LA VIE DES CRISTAUX
geons qui se développent finissent par reproduire un
végétal identique à celui qui a servi de point de départ. Les mêmes résultats s’observent dans le règne animal, en général avec moins de facilité : à ce propos, les expériences de Tremblay sur le bouturage des Hydres vertes sont célèbres.
Des faits analogues se passent lorsqu'on blesse un cristal et qu’on l’immerge dans une solution de la substance dont il est formé. | |
« Lorsque, dit Pasteur, un cristal a élé brisé sur lune quelconque de ses parties et qu'on le replace dans l’eau-mère, on voit en même temps que le.cristal s'agrandit dans tous les sens par dépôt de particules cristallines, un travail actif avoir lieu sur la partie brisée et déformée; et, en quelques heures il a satisfait, non seulement à la régularité du travail général sur toutes les parties du cristal, mais au rétablissement de la régularité dans la partie mutilée. »
D’après Gernez, une solution donnée peut être saturée par rapport à une face et ne pas l’être par rapport aux autres, ou encore la face blessée est moins soluble, la croissance s’y fait d’une manière prépondérante. Ceci nous apprend donc que dans le cas de nutrition d’un cristal, il se passe entre les faces et le milieu qui l’entoure des réactions moléculaires quiamènent ces changements. Ce ne sont peutêtre pas des phénomènes aussi intenses que dans le cas du globule de Levure immergé dans le moût, ils sont cependant de nature complexe probablement électrique. Quincke envisage les énergies créatrices de cristaux comme subordonnées à-la présence d'ions libres ; à côté de ces derniers se trouvent des molécules salines neutres dont la présence implique différents degrés de concentration. Dans l’état actuel de. nos connaissances, nous ne savons pas exactement
quels changements la mise en liberté des ions pro-
voque dans les diverses couches de la solution. Dans
une solution aqueuse d’un sel, il y a des parties
4 denses, 0 d' autres plus pauvres ; in en résuile des. tensions superficielles se produisant entre ces régions; 1 | ces actions jouent un grand rôle dans la formation des cristaux. Or on sait qu’on peut déterminer Je , poids moléculaire par la considération des tensions superficielles, poids lié à la pression osmotique et: à la dissociation électrolytique. | L'organisation d’un cristal dépend de deuk chabel age 4° de la molécule cristallographique (Mallard), qui est. un agrégat de molécules chimiques doué d’une forme géométrique déterminée ; 2 d’un réseau plus où moins régulier, le long duquel sont rangées les particules précédentes. Il y a donc à envisager deux sortes de figures géométriques : celles des molécules. cristallographiques, se trahissant par des PrOPRE optiques; celles du réseau. Ces deux symétries po vant s’accorder ou être discordantes. st Ceci nous apprend donc que le passage de l'état de solution à l’état cristallisé est loin d’être simple et. n'est pas si éloigné qu'on pourrait le croire des pds 4 nomènes de l een dans la nutrition des ste vivants. | di de Les observations de Schroen ont d’ailleurs montré» qu'ilya, dansla cristallisation de l’alun par exemple, un stade précristallin correspondant à une masse. granuleuse qu'il compare au protoplasma et qu'il. désigne sous le nom de pétroplasma. Ils ‘y différencie ensuite des formations centrales rappelant le noyau, de sorte que l’on a ainsi des pétroblastes rappelant .w des cellules ganglionnaires ou des ostéoblastes. “4 1 territoires cristallins qui apparaissent d’abord n'ont rien de mathématique ; bientôt un premier angle de 4 crital se forme, puis un autre, enfin les pans, les arêtes. Ces éléments s’accroissent par intese comme Îles membranes végétales. \ En chaque point d’une face cristalline, il qe v. avoir dépôt, c’est-à-dire gain et redissolution, c'est- à-dire perte. C’est l’un ou l’autre effet qui donnes |
fa NE DES GRISTAUX
F ant que fa olubitéee relative est plus ou d moins AE … grande sur la face considérée. S'il y a blessure, c'est le dépôt qui devient prédominant. Selon Ostwald, ne solubilité a diminué sur la face mutilée parce que | cristallisation tend à constituer un polyèdre pour 1 quel lénergie de surface présente un minimum relatif. Dès que le cristal est retiré de l’eau-mère, il ne peut plus se nourrir ; il tombe, dans une période d'immobilité qui rappelle la vie latente des graines. L'état du milieu règle les échanges. Si l’eau-mère se . Sature, il assimile; si elle se désature, il désassimile. Malgré ces analogies nombreuses, il semble cepen- à . dant qu’il reste une différence capitale entre le cristal et l'être vivant : ce dernier se reproduit. Voyons siun phénomène semblable existe dans les subetances cristallisées.
Germes cristallins. On a dit que « le type cristal ne relève aucunement d’autres types préexistants et rien dans la cristallisation ne rappelle l’action des ascendants et les lois de l’hérédité ». (Chauffard.) Cette manière de voir n’est pas exacte. Si le protoplasma d’un être vivant est toujours la continuation du protoplasma des parents, il en est à peu près de même dans la plupart des cas pour les cristaux.
. Onaétudié depuis Fahrenheït (1724) et Lowitz (1785) les solutions sursaturées (eau, sulfate de soude, etc). - 11 suffit, dans ce cas, de faire tomber un fragment cristallisé de ces substances dans le liquide pour en amener la cristallisation immédiate. Il est assez … curieux de rappeler que c’est à la suite des irävaux « de Pasteur sur la génération spontanée et sous leur a inspiration que des recherches sur cette question ont Le été entreprises par Violette et par Gernez. Ce dernier 4 était d’ailleurs un des élèves de Pasteur, aussi se servait-il pour faire les ensemencements de la technique bactériologique. En déposant dans le liquide une par- … celle cristalline très petite tout à fait analogue à celle qui sert à faire un ensemencement d’une culture bac-
Le térienne, on net immédiatement à Ron qui se propage dans le milieu saturé à partir du cr tal déposé, En fait, c est tout à fait comparable : à ce. qui se passe pour la Bactérie. Le premier cristal en a. engendré un deuxième semblable à lui; celui-ci uns troisième et ainsi de proche en proche. On objectera que le phénomène de multiplication est beaucoup. plus rapide pour les cristaux; mais, par des artifices | expérimentaux, on peut le ralentir. ) L'influence prépondérante du cristal os se.
révèle d’ailleurs très nettement par cette expérience ‘ingénieuse réalisée par Gernez avec le soufre qui peut. cristalliser sous deux variétés : en octaèdres et en. prisme. Il jette dans un tube en U qui renferme le. même soufre en surfusion dans une branche un cristal octaédrique, dans l’autre un cristal prismatique et, ‘il voit que le mème substrat amorphe donne dans un, cas des octaèdres, dans l’autre des prismes. Na Ostwald à poussé plus loin la comparaison avec la, culture pure, en stérilisant le flacon de culture et en. flambant le fil de platine qui, d’ailleurs, peut être porté seulement au-dessus de 39° 5 pour être stérilisé dans le cas du salol CARE de phényle, dont
… Tes cristaux blancs fondent à 39° 5
Il a recherché jusqu’à quel degré de He le.
cristal pouvait descendre pour amener la cristallisa- ‘tion. En diluant le salol dans du sucre de lait ou dans.
du quartz pulvérisé, il s’est assuré qu’un millionième. de milligramme est encore actif mais c’est la limite. de petitesse du germe. Le salol ayant à peu près le. poids spécifique de l’eau, cela correspond à un petit cube de 10 u de côté (1). Or un tel cube est de même ordre de grandeur que les microbes aisément visibles. au microscope.
La substance qui a servi
à faire l’ensemencement.
ju (1) Avec l’hyposulfite de soude la limite active est atteinte avec un petit cube de 1 n de côté. | LC Re
dans le cas nt et qui avait donne un ue | ri
positif tout d’abord, perd peu à peu son activité. Gette modification durable fait songer à ce qui se. passe, à la longue, chez l’être vivant qui ne tarde pas * à mourir : on peut dire alors qu’il y a eu mort du germe cristallin.
En somme, pour la cristallisation il faut l’intervention d’un cristal. Souvent ces cristaux existent dans les poussières de l'air et c’est ainsi qu'ils conta- , minent accidentellement les liquides sursaturés s'ils . viennent à y tomber, rappelant alors les phénomènes d’altération des liquides fermentescibles dans. les expériences de Pasteur.
Cette remarque conduit, pour les cristaux comme. pour les êtres vivants, à la question d’origine. Comment est né le premier cristal? Ici, on peut répondre autrement que pour les animaux ‘et les plantes : on connaît des faits qui peuvent être interprétés comme dans des cas de génération spontanée des cristaux.
Si l’on concentre du sel de Glauber ou sulfate de
soude à dix équivalents d’eau, on peut assister à la
cristallisation spontanée. Le premier cristal apparaît
d’ailleurs plus tôt dans les grandes masses que dans
les petites; une action mécanique est efficace, notam-
ment des frottements, des chocs provoquent la cristallisation quand la sursaturation est faible; il n'en … est plus de même d’ailleurs dès que la concentration devient considérable. Ne
Mais pour là même substance, un autre ensemble de conditions étant réalisé (surtout de température ét de concentration), la cristallisation spontanée pourra se produire. C’est qu ‘alors léquilibre labile est . obtenu : par exemple à 10° pour le bétol.
Errera à rapporté un cas très curieux de génération spontanée cristalline. La glycérine est une substance qui subit d'ordinaire des froids intenses sans se soli- . difier : elle devient alors visqueuse, mais ne passe jamais à l’état cristallin. Or, en 1867, un tonneau de |
cette abdahée fut is dë Von en ue e
il provenait de la maison Sarg. En vidant le récipient, on s’aperçut qu'il contenait des aiguilles blanches cristallines. Le fait parut extraordinaire à Crookes qui montra ces cristaux à des sociétés savantes et publia cette observation. Ces cristaux subissent la
fusion à 17° ou 18. Donc à 0° et surtout à — Det — 20°, la glycérine est au-dessous de son point de.
changement d'état; cependant, dans les conditions
ordinaires et normales, les cristaux n'apparaissent
pas. Introduit-on dans la masse un cristal ainsi obtenu tout à fait accidentellement, immédiatement la cris-
tallisation s’opère dans toute la glycérine. On peut
donc, grâce à cette découverte, être certain de con-
server des cristaux que personne ne savait produire
antérieurement; le brevet Krant fut pris à la suite. de cette constatation, en vue d’un procédé de purifi- .
cations de la substance pour la maison Sarg et com-
pagnie. 4 Mais depuis cette observation la génération spontanée des cristaux s’est produite à nouveau en Russie,
puis à Saint-Denis (chez M. Henninger) et, en 1876,
Armstrong a établi que ce résultat peut être obtenu
systématiquement par la combinaison du froid et FPE secousses violentes. | | Cette histoire est très curieuse : elle relate l'éphes rition brusque d’une espèce cristalline et elle fait. de suite venir à l’esprit l’idée qu'un ensemble de. conditions cosmiques a pu être réalisé autrefois sur. le globe permettant la genèse des êtres vivants. … Une fois apparus par l’effet du hasard heureux, ces
cristaux de glycérine de 1867 ont été assurés d’une.
descendance, par reproduction à partir de germes. cristallins : l’espèée cristalline était créée. D’autres. conditions cosmiques peuvent d’ailleurs amener sa. disparition. Il suffit pour cela d’une température. bien peu élevée de 18°. Dès que cette condition est. réalisée le cristal disparait. Sans la remarque heu-
| “ï TUE
aurait été à jamais nie | de : Malgré toutes ces remarques intéressantes devons- … nous admettre que le cristal est doué de vie? Assu- 'rément non. « Pour tous ceux, dit M. l'abbé Maumus, que charment les comparaisons imaginées, » le cristal pourra bien apparaitre comme lé cadavre rigide d'un sel; mais dissous à nouveau, ce cristal, “comme le phénix, pourra ressusciter. Au contraire, … le cadavre d’un animal ou d’un végétal peut tout * au plus se conserver, mais ik ne peut plus se dis- … soudre pour ressusciter ensuite. Le cristal est inca- … pable d'employer, pour se former, des substances : * étrangères qu'il transformerait en corps semblable à … sa propre substance. Le cristal ne peut pas, comme la cellule, s’assimiler des matériaux nutritifs et les énergies qu'ils contiennent. Il n’est pas non plus capable de produire du travail en se décomposant, et
… jamais il ne présente de phénomènes de mitose et |
| d’amitose. »
« Cet ensemble de différences montre bien ai
… signification qu'il faut attribuer à la vie des cristaux ». M. Maumus ajoute : « C’est par une ana- … logie bien lointaine et par une sorte de besoin d’em- … ployer des mots à images que nous nous servons de … ce terme pour désigner des phénomènes qui n'ont … entre eux aucun rapport. La vie des cristaux est … absolument différente de la vie de la cellule ». Ces … analogies ne sont cependant pas négligeables d'autant » plus qu’elles semblent chaque jour plus nombreuses F 4 mesure que la vie est scrutée d’une manière plus : … approfondie. Les phénomènes vitaux sont si mystérieux que toutes les indications relevées sur leur his- . toire méritent d’être prises enconsidération.L’énigme
4 de l’apparition de la vie reste entière. Tout ce que
. nous savons à l'heure présente nous amène à croire … que la génération spontanée n’est pas possible. | Gépendant il à bien fallu (conception admise par
gine par die météorites ou par des germes flot nt transportés dans les espaces interplanétaires, le O= blème que nous envisageons ne sérait que reculé, à d'admettre que la vie interastrale est éternel |
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