‹ Origine de tous les cultesChapitre 114 sur 180 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

fils, qui, comme un rayon, émane de la lumière du père ( c'est le lumen de Iwnine des Chrétiens), et de plus l'ame du monde, qui, sortie de l'intelligence, devient le spiritus ou souffle de vie universelle qui anime toute la Nature. C est à ces trois premiers principes que se rapporte l'administration universelle du monde... Le monde cherche toujours à s'unir à l'ame ; l'ame à s'élever à l'intellect, et celui-ci à remonter jusqu'au premier principe.

Voici comment Plotin distribue l'ordre des principes. Il met au plus haut degré de l'échelle graduée des êtres, limité absolue ou la simplicité de Dieu , supérieure à tout, tellement quelle n'a ni ressemblance ni retour à quelque objet que ce soit, placée par sa souveraine bonté au-dessus de tout ; unité souveraine qui rend Dieu surle-champ un. Ensuite vient le premier intellect qui est l'intellect de toutes choses et de toutes les idées. De lui naît l'ame première*, et l'un et l'autre sont un et tout. Vient enfin le monde formé par l'intellect et par le moyen de l'ame , lequel est moins un et tout , que un de tout , ou unité composée de toutes choses. Toutes les a mes se reportent vers l'ame unique du monde qui est leur chef. Toutes les intelligences de ces aines se tournent vers 1 intellect unique placé au-dessus des ames, comme l'œil regarde la lumière du soleil. Enfin, l'intellect pur regarde la lumière originale et la bonté paternelle.

Plotin lui-même, dans le chapitre premier de ce même livre, prouve qu'il n'y a que trois principes, et que tout se réduit à eux seuls ; qu'il n'y a qu'un seul Dieu , un seul intellect, une seule ame ou spiritus; que la nature de Dieu est simple et la première; qu'elle est une et la même. Ensuite vient l'intellect ou ce qui comprend premièrement , et après lui l'ame. Tel est l'ordre natu-

rel; et Ton ne doit admettre ni plus ni moins de prin-* cipes dans Tordre intelligible; ce qu'il prouve ensuite.

Quelque grande que soit Famé, elle n'est que comme l'image de l'intellect lui-même (a) , tout de même que la parole proférée est l'image de la pensée qui existe dans l'ame. L ame est le verbe de l'intelligence. Elle est tout entière acte et vie L'ame est le verbe de l'intelligence et son acte , comme T intelligence est le verbe de Dieu* Mais le verbe de l'ame est obscur, en tant qu'il est l'image de l'intelligence ; il doit par- là même regarder l'intelligence. Par la même raison, l'intelligence, image de Dieu, regarde Dieu; elle le voit en ne s'en séparant pas. Nous disons que l'intellect est sou image : il faut nous expliquer plus clairement. D'abord, il doit être engendré et conserver en lui une ressemblance avec son père, telle que celle que la lumière garde avec le soleil. Cet intellec t, à qui on donne le nom de l'intelligence la plus pure, ne peut naître que du premier principe, et, ainsi engendré, il produit ensuite tous les êtres et la beauté idéale des formes.

Platon donne à son intellect le nom de cause ; mais il lui donne un père qui est le bien lui-même , et une production qui est l'ame. Ainsi , dans Platon , on voit que du bien ou de la première cause est engendrée l'intelligence , et de l'intelligence sort l'ame [i 10].

L'auteur remarque ici que toutes ces idées abstraites et ces sous-divisions de l'unité première ne sont pas nouvelles; que Platon n'en est pas même l'auteur; que Parmenide avant lui en avait parlé ; ce que nous ne contestons pas. Car, quoique nous dirions que les idées des

(a; Marsil. Fie. Comment, ad Enticad. a , c. 6, 7.

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