XIV. QUiESTIONES TuSCULANiE — lu-foL
Cette œuvre de Cicéron a dû être imprimée à peu près dans le même temps que \q^ Devoirs, peut-
(i) La Vallière, n« 2,280.
être immédiatement après. Plusieurs bibliographes, par le motif qu'on a trouvé les Tusculanes reliées avec le De Officiis, ont cru pouvoir affirmer que les deux formaient non pas des éditions synchroniques, mais un seul et môme ouvrage divisé en deux parties. C'est là une erreur, et pour prouver cette erreur il suffit de se reporter à la lettre de J. Heynlin à G. Fichet, insérée dans les Devoirs.
En effet, dans cette lettre, J. Heynlin énumère scrupuleusement les traités qu'ila joints aux Devoirs: De Amicitia, De Senectute, Somnium Scipionis et Paradoxa. Des Tusculanes, il n'est pas question. On ne peut supposer que J. Heynlin ait oublié, dans son énumération des diverses parties de l'ouvrage en préparation, une œuvre aussi importante que les Tusculanes.
A cette preuve il faut en ajouter une seconde non moins péremptoire, à savoir que l'exemplaire des Devoirs offert par J. Heynlin à l'évêque de Metz ne contient pas les Tusculanes, qu'il n'en est pas question dans la lettre dédicatoire. Il est évident que si cette œuvre avait fait corps avec les Devoirs, l'éditeur n'aurait pas manqué de le comprendre dans un exemplaire offert en don à un haut personnage; à moins qu'on ne veuille admettre que volontairement J. Heynlin ait décomplété le volume, ce qui serait incompréhensible.
D'autre part, la plus grande partie des exemplaires connus des Tusculanes ne sont pas joints aux Devoirs; ils forment un volume spécial. Si un des
exemplaires de la Bibliothèque Nationale est relié avec celui des Devoirs, si celui de la Bibliothèque de Bâle est relié aussi avec les Devoirs, mais auxquels on a ajouté les Devoirs de saint Ambroise, ce n^est là qu^un assemblage fait bien postérieurement à l'impression et suivant la fantaisie du propriétaire ; et la preuve, c'est que dans le volume de la Bibliothèque Nationale, les Tusculanes sont reliées après les Devoirs, et que dans celui de Bâle, elles se trouvent avant.
Par contre, les exemplaires spéciaux sont relativement nombreux ; ainsi nous les rencontrons à la Bibliothèque Nationale, dans les catalogues de La Vallière, de Crevenna et de Spencer. Panzer ne les cite pas et n'a connu que le De Officiis.
Pour tous ces motifs, on peut affirmer que les Tusculanes n'ont pas fait corps avec les Devoirs.
Cet ouvrage, in-folio, de quatre-vingt-sept feuillets de trente-une lignes à la page, commence par le titre suivant :
M. T. C. oratoi^ Homeri prologus în Tusculanarum quaestionum (in quibus de maximis qusesiionibus ce" piose, ornateqS dicit) librum p'mum fœlicîter incipit:
Il se termine ainsi :
.M. T. Ciceronis Tusculanai^ quasstionû Liber Quintus & ultimus finem habet fœlicem;
Le texte des Tusculanes comprend quatre-vingtcinq feuillets ; viennent ensuite deux feuillets qui
contiennent: 1° quatorze vers d'Erhard de Windsberg, l'ami des prototypographes parisiens, vers adressés aux admirateurs de Cicéron ; 2^ la table des cinq livres et des quarante-deux chapitres ; 3** quatorze autres vers d'Erhard Windsberg, après lesquels se trouvent ces mots : Vale Lector Stiidiose.
La Bibliothèque Nationale possède deux exemplaires des Tusculanes; le premier est celui qui est relié avec Xe^s Devoirs. Les cinq livres sont désignés par les numéros I, II, III, IV, V peints à Tencre rouge ou bleue, au milieu de la marge supérieure de chaque feuillet.
On remarque une correction faite assez grossièrement à la main dans le cinquième vers de la première pièce d'Erhard de Windsberg; le compositeur avait mis Vano Marconi pour Varo Maroni.
Le deuxième exemplaire des Tusculanes de la Bibliothèque Nationale (1) est relié en maroquin rouge aux armes royales ; il a les marges grandes, bien que rognées, et les tranches grises. Les lettres initiales des livres sont peintes soigneusement en couleurs; celles des chapitres sont peintes en couleur bleue ou rouge. La correction signalée plus haut dans les vers d'Erhard est très bien faite.
Malheureusement cet exemplaire est incomplet, et on lit, écrite à la main sur une petite feuille attachée au volume, cette note : « Manque le 1 feuillet
(i) Bibl. nal., Réserve, »E. 7.
<c et deux autres qui ont été donnés à M. Re- « nouard, pour le Mérite des Femmes in-32 mî-p. a int. vélin et 2 autres volumes.
a Le T"^ 1826. »
Nous avons dit que le volume des Tusculanes se trouve à la Bibliothèque de Bâle relié avec le De Officiis de Cicéron et celui de saint Ambroise, provenant de la collection de J. Heynlin. Incomplet.
Il existe aussi dans la bibliothèque de lord Spencer.
Il est mentionné dans les catalogues: de Hain, n^5,311; La Vallière, n"* 2,265 (incomplet); Crevenna, 2* Cat., n** 1,538, défectueux en divers endroits; Brunet, tome II, col. 15; Madden,p. 170.