‹ Origine de tous les cultesChapitre 110 sur 180 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

nilers chaînons de cette immense chaîne , sont le père , son logos, noûs mens et anima, ou spiritus mundi, ou, en style chrétien, le père, le fils et le saint-esprit , principes de toutes choses , et placés au-dessus de tous les êtres créés. 11 nous peint encore, dans un autre endroit, les trois premiers principes placés au-dessus du monde visible et du monde créé. Il dit que le ciel est l'ouvrage du spiritus creatoris (a) ou de l'ame universelle \ que ce principe créateur procède de l'intelligence que certains théologiens appellent le fils ou inJeUectus Jilius , et que lui-même a dit être toujours tourné vers son père \ et que cette intelligence mens est née du Dieu suprême. Il prétend que Ton ne doit pas entendre dans Cicéron le |om de Dieu suprême, donné au ciel , par première cause , parce que , dit-il , globus ipse, quod cœlum est, animœ sit fabrica ; anima ex mente processerit ; mens ex Deo qui verè miis est procreata sit. Ainsi l'esprit ou l'ame universelle procède de l'intelligence ou du fils, et celui-ci est engendré par le Dieu suprême. Il semble entendre un docteur chrétieu disserter sur la manière dont procède l'esprit , et sur celle dont le fils est engendré du père. Il n'y a qu'une légère nuance de différence [108]. Celle qui se trouve entre l'énoncé de Macrobe païen et eelui des soi-disant orthodoxes chrétiens, n'est pas si grande que celle qui se rencontre entre les sentimens des docteurs chrétiens de différentes sectes sur la même matière , en sorte que cette trinité platonicienne est aussi ressemblante qu'on peut le désirer avec celle des Chrétiens [109].

Voyons maintenant comment Macrobe a su conserver l'unité aux trois principes. Dans la théorie des nombres

(à) Macrobe» c. 17.

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