I. — EpiSTOLiC Gasparini. — In
Les Epistolœ de Gasparino, de Bergame , forment un volume in-4**, sans chiffres , réclames ni signatures, sans désignation de lieu ni de date. Ce volume contient cent dix-sept feuillets utiles, d'un papier fort et sonore, le seul qu'on fabriquât à cette
époque. Chaque page a vingt-deux lignes, et c^est encore là une particularité qu'on a signalée pour prouver la priorité de ce volume sur tous ceux qui ont été imprimés en Sorbonne ; les autres in-4** ont vingt-trois lignes à la page ; on aurait commencé par le nombre de vingt-deux, et le trouvant peu en harmonie avec le format, on aurait adopté le nombre de vingt-trois, qui est resté invariable.
Ce volume porte pour titre :
Gasparini pergamensis clarissimi orato^ ris epistolaïf liber fœliciter incipit;
Et à la fin :
Fœlix Eptai^ Gasparini finis.
Pour le surplus, nous avons déjà décrit ce volume dans le chapitre précédent.
La Bibliothèque Nationale , à Paris , possède deux exemplaires des Epistolœ de Gasparino. Le premier (1) n'est pas un exemplaire de luxe proprement dit; les enluminures n'offrent rien de remarquable. La première page seule est ornée d'une dentelle en couleurs variées sans or, et encore ce dessin n'occupe-t-il que l'angle gauche supérieur de la page. La grande lettre initiale du texte de Gasparino est peinte en or et en couleurs. Les autres initiales qui se présentent dans le corps du volume sont simplement peintes en couleur bleue
(1) Réserve Z.
OU rouge. Les alinéas, qui ne sortent pas du texte courant, sont marqués par un signet; trois de ces signets seulement sont coloriés à l'encre bleue, au trente-deuxième feuillet, entre autres. Tous les signets qui marquent les distiques de la fin sont peints en couleur bleue ou rouge alternativement.
On remarque les corrections suivantes faites à la main : A la neuvième ligne de la lettre-préface de G. Fichet, le mot debent est écrit après grattage; dans les distiques de la fin, les trois premières lettres du nom de Vdalricus sont écrites à la main, aussi après grattage ; les lettres imitent assez bien le caractère fondu , mais elles sont plus espacées entre elles que ne le comporte le corps de la fonte.
Le deuxième exemplaire de la Bibliothèque Nationale (1) est en tout semblable au premier comme texte; il a le même nombre de feuillets imprimés, mais il en compte quatre blancs au commencement et à la fin ; il a les marges moins larges. Il est tiré sur papier marqué à Vancre, Les enluminures de la première page des Epistolœ sont plus riches que dans Tautre exemplaire : les quatre marges de la page sont ornées d'une dentelle, peinte en or et en couleurs, qui encadre le texte. Non seulement cet exemplaire a, comme le premier, la grande initiale du commencement du texte de Gasparino peinte en or et en couleurs, mais encore toutes les initiales
(i) Réserve Z.
e page des Epiitolœ de Gaspaiino.
exemplaire de ta BibUothèque NaUonale.
de tète des Epistolœ isont peintes de la même manière. Les capitales de l'intérieur du texte sont marquées en jaune d'un coup de pinceau rapidement donné. Enfin on y remarque les mômes corrections manuscrites que dans le premier.
Cet exemplaire porte le cachet de la Sorbonne, à qui il a appartenu. Dans une notice écrite sur la feuille de garde, le bibliothécaire Gayet de Fansale, qui a signé G. Def. , après avoir rappelé que Chevillier signale Texistence des Epistolœ de Gasparino en Sorbonne, ajoute qu'il n'y restait plus de son temps que celui qui nous occupe : exemplaire d'autant plus curieux qu'il n'était jamais sorti de la maison où s'élait abrité l'atelier prototypographique parisien.
Le British Muséum, de Londres, possède aussi un exemplaire des Epistolœ de Gasparino, en tout conforme, nous écrit M. E. A. Roy, à la description que Brunet donne de cet ouvrage. Il existe aussi, dans la Bibliothèque de Bâle, qui a le privilège de posséder la collection des livres et des manuscrits ayant appartenu à J. Heynlin, collection comprenant une des séries les plus complètes qu'on connaisse des impressions de Sorbonne; J. Heynlin avait légué sa bibliothèque à la Chartreuse de Bâle, et, à la disparition de celle-ci, les livres du savant sorboniste passèrent dans la Bibliothèque de l'Université.
Les Epistolœ de Gasparino, provenant de J. Heynlin, sont réglées et reliées en un seul vo-
lume (1), reliure du temps, avec les Epistolœ de Phalaris, imprimées aussi en Sorbonne, ainsi qu*on le verra.
La Bibliothèque de Vienne (Autriche) possède aussi un exemplaire de ce volume. Plusieurs autres sont connus pour avoir appartenu à divers bibliophiles. De Boze en possédait un dont la première page avait toutes ses marges ornées d'une dentelle peinte en or et en couleurs, et qui était relié en veau fauve (2). Dibdin en signale un dans la bibliothèque de Spencer (3); la collection de Crevenna en possédait aussi un (4) ; Brunet en cile six provenant de diverses bibliothèques particulières, dont celui de Crevenna (5); il fait observer que dans l'exemplaire de Libri, le sommaire servant de titre, en haut du second feuillet, était tiré en rouge, tandis qu'il est en noir dans la plupart des autres.
Cet ouvrage est inscrit dans le Répertoire de Hain, n** 2,674, et dans les Annales de Panzer, tome II, p. 269.
Enfin signalons, comme curiosité bibliographique, une édition des Epistolœ de Gasparino faite à Louvain avec les caractères romains de Jean de
{\) Bibl. de Bâie, A. L. VI, 5.
(2) V. CaU de Boze; Paris, 4745, p. Ml.
(3) Bibliotheca spenceriana^ tome III, p. 333.
(4) Catalogue de Crevenna, n« 5,639.
(5) Gaignat, vendu 45 fr. 19 sols et 50fr. — Gaignat en possédait deux exemplaires (voir son Catalogue par de Bure, n«* 2,554 et 2,555). — Crevenna, 89 Horins. — Mac-Carthy, 80 fr.; en 4825, \\2 fr. — Libri, m. r. 520 fr. — Barrois, 400 fr., en 1825; et piqué des vers. Le Prévost, 100 fr. — Nous ajoutons qu*à la vente Didot, 12 iuin 1878, un exemplaire a été vendu 1,700 fr.
Westphalie, et d'après celle de l'atelier de Sorbonne. C'est un in-folio de cinquante-trois feuillets, sans chiffres ni réclames, sans indication dé lieu ni de date. Cette édition reproduit la lettre-préface de G. Fichet sur le verso du premier feuillet, mais elle n'a pas les distiques de la fin. Il en existe un exemplaire à la Bibliothèque Nationale (1), relié en maroquin rouge et ayant appartenu au collège des Jésuites de Metz ; à la fin se trouvent des traités manuscrits et des copies de lettres de Chardallus^ le tout en latin.
II. — CaH CrISPI SaLLUSTII de CATILINiE CONJURATIONE ET DE BeLLO JuGURTHiC. — In-4®.
La Bibliothèque Nationale possède deux exemplaires de cet ouvrage in-4*', sans chiffres, réclames ni signatures, sans désignation de lieu ni de date; l'un es t. sur papier fort et sonore comme le précédent, et l'autre sur vélin.
Le volume est composé de cent trois feuillets utiles; chaque page a vingt-trois lignes, nombre que nous retrouverons désormais dans tous les in-4^ imprimés en Sorbonne. Il contient les deux livres dont voici les titres :
I® Caii Salustii, de Lucii Catiiins coniuratione liber fœliciter incipit ;
(1) Réserve Z. Cette édition est signalée, mais sans désignation dMmprimeur, par Maittaire (tome I, 2* édition, p. 293) et par David Clément (BihL Curieuse^ tome IX, p. 68).
Trente-cinq feuillets dont le dernier n'a que dix lignes sur le recto.
2^ Caii Crispi Salustii de bello Jugurthas contra populum Romanum liber fœliciter incipit;
Soixante-huit feuillets dont le dernier est imprimé sur le recto seulement.
Un feuillet blanc sépare les deux livres. A la fin du Jtigurthaj on lit :
De morte lugurthe, disticon;
Qui cupis ignotum, lugurthae noscere letum.' T arpeise rupis, trusus ad ima ruit.
Ensuite viennent les distiques que nous avons reproduits dans le chapitre précédent: A^i/wcjp^ra/ armûj etc.
L'exemplaire sur papier (1) n'a des lettres ornées qu'à l'en-téte de chaque livre ; les autres grandes capitales ont leur place laissée en blanc; suivant l'usage des premiers temps de Timprimerie, elles devaient être faites à la main, mais Texemplaire n'a pas été livré à l'enlumineur chargé de ce soin. Les paragraphes qui ne se détachaient pas du texte courant et n'étaient pas en belle ligne devaient être marqués d'un coup de pinceau en couleur rouge ou bleue ; les blancs réservés à cet effet n'ont pas été remplis. Ces lacunes indiquent évidemment que cet exemplaire n'a pas été livré à la vente.
(1) Réserve J, 969.
Un espace est laissé entre les capitales du premier mot de chaque vers des distiques, particularité qu'on remarque dans plusieurs impressions de Sorbonne.
Le premier livre de l'exemplaire que nous décrivons est chargé d'annotations dans les marges et entre les lignes. Dans le second livre, les annotations ne portent que sur les premiers feuillets.
Le deuxième exemplaire de la Bibliothèque Nationale (1) est en tout semblable au précédent, sauf qu'il est sur vélin et que le titre du premier livre est ainsi rédigé :
Caii Crispi Salustii nobilissimi ciuis ac consularis romani, de Lucii Catilinse coniuratione liber, fœliciter incipit.
Cette différence de titre a été signalée déjà par plusieurs bibliographes, tels que de Bure, Van Praet et Brunet; Van Praet pense que les premiers feuillets ont été tirés deux fois pour corriger quelques fautes échappées à l'éditeur G. Fichet.
L'exemplaire sur vélin de la Bibliothèque Nationale est un exemplaire de luxe, à marges pleines.
L'emploi du vélin semble avoir été très rare dans l'atelier de Sorbonne, ou du moins, on ne peut que rarement le constater dans les spécimens existant aujourd'hui; il y a lieu de croire que le Salluste n'a eu cette faveur que parce qu'il a fait
(1) Vélins, n» 2,755.
partie des premiers labeurs des protolypographes parisiens, car rien ne l'appelait à jouir d'une distinction réservée, pensons-nous, surtout à des ouvrages ayant un caractère personnel, tels que les Orationes de Bessarion et le traité de Rhétorique de G. F'ichcl.
Le Salluste sur vélin a une reliure moderne en maroquin rouge. Il porte quelques riches enluminures; ainsi la première page du Caiilina est ornée d'une jolie dentelle en or et en couleurs, occupant toutes les marges. La première page du Jugurtha est ornée aussi d'une dentelle élégante, conservée dans tout son éclat, et occupant la marge de gauche et la moitié de celles du haut et du bas.
La grande lettre initiale du commencement de chaque livre est ornée. Les initiales des paragraphes sont coloriées en rouge et en bleu , ainsi que celles des distiques.
A la fin de ce précieux volume, qui a appartenu à la Bibliothèque de la Sorbonne, se trouve Tannotation suivante, en écriture fine du temps, audessous du cachet de la Sorbonne : Jichetanus Salustius; ce qui pourrait indiquer que G. Fichet a été le principal promoteur de cette édition.
La Bibliothèque de Bàle possède l'exemplaire de J. Heyniin (1) sur papier réglé; il est relié avec un autre ouvrage imprimé aussi en Sorbonne et que nous examinerons en ses lieu et place. La
(1) Bibl. de Bâlc, C. H. III, 20.
reliure de ce volume est contemporaine de l'impression; elle est formée de couvertures en bois garnies de veau fauve repoussé de petits dessins; les coins sont garnis en cuivre avec un bouton central de même métal; on y voit les traces de fermoirs.
Au commencement, se trouvent un feuillet en vélin et trois en papier, blancs; à la fin, il y a cinq feuillets blancs en papier et deux en vélin.
La grande lettre initiale de chaque livre est peinte très simplement en couleur rouge ou bleue; les capitales du texte sont coloriées de la même manière. Les vers placés à la fin du Jugurtha sont marqués d'un signet bleu et rouge alternativement.
Ce qui rend ce volume d'autant plus précieux, c'est qu'il porte, dans le Catilina, de nombreuses annotations faites par J. Heynlin lui-même.
La Bibliothèque de Vienne (Autriche), le British Muséum et la Bibliothèque publique d'Oxford possèdent un exemplaire du Salluste; mais celui de Londres est incomplet, il y manqué le Jugurtha .
Le Salluste de Sorbonne figure dans plusieurs recueils et catalogues; nous avons déjà cité les catalogues de Bure, Van Praet, Brunet, auxquels il faut ajouter celui de La Vallière (1).
Ce dernier cite deux exemplaires sur papier, n°* 4,887 et 4,888. Le premier a été vendu 230 francs. Il en existe un aussi dans la bibliothèque de lord
<1) Brunet, tome V, i" partie, col. 80. — De Bure, Bibî. instructive, tome I, p. 561, no 4,862.
Spencer (1). Enfin on le trouve mentionné dans le Répertoire de Hain,* n*" 14,189, et dans les Annales de Panzer, tome II, p. 270.