‹ Origine botanique des caoutchoucs et gutta-percha. Thèse présentée au concours d'agrégation (Section d'histoire naturelle et pharmacie)Chapitre 73 sur 108 · BALATA · texte numérisé non relu

BALATA

La balata est fournie par plusieurs Mimusops (Sapotacées) qui croissent spontanément dans les Guyanes, le Venezuela, le Brésil, etc. Elle diffère sensiblement de la gutta-percha par ses propriétés physiques et chimiques ; cependant on peut la substituer à cette dernière dans certains cas, et si au début elle fut accueillie sans enthousiasme par l’industrie, son prix dépasse aujourd’hui la moitié du prix de la gutta-percha, ce qui prouve bien le parti qu’on a su en tirer.

Elle se présente en blocs ou en plaques de 1 à 2 centimètres d’épaisseur, de teinte grisâtre ou légèrement violacée et ressemblant assez à des peaux sèches. Elle est sans odeur ni saveur ; sa densité est d’environ i,o 5 . C’est une substance très tenace, très élastique et qui convient très bien pour la confection de courroies de transmission. A la température ordinaire, elle possède une consistance cornée ; elle se ramollit suffisamment à 5 o° pour conserver des empreintes.

LA GUTTA-PERCHA

Tandis que la gutta-percha s’oxyde facilement à l’air en se résinifiant, la balata au contraire résiste admirablement.

Elle est tout à fait insoluble dans l’eau, mais se dissout complètement à chaud dans l’essence de térébenthine, la benzine et le sulfure de carbone. Elle se comporte à peu près comme la gutta-percha vis-à-vis des acides et des bases. Elle est inattaquable par les alcalis caustiques et l’acide chlorhydrique concentré; elle charbonne en présence de l’acide sulfurique concentré; l’acide azotique fumant la transforme en acide formique et en acide cyanhydrique.

La balata pure, d’après Sperlich, donne à l’analyse : carbone 88 , 5 , hydrogène 11, 3 . Comme la gutta-percha, elle se compose d’une substance fondamentale, la gulta, à laquelle se trouve unie une certaine quantité de résine. Ainsi, un échahtillon de balata coagulée par l’alcool a i donné à l’analyse (J. R. Jackson, de Kew, 1886) :

Gutta. 4 a ,6

Résines. 48

Impuretés .. 3,7

Eau. 5,7

Un autre échantillon coagulé à l’air libre a donné (même auteur) :

Gutta.

Résine.

Impuretés.

Eau.

Les résines sont formées de fluavile et d’albane (Obach, P- 54 ).

Le pouvoir isolant de la balata tient une bonne moyenne parmi les sortes commerciales de gutta-percha.

§ 3. — AUTRES SUCCÉDANÉS Gutta de l’arbre de Karité.

La gutta-percha de l’arbre de Karité ( Bassia Parkii G. Don.) a été signalée par le D r Heckel en 1887. ^ ma connaissance du moins, elle n’a pas encore pris place parmi les sortes commerciales; peut-être un jour elle sera exploitée en grand, lorsqu’elle aura fait ses preuves industrielles. D’après le D r Schlagdenhauffen, directeur de l’École supérieure de pharmacie de Nancy 1 , il y a une grande ressemblance entre la gutta-percha vraie et celle du Bassia Parkii. Cette dernière est un peu moins soluble que la gutta vraie dans l’éther, l’éther de pétrole, l’essence de térébenthine et l’acide acétiquo bouillant. Avec le sulfure de carbone, le chloroforme, la benzine et l’alcool absolu, elle se comporte comme la gutta vraie, et s’y dissout dans des proportions à peu près identiques. La seule différence est que le résidu insoluble est sec pour la gutta des Palaquium, et poisseux pour celle du Bassia Parkii; l’analyse de ce produit a donné :

Gutta. 91 p. 100

Albane. 5,5 —

Fluavile ......... 3 —

ce qui la rapproche considérablement de la gutta des Palaquium. Malgré cette grande ressemblance, la valeur

1. « Nouvelle source de gutta-percha. » La Nature, 1 885 , 24 octobre.

LA GUTTA-PERCHA

de ce produit ne peut être consacrée que par l’usage, et jusque-là, il est bon de se tenir sur une prudente réserve.

La gutta du Bassia Parkii se laisse malaxer avec beaucoup de facilité dans l’eau chaude, et les empreintes que l’on obtient ne le cèdent en rien à celles obtenues avec les meilleures gutta-percha.

La récolte du latex a lieu en décembre et janvier; la coagulation se fait à l’air libre, au bout de douze heures, et on estime la production d’un arbre adulte à 1 5 o grammes de gutta, valant environ 6 fr. le kilogramme à Marseille'.

Gutta d’Abyssinie.

Comme la précédente, cette gutta n’est pas encore entrée dans le commerce courant; elle est fournie par les Mimusops Schimperi et M. Kammel Ilôchst 1 2 . Elle se présente en massés plus ou moins mélangées de débris d’écorce, d’une couleur brune mais moins foncée que celle de la gutta-percha, translucides sous une faible épaisseur ; ces masses sont rayées par l’ongle, et s’effritent facilement à la surface à la température ordinaire. La chaleur de la main suffit pour les ramollir légèrement; elles demeurent alors adhérentes à la peau. D’après le D r Schlagdenhauffcn, cette gutta, déjà débarrassée de ses impuretés par un pétrissage à l’eau chaude, abandonne 4^ p. 100 de résine à l’alcool fort. Cette résilie est amorphe, fusible à 107°; elle est soluble dans l’alcool éthylique, l’alcool méthylique, l’acétone, le benzol, le chloroforme, l’éther

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