GAUTIER
(2) Mais il y a beaucoup d'êtres, notamment toutes les plantes qui n’ont pas de cœur.
(3) Des phénomènes analogues à la respiration se passent après la mort. (Berthelot et André; P. Becquerel.) :
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sur la vie el la mort (an x) précisait cette opposition - en disant : « la vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort ». Il ajoutait : « Tel est, en effet, Ye mode d’existence des êtres vivants, que tout ce qui les entoure tend à les détruire. Les corps inorga- - niques agissent sans cesse sur eux; eux-mêmes exercent les uns sur Îes autres une action continuelle; bientôt ils succomberaient s'ils n'avaient en eux un principe de réaction ». La force vitale toujours réapparaît. C'était l’époque ou trônait la théorie du « vitalisme ». Une telle conception se trahit encore dans les écrits de Cuvier : « La vie est une force qui résiste aux lois qui régissent la matière brute. La mort est . la défaite de ce principe de résistance. Le cadavre n'est autre chose que le su vivant tombé sous Pempire des forces physiques. »
C'est contre cetta définition surtout que Claude - Bernard s’est élevé dans ses lecons célèbres sur les » Phénomènes communs aux animaux et aux végétaux professées en 1878-1879, une date importante dans l’évolution scientifique, car elle correspond à la première manifestation de la Physiologie générale. . C'est à ce propos qu'il a formulé la théorie du » déterminisme, qui montre nettement que la défini- - tion de Cuvier était inadmissible. Si l’on prend une » graine à l’état de repos, rien ne laisse soupçonner au dehors qu’on est en présence d’un objet vivant ; mais si on lui donne de l'humidité et de la chaleur (1) alors elle germera. L'apparition des manifestations vitales se produira donc dans ces « conditions déterminées ». Si nous abaissons la température d’un ani- - mal sa sensibilité diminuera. Si nous desséchons un - Rotifère, il nous apparaîtra comme mort; dès que - nous lui donnerons de l'humidité, il ressusCitere, Un » Lapin, un Chien auquel nous faisons subir l’amputa-
(1} II faut ajouter et de l'air; on n’en parle pas parce que ” l'air et l'oxygène qui s’y trouvent sont toujours présents dans % expérience de germination. Û
tion de certaines parties de l’encéphale présentera,
après la guérison, des mouvements gyratoires singu-
liers, toujours les mêmes. De toutes ces remarques, il découle donc que ce n’est pas le cadavre qui est retombé sous l’empire des forces physiques; aucune manifestation vitale ne se produit que quand des conditions physico- chimiques sont réalisées dans le milieu extérieur ; si elles manquent, le phénomène attendu n'apparaît pas.
Il n’y à donc pas un monde spécial où règnent les forces vitales. Les transformations de l'énergie sont les mêmes dans le corps vivant que dans la matière brute. La pression osmotique qui se produit dans une cellule vivante dépend exclusivement de-la com position chimique du suc cellulaire. L’électricité qui se dégage d’un muscle de Grenouille estla même que celle d’une pile. L'équivalent mécanique de la chaleur est identique, qu'il s'agisse du travail d’un anima ou de celui d’une machine à vapeur.
Ainsi donc, il faut renoncer à la notion de force
vitale car (elle n’a jamais été mise en évidence, elle,
n’a jamais été mesurée comme les autres formes de l'énergie, elle n’a jamais été transformée en aucune autre force, » (Massart (1).
IH ne faudrait cependant pas être tenté de dire que les conditions physiques sont tout et que cesontelles qui créent la vie : « Maintenant, disait Lucrèce, une foule d'êtres vivants sortent du sein de la terre, ils sont formés à l'aide des pluies ct de la chaleur ardente du soleil ». S'il en était véritablement ainsi ce serait révilement par trop simple.
Pour Claude B'rnard, la vie résulte d’un accord entre les lois préétablies, lois dé l’hérédité, réglant
la succession des phénomènes et les conditions
physico-chimiques. Il n’y a pas lieu de nier la com-
plexité de ‘ces lois, mais ce n’est pas une raison pour
(1) Eléments de Biologie générale ct de Botanique 1920, p. 8.
cacher notre ignorance us une are RS
vitale et imiter le sauvage qui, devant un téléphone, nn
évoquerait une force téléphonale.
Cependant certains auteurs, à une date récenle: (M. Driesch, MM. Morat et Doyon), ont cherché à rajeunir la uotion vieillie du vitalisme. Il s’agit, dit-
on, d’une doctrine qui n’ignore pas qu’en dehors des.
« conditions physico-chimiques il n’y a pas moyen
d’agir sur l'être vivant et d’en recevoir des réponses»... MM. Morat et Doyen signalent les exagérations du
mécanisme, malgré son influence prépondérante heureuse sur le développement de la Biologie. Ils recon-
naissent que le vitalisme passe pour une doctrine inféconde, en re ajoutent-ils, il y a quelque exagé-
ration et quelque oubli des services rendus ». Il semble cependant que ces tentatives ont été faites
‘ans une voie qui se dirige en sens inverse du pro-
grès scientifique.
Renonçant, en tout cas, à chercher une définition de la vie, nous nous efforcerons de préciser la notion
- que nous en avons en insistant sur les quatre manifestations suivantes que nous allons étudier succes-
sivement : :
1° Pévolution ; 2° la nutrition; 3° l’organisation ; 4° la reproduction.
BIBLIOGRAPHIE
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Gautier (Armand). — Etat de nos conceptions sur le méca-
nisme de la vie. (Revue génér. des sciences, 1900, 571.)
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mentaires, 4904, p. 1x.
MorGan. — Regeneration in Planarians. (Arch. E: Hunich. Mech., t. X, 1900, 58-119.)
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