DE LA QUATRIÈME PARTIE
Galilée, page 318.
(a) Né à Pise, en 1564 , d'une famille noble, nombreuse, mais sans fortune. Il fil ses études littéraires à Florence. Son père, musicien consommé, le rendit très habile dans cet art, qui fut toujours son délassement de prédilection au milieu de ses éludes les plus sérieuses. A dix-huit ans, il fut envoyé à Pise pour y étudier la médecine. En 1.j82, étant dans l'église métropolitaine de celte ville, son altenlion, atliréepar les oscillations régulières d'une lampe suspendue à la voûte, lui lil entrevoir la possibilité d'une mesure exacte du temps; et, ciuquanie ans plus lard, en 1633, il en fit l'application à la construction d'une horloge destinée aux observations astronomiques. Ayanl conmiencé l'étude des matkémaliques avec »in professeur nommé Ostilius Ricci, il abandonna la philosophie et la médecine pour Euclide. Après avoir lu le traité d'Archimède sur les corpsqui nagentdans les lUiidos, il inventa un inslrumeut pareil, pour les usages, à celui qu'on nonmie aujourd'hui balance hydrostatique. C'est le marquis (Inido l'baldi , géomètre distingué, qui rengagea à faire des recherches sur le centre de gravité des solides. C'est à celle époque (pi'il fut nonnné professeur de malhémaliqi;es a l'Université de Pise, cl qu'il démontra que tous les corps, quelle que soit leur nature , sont également sollicités par la
pesanleur, et que , s'il y a des différences entre les espaces qu'ils parcourent dans leur chute en temps égaux, la différence tient à l'inégale résistance que l'air leur oppose, suivant leurs volumes différens. En 1.^97, il inventa le thermomètre. En 1604, il démontra, par l'observation d'une nouvelle étoile dans la constellation du Serpentaire, que cet astre était fort au delà de ce que les pcripatéticiens appelaient région élémentaire. Vers 1609 , il inventa le télescope , ou lunette de longue-vue, avec lequel, pour la première fois, il vit la surface de la lune hérissée de montagnes, sillonnée de vallées profondes, et des taches mobiles sur le globe du soleil. Il reconnut une espèce d'oscillation périodique qu'il nomma libration , dont Dominique Cassini a publié les lois exactes. On conserve encore à Florence la première lunette de Galilée; elle grossissait cinq fois comme une lunetle d'opéra, et il ne dépassa jamais un grossissement de trentedeux fois. Depuis, Ilerschell en a fait grossissant six mille fois, dételle sorte qu'une montagne qui serait éloignée de six mille lieues, pourrait être aperçue comme si elle n'était qu'à la distance d'une lieue. Ayant soutenu et propagé avec éclat le système de Copernic, il fut dénoncé au saint-siége, et cité à Rome pour s'y défendre devant une assemblée de théologiens, nommés par le pape, qisi lui déclarèrent que « soutenir que le soleil est placé, immobile, au centre du > monde, est une opinion absurde, fausse en philosophie, et » formellement hérétique, parce qu'elle est expressément » contraire aux Écritures; soutenir que la terre n'est point » placée au centre du monde, qu'elle n'est pas immobile, et « qu'elle a même un mouvement journalier de rotalion, c'est » aussi une proposition absurde, fausse en philosophie, et au » moins erronée dans la foi. » La décision du saint-office fut une défense personnelle de professer désormais l'opinion condamnée par l'assemblée. En 1617, il revint à Florence, où, pendant seize années, il rassembla dans un seul corps, qu'il publia en 1632, toutes les preuves physiques du mouvement de la terre et de la constitution du ciel, en foruîe de dialogues, entre Sagredo, Salviati et un troisième interlocuteur, qui, sous le nom de Simpiicius, reproduit tous les argiimcus des péripaléticiens en SL'olasli(|ue, ne connaissant que son Aristote. Les ennemis do Galilée persuadèrent au pape Ur-
bain VIII, que c'était le saint-père qui avait été livré au ridicule dans le personnage de Siniplicius. Dés ce moment, on fut pour lui inexorable , et, iiuoique déjà âgé de soixante-dix ans, d'une santé faible, tourmenté par des rhumatismes, il vint, le 10 février liiSS, forcé de s'y rendre, à Rome, devant le tribunal de l'inquisition, où, le 22 juin, il prononça son abjuration, qui lui fut dictée en ces termes : « Moi, » Galilée, dans la soixante-dixième année de mon âge, étant » constitué prisonnier et à genoux devant vos Kminences, » ayant devant mes yeux les saints Évangiles, que je touche » de mes propres mains... j'abjure, je maudis et je déleste • l'erreur et l'hérésie du mouvement de la terre, etc. » Mais il ne put s'empêcher de dire, à voix basse, en frappant du pied : " E pur si muove! » (Et pourtant elle se meut.) Ses dialogues furent prohibés; il fut condamné à la prison pour un temps indéfini, et on lui ordonna, pour punition salutaire, de réciter une fois par semaine les sept psaumes de la pénitence, pendant trois ans. Pourquoi taxer d'impiété l'observation de la nature? On doit dire cependant, à la louange du saint-ofQce, que Galilée fut traité avec les ménagemens et les égards dus à son âge et à son génie : il eut pour prison le logement d'un des ofliciers supérieurs du tribunal, permission de parcourir le palais, d'y élre servi par son domestique et d'y recevoir ses amis. En 1633, le pape lui permit de résider librement à la campagne , près de Florence- A soixante-quatorze ans, il perdit la vue, et, quatre ans après, le 9 janvier 1642, année de la naissance de Ncuton, Torricelli l'assista dans ses derniers instans, à Florence.
Copernic, page 318.
b) Xc à Thorn, en Prusse , le 19 février 1473. Docteur en médecine. Il distribua toujours son temps en trois occupations principales, qui étaientd'assisteraux olfices, de faire gratuitement la médecine pour les pauvres, et de consacrer le reste aux éludes astronomiques. En 1.j07, il lit connaître le système planétaire qui a conservé son nom, composé de ce qu'il y avait de vrai dans chaque système , dont il rejeta tout ce qu'il y avait de tiux el de compliqué, Ainsi il admit : avec les
Égyptiens, riiic 3îorciirc et Vénus tournent autour du soleil; avec les pythagoriciens et Apollonius de Perge, que le soleil est le centre commun de tous les mouveniens planétaires; et il le rendit lixe au contre, en faisant tourner la terre autour de lui. Il lit coiinaître, en 1343, l'ensemble de ses découvertes, dans un ouvrage intitulé : De orbium cœlcstium revohitio)iibus. Il mourut le 2i mai 1543, à l'âge de soi\ante-dix ans. Sa vie a été écrite par Gassendi, Paris, IGji, in-40. On voit, à Alleiistcin, la maison qu'il liabitait. Il avait fait pratiquer aux murs de sa chambre des trous pour observer le passage des astres par le méridien. On montre aussi les ruines d'une machine hydraulique, dans le genre de celle de Marly, qu'il avait construite pour élever l'eau d'un ruisseau à Frauenburg.
Gassendi, page 319.
(c) Né au village de Chantersier , près de Digne , en Provence, le 22 janvier 1")92. Antiquaire, historien, biographe, physicien, naturaliste, astronome .^géomètre , anatomiste, prédicateur ,' métaphysicien , helléniste et dialecticien. Il reçut, dans ;sa jeunesse, des leçons de son curé, et allait étudier de lui-même à la lueur de la lampe de l'église. A seize ans, il remporta au concours la chaire de rhétorique, à Digne. Il prit le bonnet de docteur en théologie à Avignon, et, à vingt-un ans , il obtint à la fois , au concours , les deux chaires de philosophie et de théologie dai'.s l'Université d'Aix. Tous ses travaux le dirigeaient vers un éclectisme éclairé. Ses loisirs étaient employés à des travaux astronomiques et anatoniiques. Son premier ouvrage est intitulé : Excrcitutiones paradoxicœ adversùs Aristolelem. En 1656, il rectilia . à l'aide des éclipses de lune, les cartes hydrographiques de la Méditerranée, et abrégea de 200 lieues l'étendue que les cartes, d'après Ptolémée, donnaient à la longueur de la Méditerranée. En 1G45, il fut question de le charger de l'éducation de Louis XIV. Il fut nommé professeur de mathématiques au collège de France par l'inlcrvention de l'archevêque de Lyon, frère du cardinal de Richelieu. Il mourut le 14 octobre I655;il fui enterré à Saint-Nicolos-des Champs, dans la
chapelle de Saint-Joseph, où sont son buste et son mausolée.
Élie Diotiati, rte Genève, le mit en relation avec Galilée, dont il reçut pour présent le meilleur de ses télescopes. Il vécut dans rintiuiiié avec le P. Mersenne ; soutint une longue controverse avec Descartes. Parmi ses ouvrages , on cite :
DisquisUio metaphysica adversùs Cartesium, Paris, 1642.
Disquisitio metaphysica seu dubitationes et instantiœ adver- $ùs Cartesii metaphysicam. Amsterdam, 1641.
De vitaet moribus Epicuri, libri VU, Lyon, 1647.
On a de Bernier : Abrégé de la philosophie de Gassendi, 7 vol. in-12, Paris, 1678.
Tous ses ouvrages ont été imprinrés à Florence, en 1728, par les soins d'Averiani. en 6 vol. in-fol.
ToKRiCELLi, page 319.
(d) Ne le lô octobre 1608, à Modigliana, château de la Romagne. Il fut élevé par un oncle de l'ordre des Camaldulcs, à Faenza, chez les jésuites. Il se lia de Tamilié la plus étroite avec Castelli, disciple chéri de Galilée. Il s'occupa, comme Roherval, Fermât et le P. Mersenne, de l'aire et du centre de gravité de la cycloïdc (courbe en voli.te circulaire, décrite par un point de circonférence qui roule sur un plan). Torricelli est l'inventeur du Baromètre, qui donne avec tant d'exactitude la mesure exacte de la pression atmosphérique. Pour construire le premier baromètre , il remplit de mercure un tube de verre d'un mètre, fermé hermétiquement à son extrémité; il le boucha avec son doigt, et, l'ayant retourné et plongé dans une cuvette remplie de mercure , il retira son doigt ; alors le haut de la colonne de mercure descendit jusqu'à la hauteur de 7" à 78 centimètres au dessus du niveau de la cuvette. L'intervalle qui s'établit , dans cette expérience, entre le haut de la colonne de mercuie et l'extrémité bouchée du tube de verre, fut le premier vide parfait, qu'on nonnne encore vide de Torricelli, dont on tire un grand parti pour les expériences les plus délicates , comme la mesure exacte de la tension des vapeurs. Galilée l'invita
de vonir auprès de lui , à Florence, el lui offrit sa mais-on qu'il accepta. Il mourut en 1647, àfré de trente-neuf ans. On montre encore, dans le palais des Médicis, des objets d'assez grande dimension travaillés par lui. On lui attribue aussi l'invention de petits microscopes simples , d'un très court foyer. Son premier ouvrage fut : Sur la chuie accélérée des corps, el la courbe décrite par les projectiles. On a aussi de lui ses OEuvrcs géométriques, et son Travail sur le cours de la Chiuna. On conserve ses manuscrits au palais Médicis.
HOFFMANiV, page 326.
(e) Naquit à Halle, en Saxe, en 1660. En d6S0, il étudia la chimie à Erfurt, sous Gasp. Cramer. Il fut nommé, par Frédéric III, électeur de Brandebourg, en 1693, professeur à l'Université de Halle. C'est lui qui rédigea les statuts de la Faculté de médecine. Il mourut le 12 novembre 17 i2. Hoffmann fut un des plus célèbres praticiens de son époque. Connaissant la puissance des médicamens bien administrés, il savait aussi qu'il est bien des circonstances où l'on doit s'en abstenir ; aussi disait-il aux personnes avides de se médicamenter, dans l'intention de prévenir des maladies qu'elles n'ont pas encore : « Voulez-vous conserver voire santé? fuyez les » médecins et les remèdes. J'affirme avec serment, dit-il, » que, dans ma jeunesse, je courais avec ardeur après les » remèdes chimiques ; mais, avec l'âge, j'ai été convaincu « que fort peu de remèdes , bien choisis , tirés même des » substances les plus viles en apparence , soulagent plus >- promplement et plus efficacement les malades que toutes » les préparations chimiques les plus rares et les plus re- » cherchées. » En 1682, il publia son traité De cinnabari antimonri, qui lui donna la réputation d'habile chimiste. C'est à lui qu'on doit la préparation connue sous le nom de liqueur anodine d' Iloffmann, composée de parties égales d'élher sulfurique à o6 degrés, et d'alcool à So degrés centigrades. A l'âge de soixante ans, il publia son grand ouvrage, intitulé : Medicina raiionaHs systematica, lîalle, 1730, 9 vol. in-4n; traduit en français, par Bruhier d'Ablaincourt, sous le titre de Médecine raisonnes d Hoffmann , 1739 Le même médecin
a traduit du latin d'Hoffmann un Traité des fièvres , Paris , 1746; la Politique du wédecin, 1751; et Observations sur la cure de la goutte et du rhumatisme. Ses oeuvres complètes ont été publiées avec vie de l'auteur, sous le titre : Jloffmanni opéra omnia medico-pbysica cum supplementis^ Genève, Deslournes, 1740 à 1753, onze parties in-fol.
VOGEL , page 326.
( f) Né à Erfurt , le l^r mai 1724. Professeur de médecine à l'Université An Gottingue, il se livra à l'étude de toutes les branches de l'histoire naturelle et de la médecine, et surtout de la chimie. Il a publié sur la pathologie : Prœlectiones de cogriQScendis et curandis corporis humani affectibus, Gottingue, 1772; et un ouvrage périodique, de 1751 à 1771, qui relate tout ce qui a paru à cette époque sur les sciences médicales, et intitulé : Bibliothèque de médecine.
Selle , page 326.
(g) Né à Stettin, en 1748. Il posséda très jeune la connaissance des langues latine, grecque, française et anglaise. Il étudia Ut médecine à Gottingue et à Halle, où il fut reçu docteur^ en 1770. Après être resté quelque temps à Heilsberg, il revint à Berlin, où il traduisit en allemand les O^i/rre* chirurgicales de Pott; les Mémoires et observations physiques et physiologiques de Janin, sur l'anatomi>i et la pathologie de l'œil, qui lui ailirèront l'altention de IWeckel, dont il épousa la fille. Dans les années 1783, 1784 et 1783, il soutint avec avantage une discussion avec Kant, qui, à cette époque, régnait sur les penseurs de l'AUenifigne. Ce philosophe soutenait qu'il peut y avoir des principes synthétiques indépen- «Ihns de l'expérience et exclusivement du ressort de la raison, et reproduisait ainsi , sous d'autres termes, les idées innées. Selle soutint qu(! l'expérience nous fournit seule les principes synthétiques ; (pie la raison n'est en nous qu'une disposition propre à combiner telles ou telles idées, qui sont le produit de l'expérience. En nS'.j, il fut nommé premier médecin du
t prnnd Frédéric. Après la mort de ce piintc, il rédigea une histoire détaillée et fort exacte de sa maladie; c'est à cette époque qu'il fut nommé membre de l'Académie des sciences de Berlin. En 1790, il fit un voyage incognito à Paris pour y visiter les hôpitaux. Il mourut à Berlin, le î) novembre ISOO, à peine âgé de cinquante-deux ans, d'une phthisie pulmonaire. On a de lui : I" Rudimenta pyretologiœ methodicœ , Berlin , 1773, où il cherche à faire disparaître la confusion qui existait à cette époque dans les fièvres, considérées dans leurs causes et leur traitement; â» un ouvrage de philosophie spéculative , sur la création , le principe et le but de la nature; 3" Einleitung in das studium der Natur-und Arzneygelahrtheit, Berlin, 1777, iQ-S", qui est une introducti(m à l'étude de la nature et de la médecine, dont la traduction a été faite en français par Coray; io Dialogues philosophiques; •o» un traité de Médecine clinique, traduit également par le docteur Coray et, en 1801, par MM. Monlblanc et Clanet. H, en 1802, par Nauche, avec des notes de Chau»ssier, spécialement sur le croup.
Stoll , page 326.
{h Né à Erzingen , en Souabe, le 12 octobre 1742. L'ion père était chirurgien et le destinait à la même carrière; mais il prit une aversion si grande pour celte profession, après avoir assisté à une amputation, qu'il alla continuer ses études au collège des jésuites de Rolweil, et fut reçu dans la compagnie de Jésus en 1761, après trois années de noviciat. En 1767, s'étant dégoûté du genre d'enseignement qu'il avaiî, embrassé, il alla étudier la médecine à Strasbourg, puisa Vieune, sous de Haën, et fut reçu docleur en médecine en 1772, d'où il alla exercer en Hongrie. Étant retourné à Vienne, où il assista aiis derniers inslans de de Haën, et sur la demande de Storck, il le remplaça en 1776. H fut un des plus grands parlisaiis de l'inoculalion. Ses ouvrages se font lemarquer par l'exactitude minutieuse avec laquelle les maladies sont observées et décrites. Voulant tracer le })orlrait du vrai médecin, il dit : Medico opvs est in curandis morbis sagacissimo, sunwie industrio , suinme attenta, peTseverunie . nec impru-
denter festinante, indicationibus solum certis, remediis aolum simplissimis inhœrente, neque spe, neque metu , neque pervicacià, neque prœfidetitià , neque aliud agende , neaue novitutis studio in transversum acto. StoU élait grand partisan des vomitifs et en général de la méthode évacuante. Parmi ses ouvrages, on doit consulter celui intitulé : Aphorismi de cognoscendis et curandis febribus, traduit par Mahon et Corvisart; 2° i'rœlectiones in diverses morbos chronicos , Vienne, 1788- 1789, "2 vol. in-8o; 3° Epistolœ de matrum infantes lactandi o/yîcto , 1788 ; 4» De optimà nosocomiâ publicà constitucndi ratione, 1 vol. ; 5° Dissertationes medicie ad morbos chronicos pertinentes in untversitate vindobonensi habitœ, Vienne, 17 88- 1789, 4 vol. in-8o.
CULLEN, page 326.
(t) Xé en 1712, dans le comté de Laneik, en Ecosse. Il étudia la chirurgie et la pharmacie à Glasgow; fit plusieurs voyages, comme chirurgien, sur un bâtiment marchand, puis s'établit à Hamilton, où il connut le célèbre Guillaume Hunier, avec lequel il alla étudier à l'Université d'Edimbourg. En 1746 , il obtint une chaire de chimie à l'Université de Glasgow, et en 1731 prit possession de celle de médecine. En 1736 , les directeurs de l'Université d'Edimbourg lui offrirent la chaire de chimie , vacante par la mort de Plummer. Il mourut le 3 février 1790. Voulant détruire la théorie de Boërhaave, sur les maladies des solides simples et les dégénérations acides et alcalines des fluides, il reproduisit l'idée des médecins grecs, qui attribuaieiU toutes les maladies aux lésions du système nerveux. On a de lui : i» Institutiones of Médecine, traduites en français par Bosquillon , Paris, 1783; 20 First Unes of the practire of Physic, 1777, traduites en français par Pinel , Paris , 1783; puis par Bosquillon , avec des noies, sous le titre A'Elemens de médecine pratique, Paris, 1783-1787, 2 vol. in-8o; 3» Synopsis nosologiœ methodicw , Leyde, 1772, in-S», 2 vol. On y trouve exposés les systèmes nosologiques de Sauvages, de Linnée, de Vogel, de Sagar, de Macbride, et la classification de l'auteur; 4" 4 Treatise of the materia medica , Edimbourg, 1782, 2 vol. in-8o; traduit par Bosquillon, Paris, 1789, 2 vol. in-8->.
Syde\ham, page 3i28,
{k) N« en lGi24, à Windford-Eagle, comté de Dorset. Il étudia la médecine à Oxford, où il obtint, le U avili 1618, le grade de bachelier. Il fut reçu docteur à Cambridge. A trentesix ans, il passait por.r le meilleur praticien d'Angleterre; mais il ne se fixa à Londres qu'en iGS9, après avoir longtemps exercé à Westminster. Il sut se soustraire aux croyances médicales de son époque qui admettaient, comme base de doctrine, ou les malbémaliqucs, ou l'application hypothétique des principes de chimie. Ami, de l'illustre Locke, il tira de grandes ressources des conseils de ce médecin philosophe. Il détermina avec une atlention toujours très scrupuleuse les constitutions atmosphériques qui coïncidaient avec les épidémies ciu'il cul occasion d'observer, il Ail un des premiers h consialer l'efficacité de la méthode aniinhloijistique, rafraîchissante, dans les épidémies de nature inflammatoire et même dans les peiiîes véroles. 11 est le premier qui ait parfaitement établi la distinction de la variole en discrète et en confluente. Auteur de la i)réparation pharmaceutique opiacée qui porte encore le nom de laudanum liquide de Sydenham. Ses œuvi-es complètes ont -été publiées sous le nom d'Op?m uuicefsa, Leyde, 175'^ in-S", avec iine table très étendue ; Iradiîites en français par A. -F. Jaulh, Paris, 1774, 2 vol. in-8'; il y a eu encore une nouvelle édition au.gmentée de notes, par -L-B.-T. Baumes, en 1817.
.SYLVïu's, page 328.
[\) Médecin allemand d'origine française, dont le nom primitif était Lebois ou deteBoe. Né à Hanau en lGI4.Ert !65S, il fut nommé professeur à l'universKé de LeVde. Il doit être regardé ronunele créateur de l'anatoinie p.Uhologîquo, par la grande quanlilé d'autopsies qu'il pratiqua. Il décrivit le premier l'os lentienlaire de la caisse du tympan et les luberc^ilés quadrijumcaux chez l'honime et les animaux. îl inli'odui. sil en uu'déciiu' la dociiine cliiDunirlqno, qui consîdéTalt IC's
fluides organisés comme des acides ei des alcalis circulant dans les solides représentant une sorte d'appareil circulatoire, dont les dérangemens on les maladies devaient être considérés comme étant dus à des altérations humorales. Il mourut eu novembre 1672.
Paracelse, page 336.
(m) Alchimiste du xvî^ siècle, né en 1403, à Einsiedcln, a quelques lieues de Zurich. Il était imhevbe, détestait les femmes, ce qu'on a attribué à la castration. Il travailla longtemps chez Sigismond Fugger de Schawalz, pour apprendre te secret du grand-œuvre. En l.'j2G, il fut appelé .à l'université de Bàle pour y professer la physique et la chirurgie. C'est à cette époque qu'il commença un genre de charlatanisme qu'on est aujourd'hui surpris de lui avoir donné pour résultat une si grande célébrité. Daiis les premières séances de son enseignement, il brùia pui)!iquemeut les ouvrages d'Avicenne et de Galien, disant que les cordons de ses souliers en savaient plus qu'eux, que toutes les universités étaient moins instruites que les poils de sa barbe et de son chignon, et qu'il devait être considéré comme le vrai monarque de la médecine. Il fut le premier qui fit des cours en langue vulgaire. Erasme, affecté de la gravelle, le consulta. On conserve la correspondance qui s'établit entre eux, à cette occasion. Il introduisit l'art cabalistique en médecine. Il attribuait les maladies à cinq causes générales qu'il indiqua sous le nom {i'entités, se rattachant à l'astrologie, de manière que, pour connaître l'essence d'une maladie, il fallait consiilter les planètes pour discerner si la cause était divine, astrale, na)urelle , spirituelle ou vénéneuse ! On lui doit en médecine l'introduction des préparations anlimoniales, mcrcurielles, salines et ferrugineuses.
Va\-Helmo.\t, page 330.
(n) Né à Hruxelles, en l-ui, d'une famille nobhî. Il embrassa la profession de médecin malgré ses parens ; mais il la quitta bientôt, ne croyant plus, disaU-il, à l'art de guérir, parce qu'il
avait été tourmenté d'une gale qui avait résisté à toutes les recettes vantées dans les livres, et qu'il guérit avec le soufre. C'est alors qu'il se livra avec enthousiasme à la chimie pour trouver un remède universel. Il s'intiluVA Medicus per ignem et se retira à Vilvorde, à deux lieues de Bruxelles, alin de s'occuper de chimie, se vantant d'avoir trouvé le moyen de prolonger la vie et la santé en se livrant aux théories les plus extravagantes sur le moral et le physique de l'homme. Il finit par ses manipulations chimiques, qui faillirent lui coûter la vie, dans l'ignorance où il était de prévoir certaines combinaisons pour obtenir l'huile de soufre per campanum, le laudanum de Paracelse, l'esprit de corne de cerf, celui de sang humain, le sel volatil huileux. Selon Van-Helmont, il existe en nous deux principes le premier duuminrat, et le second archre ; le premier plus puissant, siégeant dans l'estomac et la rate, préside aux opérations de l'âme. Il refusait au cerveau qui, suivant lui, ne contient pas de sang, l'honneur de contenir l'âme, qu'il place dans l'estomac, et pourquoi? parce que si on reçoit une mauvaise nouvelle on perd l'appétit, et que l'on ne rêve que festins quand l'estomac éprouve le besoin de la faim, etc., etc. Il faut dire, à la louange de Van-Helmont, qu'il refusait argent et honneurs. 11 repoussa les offres brillantes des empereurs Rodolphe II, Mathias et Ferdinand II, qui voulaient l'attirer à Vienne. Il mourut le 30 décembre 1644, âgé de soixante-sept ans, pour avoir refusé de se laisser saigner pour une pleuiésie à laquelle il succomba. Le célèbre EIzevir fut chargé de l'impression de ses œuvres sous le titre de : Ortus medicinœ : id est initia Physieœ inaudita, progressus medicinœ novus, in inorborutn ultionem ad vilam lonyam, Amsterdam, 1648-1632, in-4o.