‹ Origine de tous les cultesChapitre 113 sur 180 · CHAPITRE III. 2ÔI · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. 2ÔI

essence, vie et intellect} et Famé comme vie , mouvement et raison.... Au-dessus de l'être lui-même (a), les platoniciens placent le principe de l'être qu'ils appellent l'unité , le bien ; et dans l'être se trouve l'essence, la première vie, la première intelligence : ce qui se réduit à l'essence même de la divinité , premier Dieu ou plutôt unique Dieu , ayant la première intelligence et la première vie dont tous les êtres subordonnés empruntent la leur, comme nous l'avons déjà dit.

C'est dans l'essence qu'est placée l'intelligence ; ensuite vient l'amequi renferme la vie ; et tout cela est lié essentiellement au bien ou au premier principe. Dans le Pimander , Trismégiste met Dieu dans l'intelligence, l'intelligence dans l'ame , et l'ame dans la matière. L'Évangile de Jean met , comme Plotin , l'intelligence ou le logos dans Dieu. Cela revient à peu près au même.

Plotin regarde le bien et l'unité , bonum et imum , comme la même chose. Rien de plus simple que l'unité; rien également de plus simple que la bonté.... Il s'ensuit que la bonté et l'unité sont une même chose. Ainsi raisonnaient les platoniciens pour donner à l'unité première le nom de bonté , et pour appeler indifféremment le premier Dieu , le père , tantôt unum , tantôt bonum,

Plotin lui-même regarde le souverain bien ou la première cause comme le terme auquel tout se rapporte , et comme un centre autour duquel tout roule. En* parlant des trois principes , le bien , l'intelligence première et la première ame , il établit partout pour lien commun l'unité* el la tendance au bien ou vers le premier Dieu , centre de tout. Le bien ou l'unité est la première cause :

(a) Mnrsil. Fie. Coin m. ad Enncad. a, 1. 5, c. ij I. 8, c. a; I. 7, c. 2.

la seconde est l'intelligence , principe de l'ordre et des formes. La troisième est la première ame, principe de vie et de mouvement. Or , comme nons voyons l'Univers embelli par Tordre et par les formes , nous pensons avec raison que l'intelligence agit partout pour régir et ordonner; et lame pour mouvoir et viviGer par son souffle. Mais, comme il Y a unité dans Tordre des formes et unité dans le principe de vie et de mouvement, avec une tendance de Tordre et de la vie vers le bien , nous ne pouvons nous empêcher de rappeler an bien , comme à sa cause première et souveraine, et l'intelligence qui ordonne ainsi tout , et Tame qui meut ainsi tout. Ainsi cet Univers, corporel et mobile par un autre, est d'abord rappelé à Tame mobile par elle-même . qui meut tout par son mouvement propre ; celle-ci a l'intelligence entièrement stable, (mi enchaîne tout dans sa constance propre. Mais Tune et l'autre , savoir l'intelligence et Tame , sont rapportées au bien (adbonum) , dans lequel l'intelligence repose , et autour duquel se meut Tame. Soit que Tame se meuve on soit mue, elle est mue et se meut vers le bien ; soit que Tintelligence se repose et s'affermisse , elle se repose et s'affermit dans le bien. D'après ces principes , Tintelligence , comme Tame , ou le logos et le spiritus ne peuvent s'écarter du bien , de l'unité et du premier Dieu qui est leur centre.

Après le bien (a) suit Tintelligence qui accompagne Tainu. Dans le ciel l'essence représente \ebien> la lumière rinleliigence, la mobilité de Y ame.

Dans le second chapitre, Plotin conclut qu'il y « trois principes : le premier, Dieu, ou le bien ; l'intellect son

[a) Maisil Fie. Comment. »A Kntfc'stl. a, 1. ç), c. i.

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