‹ Origine de tous les cultesChapitre 155 sur 180 · tome v. a · texte numérisé non relu

tome v. a

flambeau, ri retraçaient en quelque sorte les sept fia m t beaux purs et lumineux qui éclairent le monde dont le temple était l'image. Chacune délies se présentait dans cet appareil pour rendre des oracles au peuple, et affectait d'être pénétrée de l'enthousiasme divin. C'est accompagné de ce même cortège que parait dans l'Apocalypse le génie lumineux , semblable an fils de l'homme, qui parle à Jean , et qui lui dicte les prophéties qu'il lui ordonne de publier. C'était au milieu de sept chandeliers d'or qu'il lui parlait, et tenant en main sept étoiles (a). Ces sept étoiles, on les .sept chandeliers qui les désignent , ne sont qu'uu symbole pareil à celui des sept autels , des sept portes planétaires , des sept vierges qui tiennent un flambeau , enfin que le chandelier à sept branches du temple de Jérusalem. Or , ce chandelier à sept branches représentait les sept vaisseaux qui contiennent la lumière éthérée, ou les sept corps planétaires entre lesquels elle est répandue dans le monde. Cette explication est de Clément d'Alexandrie, de Josèphe et de Philon , qui tous trois s'accordent à n'y voir qu'une représentation du système planétaire et des grands corps lumineux qui répandent la lumière dans le monde dont le temple de Jérusalem était une image abrégée, suivant ces mêmes auteurs (o).

Clément d'Alexandrie (c) , dans ses Stromates , prétend que le candélabre , placé au milieu de l'autel des parfums , désignait les sept planètes. De chaque côté s'étendaient trois branches surmontées chacune d'une lampe. Au milieu était la lampe du soleil, au centre des six

(a) Apocalypse, c. i3. — (b) Josèphe , I. 3, <5. «. — (c) Clem. Alex. Str.,1. 5, p. 563.

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autres branches , comme le soleil qui , placé nu, centre du système planétaire , communique sa lumière aux planètes qui sont au-dessous et à celles qui sont an-dessus % par une action divine et harmonique. Il rapporte a la même fignre les sept enceintes du temple , qui représentent les sept intervalles des sphères, depuis le firmament jusqu'à la terre (a). Ce sont aussi les sept yeux du Seigneur , qui sont désignés par les sept esprits qui reposent sur la verge qui s'élève de la racine de Jessé. Clément d'Alexandrie donne le/nènie sens (b) énigmatique aux sept pierres précieuses qui ornaient la robe traînante du grand-prêtre. Il y voit un symbole des' sept astres planètes, et des intelligences ou anges que la Providence y a placés pour diriger l'action générale qui leur est soumise.

Vis-à-vis de la table que Moïse mit dans le tabernacle , et sur laquelle étaient rangées deux piles de six pains chacune, lesquels , suivant Josèphe (c), représentaient les douze mois, était placé le chandelier à sept branches dont les sept lampes représentaient les sept planètes qui font leur cours à travers les douze signes. Ce chandelier était enrichi de petites boules rondes , continue Josèphe, de lys y de pommes de grenades et de petites tasses , jusqu'au nombre de 70 , qui s'élevaient depuis le haut de la tige jusqu'au haut des sept branches dont il était composé, et dont le nombre se rapportait à celui des sept planètes. Il y avait en haut de chacune une lampe.

Philon (d) confirme leur explication en disant que

(«) Clem. Alex. Str., 1. 5, p. S61. — (b) ibid., p. 564. — (c) Joseph. Antiq. Judaïq., 1. 3 , c. 7 etc. 8. — (d) Phil. vil. Movm,1.3, p. 5.8; Idem , p. 399.

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lés sept branches du chandelier , disposées en deux groupes , de trois chacun, au milieu desquels s'élevait la branche du soleil , et surmontées chacune d'une lampe, étaient le symbole des sept corps célestes que les physiciens appelaient planètes. Le soleil , au centre de ces branches , est commè le lien de cet instrument harmonique et divin, dit Philôn. H était effectivement regardé par les anciens comme le mésitès, et il unissait, dit Martien Capella , le double tétrachorde. Philon appelle ce chandelier une imitation d* la sphère aux sept

Cë n'est donc pas sans raison que le prophète Jean (a) nous présente nn génie lumineux , semblable au fils de

au milieu de sept chandeliers d'or et tenant dans sa main sept étoiles , représentant ; dit-il , les sept intelligences tutélàires des sept églises ou des sept loges d'initiés, placées chacune sous la tutèle d'une planète , comme on le verra bientôt. Ce sont ces mêmes génies qu'il avait appelés ptus haut [b) les sept esprits qui Sont devant le trône de Dieu. Car On sait que dans la théologie chaldéenne , dans cellè des Juifs et des Chrétiens, on suppôsait que chaque planète étàit conduite par un ange. Dans le monument de Mithra, au milieu des sept autels qui représentent les s'ept plan étés , on remarque (c) de ces anges , et surtout nn, qui est Vraisemblablement celui du soleil, placé au milieu des sept planètes et entortillé dû serpent, symbole qui représentait, dit Eùrfèbe, la marche obliqué des astres. Il a des ailes comme nos anges. Dans un autre

(«) Apocalypse, c. i,t. i3 et i6. — (*) Ibid., V. 4. «— (c) Hyde.Vet. Per*.,p. u3.

DE L APOCALYPSE. fôj

monutnent du nie rue genre, a,u lieu de sept pyrés,, on, voitfept étoiles représentatives des sept planètes, qui se reconnaissent par leurs attributs caractéristiques , tels que le caducée de Mercure , la foudre Je Jupiter , le trait de Mars , etc. , placés à côté de ces étoiles. Elles sont, comme les branches du chandelier des Hébreux , groupées trois par trois. Celle du soleil est séparée ef placée à côté du buste de ce Dieu dont la tète est ornée 4e rayons. On remarque même que leur distribution, suit celle de la distribution des sept portes de l'antre uiilhriaque, c'est-à-dire, celle de la semaiue \ et conséquemment , Tordre harmonique qui règne dans la distribution des planètes entre les sept jours de la semaine , qui est le retour successif de la quarte. C'est ce qui fai^ dire à Origène (a) que Celse donnait des raisons d$ cette distribution , et qu'il les empruntait de la musique ^ dans son explication de la théologie des Perses.

Dion donne la même raison de la distribution des planètes, suivant l'ordre qu'elles gardent dans la seiqame planétaire. Cette origine n'a rien qui répugne au génie mystique qui attachait tant d'importance au système de l'harmonie du monde , si célèbre chez les pythagoriciens. Ils prirent pour base de cette harmonie le diatessaron, ou l'intervalle de la quarte, qu'ils regardaient comme le premier de la musique. Effectivement , eu met tan t le soleil à la tète de cette harmonie , on trouve, en descendant jusqu'à la quarte, la lune , et, en continuant et reprenant Saturne et Jupiter qu'on supprime, on trouve à la quarte Mars -, de Mars , en descendant par le soleil et Vénus que l'on supprime, on trouve à la

{«) Orig. contr. Ccl*.,1.6, p. 399.

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