‹ Origine de l'imprimerie à Paris, d'après des documents inédits;Chapitre 18 sur 38 · VIII. Liber Elegantiarum L. Vallée. — In-folio · texte numérisé non relu

VIII. Liber Elegantiarum L. Vallée. — In-folio

Parmi les volumes imprimés en Sorbonne pendant l'année 1471, on doit compter celui que nous désignons par le titre ci-dessus. Ce fut probablement le premier in-folio mis au jour par Tatelier prototypographique français. Son premier titre complet est celui ci :

Excellentissimi acutissimiq3 grâmatici et ora^

[toris Laurentii.

Valise, in libij elegantiai^ suai{ plogus fœliciter

[incipit.

Il a deux cent soixante-dix-neuf feuillets utiles, à trente-deux lignes longues par page.

Il commence par une lettre-préface de Paul Senilis, secrétaire du roi, à l'adresse de J. Heynlin. On apprend par cette lettre que, sur la prière de

J. Heynlin, Paul Senilis revit le texte de Laurent Valla, maltraité par les copistes ; mais il doute, dit-il, de son érudition pour mener à bien un pareil travail; il lui manque le temps et la science. « Et puis, continue-t-il, au milieu des orages de (( notre temps, ce n^est pas de la plume et du pa- « pîer qu'il faut savoir se servir, c'est plutôt le « cheval et l'épée qu'il faut savoir manier. »

Bref, Paul Senilis dit n'avoir pu parcourir que très rapidement le texte de L, Valla ; il a fait ce qu'il a pu, mais il appartient à J. Heynlin de compléter le travail : « On dira que j'ai arraché de ce « petit champ les ronces, les pierres et l'ivraie, et <( que c'est vous qui l'avez orné de plantes aux (( mille couleurs. »

Le secrétaire du roi termine son épitre par quatre distiques, suivant l'usage.

Viennent ensuite les six livres de L. Valla, divisés en soixante-trois chapitres : deux cent quatre feuillets.

A la fîn du texte de Valla on lit :

Libri Sexti Elegantiarum Laurentii Vallas, fœlix

[finis.

Suivent les deux traités intitulés :

Laurentii Vallae ad lohannë cortellum arretinû cubiculariû appostolicû Pra&fatio in tractatû de recipcatione sui & suus;

Treize feuillets; un feuillet blanc.

2^ Laurentii Vallae liber, in errores Antonii Raudensis fœliciter incipit.

Trente-six feuillets.

Viennent enfin :

I® Elegantium uocabuloi^ quas in hoc opère sparsim tradita sunt/sub principaliumlitterarum suarum ordine cum li^ broi^ capitulorumqS annotatione/ compendiosa collectio;

avec renvois aux livres et aux chapitres : quinze feuillets ;

2° Lettre de J. Heynlin à Paul Senilis, occupant un feuillet et se terminant ainsi :

iEdibus Sorbone scriptû anno uno & septuagesimoquadringentesimoqS supra millesimû.

3"^ Table des chapitres portant sur neuf feuillets et précédée de cet intitulé :

Quot Vniuersi Operis Elegantiai^ Lau^ rentii Valise sint libri / quse ue unicuiqS li^ bro subiecta materia/ & qùis in singulis materiis pertractandis ordo seruetur;

Le vocabulaire est composé sur deux colonnes à la page.

Dans sa lettre, J. Heynlin exprime sa reconnaissance envers son ami et collaborateur, et montre toujours le même soin qui préoccupait nos éditeurs sorbonistes, à savoir de travailler à rétablir les textes dans toute leur pureté. J. Heynlin fait connaître que c'est lui qui a rédigé le vocabulaire et la table des chapitres.

Il résulte de rechange de cette corresf>ondance

littéraire que Tédition de Sorbonne des Elegantiœ de L. Valla est une édition princeps.

La Bibliothèque Nationale possède deux exemplaires de ce volume, qui forme un travail important. Le premier (1), portant le cachet de la Sorbonne, est relié en maroquin rouge, à marges pleines, avec tranches naturelles. Ce magnifique exemplaire est parfaitement conservé; il est réglé et porte de nombreuses annotations sur les premiers feuillets ; les livres sont indiqués, sur le recto de chaque feuillet, par leur numéro d'ordre, en commençant par zéro. On n'y voit aucun ornement; les lettres initiales sont même restées en blanc.

Comme remarque particulière, nous signalerons que dans cet exemplaire, la lettre de P. Senilis qui est en tète, a été tirée sur un papier autre que celui du volume et collée sur onglet.

Le deuxième exemplaire (2) est, comme le premier, relié en maroquin rouge, mais il est en outre doré sur tranches. Les marges sont un peu rognées. Malheureusement il est incomplet; il y manque : 1** la lettre de P. Senilis ; 2** les sept premiers feuillets du texte ; 3^ le treizième feuillet du premier Traité qui suit les livres de L. Valla.

Particularité assez curieuse, la deuxième page de la lettre de J. Heynlin à P. Senilis est imprimée sur une feuille de papier très léger, et collée sur le verso du dernier feuillet.

(1) Réserve X.

(2) Réserve X.

Cet exemplaire est bien conservé, du reste ; comme le premier, il n^a ni initiales peintes, ni ornements d'aucune sorte.

La Bibliothèque de Bâle possède l'exemplaire des Elégant ice ayant appartenu à J. Heynlin qui, cette fois, et pour mieux marquer peut-^tre Tamourpropre (ïauteur que lui inspirait ce premier in-folio sorti de ses presses, s^est adjugé un exemplaire de luxe (1). Le volume contient toutes les matières que nous avons indiquées plus haut d'après Texemplaire complet de la Bibliothèque Nationale; mais il diffère de ce dernier par le classement des différentes parties ; ainsi, le Vocabulaire et la table des chapitres sont placés en tète; puis, après trois

feuillets blancs, viennent les lettres de P. Senilis et de J. Heynlin ; enfin le texte des livres et Traités.

Ce magnifique exemplaire réglé est relié avec un manuscrit intitulé : Pogii Florentini^ eloquentisstmi oratoris^ in Laurentium V allant invectiva. Les plats de la reliure, qui est contemporaine, sont en bois et recouverts de veau fauve, avec coins et boutons en cuivre ; on y voit encore les traces de fermoirs.

La première page du texte de L. Valla est ornée d'une jolie dentelle portant sur la marge de gauche et sur la moitié de celles du haut et du bas. La lettre initiale Q est peinte en or et couleur bleue

(I) Bibl. de Biile, A. K. V. 19.

sur un fond lie de vin ; au milieu de la lettre se trouve une fleur de lys en or brillant sur le fond bleu. Les autres initiales de chaque livre sont moins belles, mais peintes aussi en or et en couleurs ; une petite dentelle orne le commencement des livres. Les grandes capitales du texte courant sont rouges ou bleues. Les initiales de la première page de chaque Traité sont aussi peintes avec luxe ; celle du Liber in Errores est peinte en or sur fond bleu et lie de vin, et la marge de gauche est ornée d^une petite dentelle.

La Bibliothèque de Vienne (Autriche) et celle d'Oxford possèdent aussi un exemplaire des Elegantiœ.

Cette édition de Sorbonne est citée dans Hain, n° 15,800; Panzer, tome II, p. 271 ; La Vallière, n^ 2,193.

Brunet fait connaître que Texemplaire de La Vallière, mar. r., a été vendu 200 francs.

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