rarement réduites k une seule fleur, nues k la base ou seulement avec 3 ou 4 feuilles florales ; inflorescences unisexuelles. Embryon droit
ou courbe.C. Euartocarpées.
1. Engler et Prantl, Die natürlichen PJlanzenfamilien, t. III, n° i.
I34 UÉ CAOUTCHOUC.
b) Inflor. à réceptacle plan ou sphérique, quelquefois en coupe, nombreuses bractées à la base ou au bord supérieur, ou même sur toute la surface, entre les fleurs. Embryon droit :
a. Réceptacles entourés à la base de pomb. bractées imbriq., unisexués, ceux des fl. $ quelquefois
h une seule fleur .7. Olmediées.
( 3 . Récept. avec bract. sur la surface, entre les fl. ou sur le bord supérieur, comprenant de nomb. fl. et une fl. $ à la base. . .. 8. Brosimées.
c) Infl. avec récept.' en coupe, se déchirant parfois ultérieure¬
ment; nomb. bractées à l’intérieur, en dessous de l’orifice. Emb. courbe . .......... 9. Ficées.
C. — Fl. h étam. toujours dressées. Graines pariétales ou k l’aisselle des carpelles, orthotropes ou légèrement amphitropes. Préfoliation enroulée ; stipules laissant
une trace circulaire ..III. Conocéphaloïdées.
D. — Fl. h étam. courtes et dressées. Graines pariétales et anatropes ; fruit indéhiscent. Gr. k embr. courbe et albumen charnu ; herbes k feuilles opposées ou alternes avec
stipules libres.IV. Cannaboïdées.
Euartocarpées (Artocarpoïdées).
Artocarpus Forst. PI. insul. Austr. Prod. p. 64. — Radermachia Thunb. — Polijphema Lour. — Sitodium Gærtn. — Rima Sonner. — Prod. DG. XVII, p. a44> Enveloppes des fleurs à 2-4 lobes ; 1 étamine ; enveloppes des fl. $ tabulées, ovoïdes ou allongées, enfoncées à la base dans le réceptacle avec un petit orifice à la partie supérieure. Style à stigmate spatulé, rarement en forme de bouclier, très rarement bi ou trifide. Enveloppes florales formant avec le réceptacle un faux fruit renfermant les akènes. Graines exalbuminées; embryon droit en courbe avec cotylédons charnus, égaux ou inégaux. Arbres à grandes feuilles coriaces, entières ou lo-
PLANTES EXPLOITEES.
bées, plus rarement divisées ; stipules grandes nu petites. Inflorescences isolées, longuement ou courtement pétiolées. Fl. monoïques à réceptacle sphérique, en massue et quelquefois allongé.
Environ 4 o espèces, depuis Ceylan jusqu’en Chiné.
Artocarpus integrifolia Forst. L. fl. 1 . c. 412. — Nouvelle-Calédonie, Assam. Jack-tree des colonies anglaises; mangkabuhriet des Malais. — Cultivé (ainsi que A. incisa Forst.) depuis l’antiquité sous les tropiques, surtout dans les îles de l’Océan pacifique. On mange les fruits crus ou grillés (arbre à pain); 2 à 3 arbres suffisent à nourrir un homme toute une année; on préfère les fruits à graines avortées.
A. elastica Reinw. in Blume, Bijdr. 48 i.
A Java et Bornéo.
Olmediées (Artocarpoïdées).
Castilloa Cerv. in Suppl. Gaz. lit. Mex. 1794* — Prod. DC. XVII, p. 286.
Enveloppe florale absente chez les fl. </ ; elle est ovoïde chez les fl. $, épaisse, à 4 lobes. Ovaire à style court, avec divisions du stigmate filiformes ou en lancette. Périanthe devenant charnu à la maturité et entourant un fruit à péricarpe coriace. Arbres à feuilles courtement pétiolées, souvent grandes, bords entiers ou dentés ; stipules réunies deux à deux en avant des pétioles. Réceptacle des fleurs mâles réunis souvent à l’aisselle des feuilles; réceptacles femelles isolés, courtement pétiolés ou sessiles. a -3 espèces dans l’Amérique centrale et à Cuba.
Castilloa elastica Cerv., loc. cit. — Ulequahuitl des indigènes.
Colombie, Nicaragua, Honduras, Mexique. Acclimaté aux Indes.
D’après O. Chimani ', les laticifères sont nombreux dans la moelle de la tige, un peu moins abondants dans le liber; on en trouve également dans les rayons médullaires. Dans les nœuds, ils s’enchevêtrent en tous sens, mais ne s’anastomosent jamais; le latex est jaune clair. Dans les poils qui recouvrent les jeunes rameaux on trouve une substance analogue au latex et qui se colore bien par l’alkannine. Selon N. Krasnocelsky*, les laticifères, qui sont du type inarticulé, ont une membrane formée de cellulose pure. Ils ont un trajet vertical dans la moelle où ils sont localisés à la périphérie, puis un certain nombre d’entre eux passent à travers le cylindre central (par les rayons médullaires) pour continuer leur course dans l’écorce d’où ils passent dans les feuilles. Dans les feuilles ils suivent un certain temps les nervures, puis ils gagnent le mésophylle dans lequel ils se distribuent en tous sens.
L’auteur a remarqué que le liège de la tige se colore par l’alkannine acétique de Chimani et il croit cette coloration caractéristique pour le Castilloa elastica; or c’est là une des réactions de la subérine. La coloration rose du liège se produit même avec la teinture alcoolique d’Alkanna, si on a soin d’opérer à une douce température.
i. Loc. cit., p. 451.
a. N. Krasnocelskv, loc. cit., p. 4o et suiv.
PLANTES EXPLOITÉES
Castilloa Markhamiana Collins. Ulé-Ulè des indigènes. ■— J. Collins. Rep. on the caout. of. comm. 1872.
Colombie, Panama.
Ficées (Artocarpoïdées).
Ficus Tourn. Instit., t. l\20. — Linn. Sp. PI. éd. 3 . II. 1 5 1 3 . — Prod. DC. XVII, p. 287.
Périanthe des fl. d* à 2-6 lobes imbriqués, rarement réduits à des écailles; 1-2 étamines, plus rarement 3 - 6 ; enveloppes des fl. $ à divisions minces mais quelquefois imbriquées, quelquefois atrophiées ou absentes. Ovaire d’abord droit puis oblique; style excentrique, court ou filiforme ; stigmate très variable : en écu, concave, lancéolé, filiforme, allongé, quelquefois court et à 2 branches. Fruit renfermé dans le périanthe, devenant rarement charnu, très rarement nu. Embryon courbe, cotylédons égaux ou non, quelquefois repliés. — Arbres ou arbustes à feuilles le plus souvent alternes, rarement opposées, entières ou dentées, ou lobées. Stipules entourant le bourgeon terminal, très caduques. Souvent 1 ou 2 réceptacles à l’aisselle des feuilles ou sur les nœuds des branches plus âgées, quelquefois sur des rameaux nus. Bractées nombreuses sous l’orifice du réceptacle, les extérieures quelquefois dressées, les intérieures horizontales ou tournées vers le bas. Bractées entre les fleurs, souvent petites ou absentes, entre les fleurs supérieures souvent grandes e t les dépassant. Plusieurs espèces développent des racines aériennes qui servent de soutien à la plante.
600 espèces, réparties dans les contrées les plus chaudes, sur tout le globe.
LE CAOUTCHOUC
Ficus elastica Roxb. Hort. Beng. 65 . — Karet à Java ; Borgas en Assam ; Mupapata d’Angola.
Sud de l’Himalaya, Khasia, Assam, Burmah, Sénégal, Soudan.
Laticifères continus; largeur i 2 jx, 5-25 jjl, dans l’écorce et la moelle ; les plus larges se trouvent à la périphérie de l’écorce, séparés de l’épiderme par i ou 2 rangées de cellules (Chimani).
F. religiosa L. Sp. PI. io 5 g. —- Pippula tree des Indes orientales; Boenoet-kalodja à Java; Bo-gaha des Cingalais; Bay en teloogoo.
Bengale, Inde centrale, Ceylan.
Nombreux laticifères dans la moelle (18 p. de large) et dans l’écorce interne (i5-20 [*), où ils ont un parcours ondulé. Type continu (O. Chimani).
F. indica L. Sp. Pl.éd. II. 1 5 1 4 * — F. mysorensis Lam. Encycl. — Banyan ou Pagod tree des Indes anglaises, Mangigota de l’Inde, Marengah des Cingalais, Peralu des Malais, Baliti des Philippines.
F. glomerata Will. Hort. exMiq. Ann. Mus. Bot. Ludg* Bat., III, 298.
Forêts des Indes orientales.
F. oppositifolia Will. Sp. Êî. IV, 11 5 1.
Assam.
F. laccifera Roxb. Hort. Beng. 66. — F. altmima Bl> Bijdr. 455 .
Assam.
PLANTES EXPLOITÉES
F. annulata Bl. Bijdr. 448 .
Burmah, Assam.
F. obtusifolia Roxb. Hort. Beng. (io 3 ).
Assam.
F. prolixa Forst. f. Prod. 77.
Nouvelle-Calédonie.
F. prinioïdes Will.— Urostigrnaprinioïdes Miq. Ilook. Journ. of bot. 1847. 54 o.
N ouvelle-Grenade.
F. Vogelii ( Urostigrna) Miq. Ann. Mus. Ludg. Bat. III.
Liberia, Akkra, Grand-Bassam, Lagos.
Laticifères filiformes, à courbes peu prononcées, répartis dans la moelle et l’écorce secondaire; larg. 17p.,5- 20 [jl. Type continu (Chimani).
F. Brassii R. Br. Sabine in Trans. Hort. Soc. V (1824).
Sierra-Leone.
F. Melleri Baker. Journ. Linn. Soc., i 883 , p. 258 . Madagascar.
F. trichopoda Baker, loc.xii., i 885 , p. 445 . Aviavindrano à Madagascar.
Conocéphaloïdées.
Gecropia Linn. in Lœfl. It. 272 (1758). — Ambaiba Adans. Fam. II, p. 377 (1763).
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Cecropia peltata L. Pugill. PI. Jamaic. 28.
Brésil, Pérou.