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LA GÉOLOGIE ET L'ORIGINE DE LA VIE

Depuis que l’homme pense, il s’est préoccupé de l’origine du monde et surtout de l’apparition de la vie ; il s’est demandé par quel acte mystérieux les animaux et les plantes ont commencé à pulluler sur notre globe.

L'antiquité païenne, les Égyptiens, les Assyriens et Chaldéens aussi bien que les Juifs, ont envisagé des explications différentes de ce problème capital, et la solution proclamée souvent comme une révélation divine est devenue le fondement de la plupart des religions. Envisager la question de la Genèse avec les simples ressources de l’esprit humain, pourra paraître une œuvre téméraire, car les mots « génération spontanée » sonnent mal et ceux qui les prononcent inspirent une sorte d’effroi. Les grands débats sur l’altération des liquides fermentescibles quiontretentien France au cours de la deuxième moitié du xix° siècle, où s’est illustré Pasteur et dans lesquels il à triomphé définitivement de ses contradicteurs, Pouchet, Jolly, Musset, Bastian, pourraient conduire à croire que la question de l’hétérogénie est close. Cependant - Pasteur lui-même s’est bien gardé de prononcer un … pareil arrêt. Parlant de la génération spontanée, il

s’est borné à dire : « Si tant est qu’elle est en notre. pouvoir (4) ». Il est peu scientifique de laisser systématiquement une question en dehors de notre examen parce qu’elle a été abordée autrefois par des savants qui cherchaient des preuves dans de mauvaises directions.

Le problème de la genèse des êtres vivants se pose tout naturellement par les recherches de la Géologie. C’est aussi en interrogeant cette science que. nous commencerons notre étude.

A quelle période géologique correspond l’apparition de la vie? On fait débuter l’ère paléozoïque au primaire, par le Cambrien qui comprend les premiers organismes bien conservés. C'est tout de suite une faune très complexe, c’est l’ère des Trilobites qui commence. À côté d'eux des groupes multiples sont déjà représentés :

1° Protozoaires (Foraminifères, notamment Globi= gerina, Orbulina) ;

2° Spongiaires (Protospongia);

3° Hydrozoaires (Graptoluhidæ) ;

4° Echinodermes (Cystoïdés et Crinoïdés);

5° Vers (Arenicolites Scolithus) ;

6° Brachiopodes (très abondants: ZLingulidæ, etc.);

(1) Beaucoup de gens instruits se figurent que Pasteur s'est posé dès l’abord en adversaire de la génération spontanée, ül n’en est rien. Il écrivait en 1877: « Voici bientôt vingt années que je poursuis, sans la trouver, la recherche de la vie sans une vie antérieure semblable. Les conséquences d'une telle

découverte seraient incaiculables. Les sciences naturelles, la. x

médecine et la philosophie, en recevraient une impulsion que nul ne saurait prévoir. Aussi, dès que j'apprends que j'ai été devancé, j'accours auprès de l’heureux investigateur, préé à. contrôler ses assertions. Il est vrai que j'accours vers lui plein de défiance. J’ai tant de fois éprouvé, dans cet art difficile de : l'expérimentation, que les plus habiles bronchent à chaque pas et que l'interprétation des faits n’estpas moins périlleuse. »

LA GÉOLOGIE ET L ORIGINE DE LA VIE 9 1° Mollusques La Nue Gastéropodes, Céphalopodes); 8° Crustacés (Ostracodes, Phyllopodes, Gigantostracés : Aglaspis; surtout nombreux Trilobites Agnostus, Conocephalus, Olenus, Paradoxides, Sao, Ogygia, etc.) ;

9° on ne connait aucun Vertébré;

10° les végétaux sont inconnus {les Oldhamia sont des Hydrozoaires; les Z’ophyton ne sont plus considérés comme plantes).

Il s’agit donc d’un monde déjà extrèmement compliqué, où l’évolution est intervenue avec une très grande ampleur.

Cependant, si l’on admet les anciennes classifications, l’ère paléozoïque débuterait avec le Cambrien. Avant.cette période, la terre aurait passé par le stade azoïque; l'existence de la vie correspondrait à un ensemble euzoïque. composé de plusieurs ères et cette période aura fatalement uné fin, dans un avenir lointain, lorsque. notre globe roulera dans les espaces célestes comme un astre mort, comparable à la lune actuelle ; l'ère apozoïque (de Dollo) commeñcera alors

jusqu'au jour final de la destruction définitive de la

Terre.

La théorie de Laplace fait dériver le système solaire d’une nébuleuse qui s’est condensée en globes de feu qui, en se refroidissant, ont formé une croûte solide à leur surface. C’est ainsi que la Terre a dû se constituer (1). D’après les calculs de Lord Kelvin, ces phénomènes .primordiaux ont pu se passer il y a 20 ou 40 millions d'années (plus près de 20 que de 40) (2). La température continuant à baisser, la vie a pu apparaitre et les premiers êtres vivants se sont.formés.

(1) Théorie renouvelée et mcedifiée dans ces derniers temps (voir : CHAMBERLIN. The Evolution of the Earth. Scientific Monthly 1916).

(2) Certains auteurs trouvent des chiffres plus élevés allant jusqu’à 100 millions d'années (Ospory, p. 29).

« Ils ne dérivaient pas d'organismes préexistants, dit

Errera, puisqu'ils étaient les premiers. Ils doivent

donc s'être formés sans l'intervention de parents, au moyen de composés de carbone, d'hydrogène, d’oxy-

gène et d’azote empruntés à la matière ambiante. » M. Bellot et M. Douvillé ont décrit la formation de cette croûte terrestre autour d’un noyau de feu, mince pellicule recouverte d’un océan sans rivage, entouré lui-même d’une atmosphère superficielle. Selon M. l'abbé Maumus (t. [, p. 189), « aucune raison biologique ou physico- chimique ne s'oppose à ce que les organismes inférieurs aient fait leur apparition dans les océans qui baignaient les roches constitutives du système archéen. »

Ce devaient être des êtres très inférieurs, des Protophytozoaires dont le corps était aussi simple que possible. « Il nous est donc permis de conclure que le premier élément vivant qui ait apparu à l’origine des temps géologiques ne pouvait être qu'une simple cellule. Nous ajouterons que cette cellule devait nécessairement vivre dans les mers de cette époque. On sait, en effet, que pour jouir de ses propriétés vitales, le protoplasma exige une proportion consi-

dérable d’eau, que certains évaluent à 75 p. 100. Par

conséquent tout habitat non aquatique serait impos- Sible à une masse aussi minime que la cellule. » (Maumus.)

Ces considérations très judicieuses rappellent, il. ne faut pas le dissimuler, la conception de Thalès de

Milet, grand philosophe grec de l'Ecole ionienne, qui disait que « tout vient de la mer ». M. Osborn (1918) a émis une autre hypothèse que la vie a dû naître sur les continents, soit dans les crevasses du solet des rochers, soit dans l’eau fraiche d’étangs conti-

nentaux ou ‘dans l’eau légèrement saline des bords.

des mers primordiales.

Comme de juste, on n’a pas retrouvé des traces de

cet être primitif; il était trop petit, trop chétif, trop

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