‹ Origine de la vie sur le globeChapitre 16 sur 39 · LA SCIENCE DE LA VIE · texte numérisé non relu

LA SCIENCE DE LA VIE

et même dans certains cas franchement absurdes (1).

À l'heure actuelle, aucun fait ne révèle la genèse de la vie dans le monde présent. Ce phénomène a pu et dû se produire à l’origine des temps géologiques, mais il y a peut-être de cela 60 millions d'années. Le seul fil conducteur qui puisse guider un peu notre marche sur cette voie ardue, c’est l'étude approfondie des phénomènes qui caractérisent la vie : la recherche précise des faits est la seule méthode que l’homme ait à sa disposition pour scruter les énigmes de la nature. Grâce à elle seulement, il peut espérer

. arriver à résoudre quelques-uns des problèmes qui

se dressent devant lui; c’est sur elle qu'il peut foncer ses espoirs de progrès, c’est avec son aide qu'il dissipera un peu les épaisses ténèbres qui entourent son esprit. |

Qu'est-ce que la vie ? « Depuis que l’homme pense, dit Armand Gautier, et il pense depuis longtemps, le phénomène de la vie a sollicité son attention inquiète et provoqué la sagacité de son esprit. Mais si la chute d’une pomme a suffi, parait-il, à la raison souveraine de Newton pour découvrir la gravitation et, avec elle, les lois qui président aux mouvements du

monde solaire, il faut que l’organisation de l'Univers,

quelle que soit sa complexité apparente, soit bien autrement simple que celle du plus petit des êtres vivants, pour que le génie d’un Harvey, d’un Kant, d’un Spallanzani, d’un Lavoisier, d’un Claude Bernard, d’un Pasteur, n'aient pas suffi à dévoiler les causes qui président à l’évolution des organismes, pas même à définir clairement la vie. »

C'est qu’il n’y a pas de définition des choses naturelles comme l’a affirmé Claude Bernard. Pascal se moque spirituellement de la définition qui avait été

(1) Procédé de Van Helmont pour obtenir la génération spontanée de souris (!) en faisant fermenter du linge sale. C’est

cependant Van Helmont qui a découvert l'air crayeux ou acide

carbonique, ce qui est une grande découverte.

68 es ORIGINE. DE LA VIE SUR LE. GLOBE

proposée de la Noa : Ça ne est un mouvement luminaire des corps lumineux » ou celle de l'homme : (un animal à deux jambes et sans plumes », qui fournit une idée inutile et ridicule puisque. l’homme ne perd pas l'humanité avec ses jambes et le chapon ne l’acquiert pas en perdant ses plumes. . L'abbé Bergier, qui a réfuté en sept volumes Rousseau, Voltaire, d'Holbach et tous les philosophes du xvin® siècle, donne la définition suivante de l’âme « substance spirituelle qui pense et est le principe de la vie de l’homme ». Kant disait : (« l’organisme est un tout résultant d’une intelligence calculatrice résidant dans son intérieur ». On entrevoit ainsi la notion de la force vitale, qui se manifeste également dans la définition de Dugès : « la vie est une activité spéciale des êtres organisés. »

La vie se trahit par certains actes, notamment par le battement du cœur, ou encore par le dernier souffle d'un être qui s'éteint. Harvey, au xvir siècle, a montré que les pulsations de l’organe central servaient à lancer le sang dans les artères, et, de là, dans les veines en revivifiant les tissus ; après s'être rafraichi dans le poumon, ce liquide va actionner le foie, les . glandes, les muscles. « Si le cœur bat, la machine animale marche ; s’il s’arrêle, elle s'arrête tout entière et tout tombe désormais sous l'empire des forces naturelles (1)».

On pourrait donc être tenté de dire : Le re à du cœur c’est la vie (2); son arrêt, c'est la mort qui apparaît après la dernière expiration respiratoire (3). « La vie est le contraire de la mort », c'est une définition que nous trouvons dans l’Encyclopédie. Bichat, en 1802, dans ses Æecherches physiologiques

Page 1