‹ Origine botanique des caoutchoucs et gutta-percha. Thèse présentée au concours d'agrégation (Section d'histoire naturelle et pharmacie)Chapitre 93 sur 108 · I. Voir Obach · texte numérisé non relu

I. Voir Obach

LA GUTTA-PERCHA

§ 3 . — MOUVEMENT COMMERCIAL I. — Gutta-percha.

Depuis l’année 1 845 où l’on commença à employer la gutla brute en Europe, l’importation de cette substance s’est accrue dans des proportions extraordinaires, comme le montre le graphique n° I. Les quantités y sont exprimées en tonnes et représentent les exportations de Singapore, qui accapare presque toute la production de la Malaisie. Cette exportation, qui était de ioo kilogrammes

Graphique n° I. — Exportations de Singaporc, exprimées en tonnes, de i845 à i8gC. (Chiffres d’après E. Obach.)

environ en 1844, dépasse 6oo tonnes en 1 854 » i,8oo tonnes en 1864» puis tombe à 5 oo tonnes en 1868 pour

remonter à plus de 3 ,800 tonnes en 1882; après une nouvelle chute en 1888, elle atteint le chiffre énorme de 4 , 5 oo tonnes en 1890, puis oscille autour de 2,5oo tonnes pendant les années 1 8 g 4 et i 8 g 5 . En 1896, l’exportation était de 2,623,312 kilogrammes.

Le graphique n° II indique la part prise par la péninsule malaise, l’île de Bornéo, l’île de Sumatra et les au¬

tres petites îles hollandaises, et l’exportation de Singapore depuis 1 885 à 1896.

Les exportations de la péninsule malaise ont subi

LA GUTTA-PERCIIA.

quelques fluctuations pendant cette période. La production, qui était de 167,962 kilogrammes en 1 885 , tombe à 4 g ,885 kilogrammes en 1890, pour remonter à 253 ,o 34 kilogrammes en 1892. En 1896, elle était de 241,808 kilogrammes,'représentant une valeur de g 53 ,ioo fr.

La province de Penang (péninsule malaise), qui dans ces dernières années en a fourni la plus grande partie, a vu sa production descendre à 8i2 kg ,8 en 1887, pour remonter à io4,9io k ,6 en 1892 et i53,873 kg ,2 en 1896.

Les districts de Pahang, Tringganu, Kelatan, Patani, Singora (péninsule malaise) n’en expédient des quantités appréciables que depuis l’année 1891.

La production totale de la péninsule a été, pour dix années (de 1 885 à 1896), de 1,744,066 kilogrammes, représentant une valeur de 7,oio,85o fr.

L’île de Bornéo, qui a expédié à Singapore i 85,420 kilogrammes de gutta-percha en 1 885 , en a fourni 229,006 kilogrammes l’année suivante; en 1891, les expéditions atteignaient le chiffre de 965,758 kilogrammes et en i 8 g 3 , i,ii4,755 kilogrammes; en 1896, elles étaient encore de 899,718 kilogrammes.

Sumatra, Java, Bali et les autres petites îles hollandaises, qui produisaient 2,3g4,ooo kilogrammes en 1888, en ont fourni 3,799,281 kilogrammes en 1889. Cette production énorme est tombée à 1,083,208 kilogrammes l’année suivante; elle n’a été que de 811,326 kilogrammes en i 8 g 5 et de 939,901 kilogrammes en 1896. C’est l’île de Sumatra qui en fournit la majeure partie.

La production de Java est très irrégulière et passe de 8,i78 kg ,8 en 1892 à 4o6 kg ,4 en 1893 et 2,387 kg ,6 en 1894* Quant à l’île de Bali, sa production est à peu près insignifiante.

EXPLORATIONS, CLIMATOLOGIE, COMMERCE. iZ']

Le graphique n° III représente la marche des arrivages de gutta-percha en France (venant de Singapore); ces

Années 1885 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1899 1893 1894 1895 1896

Graphique n° III. — Quantités de gutta-percha (exprimées en tonnes) importées en France de i885 ii 1896.

arrivages ont subi des fluctuations très sensibles : ils étaient de 108,407 kilogrammes en i885 et ont monté brusquement à 292,100 kilogrammes en 1886, pour redescendre à 66,go3 kilogrammes en 1888. De 1895 à 1896, ils ont fait un saut énorme, puisqu’ils sont passés de 156,870 kilogrammes à 656,i83 kilogrammes.

C’est l’Angleterre qui tient la tête pour l’importation de la gutta-percha. De 1885 à 1896, elle en a reçu

LA GUTTA-PEKCIIA.

23,915,573 kilogrammes. La France tient le second rang avec 2,754,122 kilogramme^, puis vient l’Allemagne avec 2,395,270 kilogrammes. Ces chiffres représentent les arrivages et non la consommation industrielle.

Il serait» bien difficile d’établir un graphique montrant la marche des prix de la gutta-percha, à cause de la grande variabilité de ce produit; il n’existe pas en effet de sorte type, toujours identique à elle-même, comme pour le caoutchouc, et indépendamment de l’offre et de la demande, la valeur de la gutta varie énormément suivant son degré de pureté. Souvent, dans une année on constate des écarts considérahles. C’est ainsi qu’en janvier 1889' la sorte dite Macassar, qui valait (à Paris) 9 fr. le kilogramme, se payait 10 fr. au mois de mai, i 3 fr. en juillet, et en juillet 1891, atteignait 17 fr.

Sur la place de Singapore, le prix de la première qualité de gutta-percha a varié dans les proportions suivantes :

1876 . 5 o f » a 75 f » le picul (6i k «,76)

Le tableau suivant montre l’accroissement des prix depuis 1889 jusque 1897 P our certaines sortes prises au marché de Singapore 1 2 . L’unité de poids est encore le picul.

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