TOME V
mystiques, l'unité, dit. ce savant (a), réunît en soi le pair et l'impair , la partie active et la partie passive du monde. Elle représente le souverain Dieu , le Dieu suprême , et elle sépare son intellect de la multiplicité des choses et des puissances qui le suivent. C'est cette intelli-' gence née du Dieu suprême , qui , affranchie des vicissitudes du temps, subsiste dans le temps toujours un ou dans le présent éternel. Une par sa nature , elle ne peut pas être nombrée ; cependant elle engendre et contient en elle-même la foule inuombrable des types ou des idées des choses. En réfléchissant un peu , on verra que l'unité appartient aussi au spiritus ou à l'amc universelle. En effet , par elle-même exempte du nombre et du chaos tumultueux de la matière , ne se devant qu'à son auteur et à elle-même , simple par sa nature , lors même qu'elle se répand dans le corps immense de l'Univers quelle anime , elle ne fait point divorce avec l'unité. Ainsi vous voyez, dit Macrobe, comment l'unité ou la monade originelle de la première cause se conserve entière et indivisible jusqu'à lame ou au spiritus qui anime le monde.
Ces principes métaphysiques, portés dans la théologie des Chrétiens, qui se formait dans ce temps-là , ont enfauté non-seulement le dogme des trois principes, père, logos et spiritus, mais encore celui de l'unité première, dans la- . quelle ils résident. On voit ici le germe et le modèle de la trinitédes Chrétiens , qui n'est qu'une série graduée d'abstractions personniûées, d'ouest venue la distinction des personnes ou des trois abstractions personnifiées, laquelle ne multiplie pas pour cela la nature divine. Car elle est unique par essence , et elle conserve l'unité première ,
(a) Macrobe, 1. i,c. 6.