‹ Origine de l'universitéChapitre 8 sur 15 · VARIATIONS, PROGRÈS DE L'ENSEIGNEMENT ET DU RÉGIMS DE L'ÉCOLE · texte numérisé non relu

VARIATIONS, PROGRÈS DE L'ENSEIGNEMENT ET DU RÉGIMS DE L'ÉCOLE

Outre l'école du génie militaire, qui avait été supprimée à Fépoque de la création de l'école des travaux publics ou Polytechnique, celle des ponts et-chaussées y avait été réunie, et en fut ensuite séparée pour être rétablie à part. C'est ce que prouve le passage suivant de l'éloge de l'ingénieur Lamblardie", premier directeur de cette école depuis son rétablissement : « L'école des ponts et chaussées » ayant été rétablie avec les autres écoles » d'application, Lambîardie en reprit la di- » rection, et quitta celle de l'école Polytech- » nique. »

* Né en 1747 à Loches, en Touraine. Inspecteur général et directeur de l'école des ponts et chaussées, instituteur de l'école Polytechnique. Mort le -26 novembre 1789. Prony a donné um; noiioe sur ses ouvra^'es, dans le .^i• cahier du journal de l'école Polytechnique. (Tom. II, page 179-184.)

Celle-ci avait doue absorbé les autres écoles dapplicatiou, puisqu'elles furent rétablies, ^ainsi que celle des ponts et chaussées. En effet, l'école du génie militaire fut remise en vigueur à Metz . ainsi que l'école d'artillerie à Châlons. Ouvrez le premier volume des journaux de Técole Polytechnique , jetez les yeux sur les premières pages qui parlent de l'architecture , de la fortification , du dessin ; développez le tableau de l'enseignement de ce dernier art, et voyez si la métaphysique qui y règne, les classifications , divisions et subdivisions qui le découpent, feront jamais un dessinateur? Voyez si elles conviennent dans une école qui n avait pas pour objet denseigner le dessin conune but unique et suprême, mais simplemeni comme moyen d'exprimer et de figurer les choses? Toute cette théorie, en effet , s'enseigne dans l'école de peinture , et lui apparlienî exclusivement; mais elle ét^iit superflue dans ime école d'ingénieurs.

A celle-ci appartenait principalement l'analyse apjjliquée à la géométrie et à la mécanique. Mais comme elle ne pouvait tout au plus embrasser que la théorie de la pratique avec la théorie spéculative , on ne tarda pas à se convaincre qu'elle ne pouvait pas remplacer les écoles prati<pies supprimées, qui soc-

ciipaienl de la pratique efteclive et manuelle de l'art qu'elles étaient chargées d'enseigner et de perfectionner. C'est ce qui fit rétablir ces écoles. C'était donc par la théorie de la pratique que les élèves de l'école Polytechnique se préparaient à entrer dans ces écoles d'application; cependant, h la réserve de la chimie, pour laquelle l'école Polytechnique semblait plutôt instituée que pour les mathématiques, on n'avait, jusque-là, jamais eu besoin d'une préparation polytechnique pour être admis aux écoles d'application.

Les élèves polytechniques, au nombre de quatre cents dans l'origine , quittaient chaque jour les bancs de l'amphithéâtre où ils avaient entendu et vu opérer les professeurs, et se répandaient par brigades de vingt dans leuis salles respectives, où ils exécutaient avec le crayon ce qui avait fait le sujet de la leçon. Ils terminaient la journée, de deux jours l'un, par une leçon de dessin ou d'analyse algébrique, alternativement, et deux jours sur dix étaient employés aux manipulations chimiques.

La conservation ou le rétablissement des écoles spéciales ayant diminué le nomlne des instituteurs et des élèves, dès la troisième année, ré'cole ne lût pins destinée h foui-iiir des

agens aux travaux publics, mais des élèves à ces écoles, qui étaient celles d'artillerie de terre et de mer, de génie militaire et des ponts et chaussées, de constructions nautiques et des mines (journal an vi) , auxquelles il faut joindre ici l'école des géographes, qui fut constituée quelque temps après.

Cette seconde organisation fut l'ouvrage du^^^* conseil de perfectionnement, adjoint au conseil d'instruction et d'administration, pour animer l'école et l'élever au niveau des écoles spéciales qui se rétablissaient. On assigna aux élèves un grade militaire, avec un traitement analogue et un uniforme. On les exempta de la conscription , comme déjà engagés au service.

Partagés en deux divisions, au lieu des trois qui avaient d'abord été établies, celle des anciens et celle des nouveaux, les élèves suivirent les leçons sous quatre instituteurs d'analyse et de mécanique, et sous un égal nombre de professeurs de géométrie pure et appliquée; de physique générale sous un seul, de uienit' (juc de dessin sous un autre, accompagiié de ses substituts; de chimie sous trois ( onstamment. Ils étaient examinés sur toutes c(*s nialières, pour l'admission aux écoles d'application; (i, admis, ils y entraient avec un

grade d'officier et un traitement fixe. Le conseil de perfectionnement était pris hors de l'école, pour veiller sur ses éludes et ses intérêts. Il concourait avec le conseil d'instruction cl (l'admifiistraïion , pris de l'intérieur, à soulenir la réputalion el l'uîililé de l'école, par !gs additions importantes à renseignement. On avait vu , par expérience , que le défaut d'instruction littéraire dans plusieurs élèves était la cause qui les empêchait de rendre compte de leurs travaux avec précision et en termes propres. Le style de leurs i-apports était inintelligible et confus. Le défaut de logique s'y î-emarquait autant que celui de grammaire. Quelques uns ne montraient pas plus d'ordre dans les idées que d'orthographe dans les mots.

Pour y lemédier, on établit dans l'école un cours de littérature française, que les élèves furent obligés de suivre, indépendamment de leurs autres occupations. Dès lors, le cours polytechnique entier étant fixé à deux années, h\ premièie commença celui de mathémaîiques au point où se terminaient les connaissances exigées pour être admis h l'école. La seconde année continuait ce premier cours par le sien, qu'elle terminait où les écoles d'application commençaient le leur. Les di-

recteurs de celles-ci, appelés au conseil de perfectionnement, mirent leurs leçons en harmonie avec celles de l'école Polytechnique, afin que les élèves n'eussent point le dégoût de rencontrer, dans des écoles dun enseignement supérieur, ce qu'ils auraient déjà vu et appris dans l'écoîe préparatoire. La chimie, embrassant la connaissance de la conq^osition de tous les corps, leurs propriétés , leur application aux besoins de la société , et sa théorie qui en enchaîne tous les phénomènes, ne pouvant être possédée que par ceux qui expérimentent eux-mêmes pour les faire naître et les observer, ne fut pas oubliée dans cette nouvelle organisation. Elle fut divisée en chimie théorique pour les élèves entrans, en chimie minéralogique appliquée aux arts exercés sur les minéraux , et en chimie pratique pour les arts qui traitent les substances animales et végétales. La physique fut partagée en doux cours, un pour chaque année, et l'enseignement du dessin fut continué comme art nécessaire h l'expression rapide des conceptiotis de ringénieur, et à la configuration sensible de leurs objels ou de leurs images.

Page 1