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de onial us très différente de celle nu son protoplasma : il y a donc là une dissemblance À
La VIE DES cRISTAUX (A NET
molécule OLD nique) Mie ta le voisinage
d’une substance de constitution appropriée, elle lui
communique son mode de vibration et le mode d'arrangement des atomes qu’elle a elle-même ; elle : transforme ainsi cette substance en protoplasma
semblable à elle ». L'assimilation est un phéno-
mène d'induclion chimique; (chaque molécule de la
matière vivante serait le siège de forces, de mouve-
ments capables d’organiser d’autres molécules semblables, »
Ces transformations se produisent par l’intervention des diastases ou de catalyseurs qui sont des
composés organo-métalliques où des traces de mé-
taux jouent le rôle d accélérateurs des réactions chimiques.
Quand on fait des précipitations fractionnées de la Jaccase (diastase oxydante de l’arbre à laque) par l’alcool, l’activité des ferments est d'autant plus forte que leur teneur en manganèse est plus élevée. La
laccase de la Luzerne est, au contraire, très peur 7
active ; elle est pauvre en manganèse, mais elle prend une activité comparable à celle de l’arbre à laque si on lui ajoute un peu de sel manganeux (d’après M. Gabriel Bertrand). |
Cet auteur considère donc la laccase comme asso ciée à une co-diastase minérale, vis-à-vis de laquelle la diastase jouerait le rôle d'acide faible. Quand on donne à cette complémentaire organique la forme colloïdale, en ajoutant à du chlorure manganeux en milieu alcalin, de l’albumine, de la gélatine, de la dextrine, on réalise un complexe dont le pouvoir
oxydant vis-à-vis des polyphénols (par exemple) est
intensifié (A. Trillat). On a vu d’ailleurs que l’on pou-
vait remplacer le manganèse par le fer. Les activités
avec ces deux métaux ne sont pas les mêmes vis-à-vis. d’une même substance et on entrevoit l’origine de la
spécificité des diastases : le ferrocyanure de fer col-
loïdal additionné de citrate trisodique agira sur l’hy-
| droquinone, tandis que le sulfate manganeux addi-
tionné de citrate sera inactif sur cette même subs- js
tance.
La constitution des catalyseurs naturels rappelle
donc celle des catalyseurs métalliques, par exemple
l’hydrosol métallique de platine de Bredig ; ils présentent l’état colloïdal et sont des suspensions de particules ultramicroscopiques s’agitant constam-
ment; cette activité moléculaire serait même la
cause ou une des causes des effets qu’ils produisent. Si l’on met du sucre dans un verre d’eau, il a une tendance à se décomposer en glucose et lévulose ;
vient-on à ajouter au liquide un catalyseur, la
-sucrase, on accélère le phénomène. On peut attribuer
aux ions de l’eau la première tendance: ces 1ons peuvent être considérés comme des agents de catalyse. Ces diastases agissent à des doses infimes, la sucrase peut transformer 200.000 fois son poids de saccharose (0’Sullivan et Thomson).
Ces phénomènes sont réversibles. L’émulsine disloque les glucosides : la salicine par exemple, est transformée en glucose et saligénine. Bourquelot a reconnu qu’elle peut refaire les glucosides qu’elle a
dédoublés. Une même diastase est susceptible d’accélérer l’une ou l’autre des réactions antagonistes. Ily a des diastases des matières albuminoïdes et, bien
que leur rôle soit encore peu connu, il est analogue : » elles disloquent ces substances azotées, mais peuvent les reconstituer par synthèse (Herzfeld,1914). La théorie qui rattache la catalyse à l’ionisation que nous venons de formuler a beaucoup de vraisemblance. On sait qu'avec les acides et les bases on peut réaliser un très grand nombre de réactions des diastases. Or, dans une solution d’un acide ou d’une base, un certain nombre de molécules de ces derniers éléments se fragmentent. La force d’un acide dépend
dela proportion des ions H ; l’activité d'une base est. .
fonction des ions OH. En présence d’une petite quan= …
Gi LA VIE DES! CRISTAUX nan 19
tité d’ Soie sulfurique, le sucre de canne est trans- Ji formé par hydratation en glucose et lévulose. |
L’autocatalyse intervient pour compléter l’action du début. La trypsine désagrège les albuminoïdes etproduit du glycocolle, de l’alanine, de la leucine, de l’asparagine, de l’acide glutamique, de la phénylalanine, du tryptophane. Or ces produits de dégradation peuvent, dans certaines conditions, compléter et remplacer la cause primitive qui produit soit l’hydrolyse, soit la synthèse (Herzfeld). L'effet et la cause se. confondent, de sorte que la réaction se renforce d’ellemême. |
Les catalyseurs solides ont des propriétés analogues.
Le noir de platine décompose l’eau oxygénée, il agit a
alors comme catalyseur de désoxydation ; mais quand il transforme l’alcool en aldéhyde, c’est un catalyseur d’oxydation.
Selon M. Sabatier, il se formerait à la cute du platine un sous-oxyde de platine instable, qui se.
détruirait en dégageant son oxygène et deviendrait 110 oxydant en régénérant le métal.
Comme les ferments figurés, les catalyseurs solides sont gouvernés par la loi de loptimum, c'est-à-dire
. qu'il y a une température optimale pour laquelle le
phénomène s’accomplit avec le maximum d'intensité ;
‘ce sera 180°, par exemple, pour les hydrogénations
par le nickel. Il y à une spécificité des catalyseurs solides comme pour les ferments solubles : le cuivre déshydrogène les alcools, tandis que l’oxyde de thorium les déshydrate. jt
Selon M. Sabatier, les catalyseurs solides possèdent des « vitalités » très inégales, comme cela s’observe pour la Levure vivante, selon les conditions plus ou
moins avantageuses de sa production : lenickelobtenu par réduction de son oxyde à une température infé-
rieure à 200° est un catalyseur puissant; si on le réduit au rouge, il n’a presque plus d’action, Enfin il a été établi que les catalyseurs solides
peuvent être Do et luës comme le Mois:
diastasiques par les poisons, par la chaleur (4).
M. Sabatier dit qu'à cause de toutes ces ressem-
blances, l'allure des catalyses conduites à laide de corps solides « rappelle fréquemment celle des fer-
ik mentations et même celle de la vie », il n’hésite pas. aussi à parler de la jeunesse et de la vieillesse des
catalyseurs.
Ce sont là des données tout à fait remarquables et de la plus haute portée. En somme, on commence à entrevoir des ressemblances frappantes entre les phénomènes diastasiques et les actions métalliques qui
agissent sur le milieu pour produire des transforma-
tions que l’on observe dans l’assimilation.
Les différences que nous mentionnions plus haut
entre la nutrition de la Levure et celle d’un cristal
dans son eau-mère tendent à diminuer. Cependant.
y a-t-il dans la nutrition des cristaux quelque chose d’analogue aux transformations du moüût de bière sous l’influence des cellules ? Il semble que le cristal trouve la matière qui doit le former dans le milieu où il plonge. Etudions cependant d’un peu près une nouvelle propriété du cristal par laquelle il se rap-
proche des être vivants : la cicatrisation grâce à laquelle nous pourrons peut-être entrevoir une réponse
à la question que nous venons de poser.
On sait que si l’on pratique l’ablation d’une partie
du corps d’un végétal, au bout de peu de temps, nom seulement la blessure est cicatrisée par le tissu subéreux, mais des branches nouvelles apparaissent à la
place de celles qui ont été enlevées : le bouturage et. | le marcottage sont fondés sur ce principe. On peut séparer une branche de Saule ou de Peuplier, une |
* feuille de Begonia ou de Bryophyllum et les racines
qui se produisent, la nutrition qui s'opère, les bour- à
(1) L'activité du chlorure manganeux additionné d'un cok
loïde {albumine, dextrine) est détruite par la chaleur.
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