‹ Origine de la vie sur le globeChapitre 7 sur 39 · ANT · texte numérisé non relu

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prépondérante et caractéristique de la matière sèche des êtres vivants. Il constitue la charpente de leurs molécules. Wurz, dans sa Chimie moderne, insiste sur la faculté que possèdent les atomes de ce corps de « s’accumuler dans une seule et même molécule, dese souder en quelque sorte les uns aux autres ». Doué de peu d’affinités pour les autres éléments, le carbone présente, au contraire, de l’affinité pour luimême. Il s’agrègs en molécules volumineuses qui portent des chaînes latérales, sans cesse renouvelées, accrochées à un noyau invariable ; ces propriétés très remarquables sont liées, comme on sait, à la quadrivalence du carbone qui est une propriété capitale. La position du carbone dans les chaînes latérales montre qu'il s’unit aux éléments électro-positifs, et il est luimême électro-négatif, Le noyau carboné peut porter, en même temps, des groupes oxydants et réducteurs, dés groupes basiques et acides, ce qui donne à ses molécules une puissance considérable, comme transporteurs d'énergie. ir Arrêétons-nous un instant pour bien saisir les conséquences de tout ce qui précède. Le hasard des rencontres d’atomes disséminés sur la terre en voie d’enfantement a amené, un certain jour, dans la lointaine histoire du globe, un rapprochement de quatre éléments légers, tellement que trois d’entre eux sont des gaz, fluides, mobiles au suprême degré par conséquent ; l’adjonction du carbone aux trois corps simples gazeux a eu des suites capitales, En se soudant à l’oxygène le gaz carbonique s’est constitué gardant encore la fluidité primitive; l'hydrogène et l'oxygène en s’ajustant ont formé l’eau dont les deux états, liquide et vapeur, révèlent encore l'extrème mobilité; ils ont formé le substratum nécessaire de la substance vivante. L'apparition de tels corps n’a rion de surprenant étant donné l’ubiquité universelle des éléments C, H, O que nous retrouvons par- Aout dans la mer, dans les fleuves, dans l’air. Une

autre combinaison a dû se réaliser aisément, c’est celle de l'acide azotique, par captation de l'azote de Pair et par fixation de roches, on entrevoit la genèse des azotates. Dès que ces premières synthèses ont. été réalisées, la genèse de la vie, la création est devenue possible. Grâce à l’énergie solaire, le premier globule de la matière vivante verte a pu se constituer puisqu'il lui suffit pour agir d’une radiation empruntée au soleil et la présence du gaz carbonique, d’eau et d'azote, car avec cela le protoplasma chlorophyllien peut se suffire à lui-même. Il fallait la réalisation de cette combinaison pour permettre la soudure du carbone et de l’eau, c’est à-dire la constitution des hydrates de carbone. On sait que la synthèse du sucre découle de la rencontre de trois choses : le rayon solaire, le gaz carbonique, le leucite chlorophyllien. Une fois constitué, grâce aux azotates (venant des racines) d’une part et aux hydrates de carbone (formés dans la feuille) de l’autre, le globule vert peut s’accroitre, se nourrir, se multiplier car il se régénère lui-même. La vie est donc possible à l’aide de.

ces quatre éléments : rayon lumineux, gaz carbo-

nique, azotate et grain de protoplasma vert.

Les trois premiers éléments existent partout dans : la nature; le protoplasma vert est une combinaison heureuse de C,H,0,Az, P, et Mg. Comment cette rencontre a-t-elle pu se produire? C’est ce que nous ignorons. Ce que nous entrevoyons avec une clarté chaque jour grandissante, c’est qu’une fois cette synthèse produite, tout a été déclanché. Le globule vert s’est régénéré lui-même identiquement semblable . pendant des millions d'années, puis, peu à peu il s’est très légèrement modifié, il s’est décoloré et a engendré les saprophytes, les parasites, les animaux. Ces derniers, une fois constitués, n’ont pu subsister que grâce à ces globules chlorophylliens primitifs dont ils firent leur aliment. La vie animale n’est pas possible sans la vie végétale, donc cette dernière doit

être primitive. Les animaux carnassiers vivent aux dépens des animaux herbivores; ceux-ci ne peuvent vivre sans l'herbe des prairies. 6 Toutes ces remarques conduisent à cette conclusion que la vie a dû débuter par l’apparition du . grain chlorophyllien (1). Une fois qu'il a été formé, tout a dû en découler nécessairement et il semble, résultat inattendu, qu'il ne s’est formé qu’une fois, à l’origine des temps algonkiens ; depuis cette époque, tout a dû dériver de ce globule vert primitif. Il peut paraître étrange d’arriver à une telle conséquence . qui tend à confirmer d’une manière si singulière la conception biblique, mais nulle part sur le globe, soit à l’heure présente, soit en fouillant dans les couches de la Terre depuis l’époque silurienne, on n'entrevoit aucune trace de plusieurs créations (2). Tous les êtres vivants s’enchaïnent en une seule et gigantesque lignée. Cuvier, il est vrai, admettait plusieurs types d'organisation pour les animaux et il s’est élevé contre les conceptions qui ne voulaient - voir qu'un plan dans le règne animal. Il paraît bien,

(4) M. Osborn {voir chap. 1) a formulé une autre hypothèse. Pour lui la vie a dû se manifester par des Bactéries qui étaient comparables aux Bactéries de la nitrification, qui peuvent vivre aux dépens de matière inorganique et qui fixent l’azote aux dépens de composés ammoniacaux qui auraient pris naissance dans les phénomènes volcaniques primitifs. C’est seulement plus tard que les Algues à chlorophylle auraient pris naissance. Il invoque en favèur de cette hypothèse, la découverte de Bactéries de l’Algonkien (1915, voir chap. I). Une objection se dresse de suite car ces Bactéries primitives ont été trouvées dans des Algues. Rien ne prouve donc que l’Algue soit postérieure; il semble nécessaire d'admettre que le parasite est postérieur à son hôte. Les Bactéries ont évidemment une structure cytologique qui paraît très dégradée, mais n’est-

« elle pas produite par le parasitisme. Si, comme l’admettait Van Tieghem, les Bactériacées sont des Cyanophycées incolores, il y a tout lieu de penser que c’est le parasitisme qui leur a fait perdre la chlorophylle.

—. (2) À moins d'imaginer que ces créations successives ont

- toujours engendré la même chose.

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