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C. aa 1a fruits de l'arbre de vie

Une répétition des mêmes nombres, aussi suivie, aussi symétrique , et qui a des rapports aussi frappans avec les divisions de l'astrologie, ne nous permet pas de douter du caractère astrologique de cet ouvrage de la tnystîché orientale. Ce trait seul en décèle la nature. Mais nous en aurons beaucoup d'autres à faire remarquer ,

qui mettront dans le plus grand jour la vérité de ses rapports avec l'astrologie et avec les figures des constellations. Nous retrouverons plus d'une fois dans le ciel astrologique les figures bizarres et monstrueuses que Tau* teur dit apercevoir dans le ciel; car nous l'y suivrons, et nous ne chercherons ses tableaux qu'au lieu môme ou il les place. Si le nombre 7 et le nombre 1 a se trouvent si souvent répétés chez luj , c'est que l'astrologie les avait déjà consacrés dans ses* divisions. Nous avons vu que le nombre 7 était fameux dans l'astrologie , dans la cabale et dans toute la mysticité ancienne , parce qu'il exprimait celui des sphères et des planètes qui y sont attachées. Le nombre m était également fameux parce qu'il exprimait celui des signes , par lesquels ces planètes voyageaient, engendraient les mois, et, modifiant leur action sur la Nature , donnaient à la lumière et à la chaleur une durée et une intensité variables. Les ames, d'ailleurs, après avoir passé par les sphères, parcouraient aussi le ciel des fixes où étaient les douze signes, et delà revenaient à Tempyrée. C'est par les douze signes, dit Clément d'Alexandrie (à), que les ames retournent à leur principe. C'est la même idée (b) que présente la grande roue aux douze sceaux , ou à laquelle sont attachés douze vases. Jésus-Christ, suivant les Manichéens, construisit une machine pour le salut des ames. Cette machine est une roue à laquelle sont attachés douze vases. La sphère fait tourner cette roue, laquelle enlève dans ses vases les ames des morts. Le grand astre, qui est le soleil, les attire par ses rayons, les purifie et les remet à la lune, jusqu'à ce qu'elle en soit toute pleine.

(a) Clera. Stiom., 1. 5, p. 5gg, — (b) Bcausobr«, !.*,!. 7, c. 6.

Car Manès croit que le soleil et lu lune sont deux vaisseaux. La lune étant remplie d'ames, s'en décharge dans le soleil} puis elle en reçoit aussitôt d'aulres par le moyen des vases qui descendent et qui montent sans cesse. Ces ames passent de-la dans la colonne de gloire qui est appelée Vair parfait. Cet air parfait est une colonne de lumière qui est remplie d'ames purifiées* Voila par quel moyen les ames retournent dans le ciel. On sent que le nombre ia, ou celui des signes, doit jouer un rôle important dans ces sortes d'ouvrages mystiques, et que c'est par cette raison qu'il figure souvent dans l'Apocalypse ou dans l'ouvrage d'initiation sur l'exaltation de l'ame vers la lumière éthérée, et sur son retour au monde brillant et intellectuel, dont eelui-ci n'est que l'image , et d'où elle est primitivement partie.

Les anciens cabalistes (a) ont conservé des vestiges de l'importance que l'on attachait à ces deux nombres sacrés septet douze. Il y a, disent-ils, sept triades; la triade suprême, la triade inférieure, la triade orientale, occidentale, septentrionale, méridionale, et celle du milieu où est le temple saint qui soutient tout. Il a douze portes où sont gravés douze signes célestes , dont le premier est aries ou l'agneau. Il y a aussi douze gouverneurs, etc.

Les Manichéens avaient douze éons qu'ils appelaient les douze gouverneurs (&), et qui n'étaient autre chose , dit Bcausobre., que les douze génies qui présidaient aux douze signes.

C'est à raison de ces douze signes qu'on avait aussi

(«) Simon Joachites, extr. de l'ancienne Cabale; Kirker, OEJipe, t. 3 ,p. io3. — (6) Beausobrc, t. a, p. 5o{ , l. 7, c. 6, S i-

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imaginé douze vents, sur lesquels influaient ces signes (a).

C'est par la même raison que la dodécade fut destinée à exprimer le monde , dans lequel la division par douze était la principale et lapins renommée (b).

Nous trouvons dans Martianus Capella , qui écrivait dans les premiers siècles de l'Église , et dont l'ouvrage, comme nous l'avons remarqué , tient beaucoup du génie de l'Apocalypse , la distinction des divisions célestes en sept et en douze avec celle des génies et des Dieux qui v présidaient; d'où résulte une distribution des Dieux en sept et en douze grandes divinités. L'auteur suppose (c) que le héraut des immortels convoque le sénat des Dieux, à la tête desquels paraît le conseil des douze grands Dieux qui forment le sénat de Jupiter ; et ensuite sept autres grandes divinités qui forment un corps se-

IWI c Ut; 9 UUU&Ci

C'est au milieu de cette assemblée qu'il fait paraître le Dieu-soleil , dont il nous fait une description h peu près semblable a celle que l'auteur de l'Apocalypse nous fait du génie lumineux qu'environnent les sept chandeliers. Il est de couleur d'or, tout rayonnant; une lumière vive le précède , et répand son éclat brillant dans toute la salle de l'assemblée. Jupiter lui-même en est ébloui. Sept sphères, qu'il tient en sa main, sont comme autant de miroirs concaves qui réfléchissent la lumière qu'il verse à grands flots. Ce génie solaire ressemble presque trait pour trait au génie lumineux du premier chapitre, lequel parait ceint au-dessous des mamelles

(*») Auhfgclle, I. a, c. ai. — (b) Tmufe de Locres, c. 3. Edit Fait , •ect. 8. — (c) Do Nuptiis Pbiiolog., 1. i, c. 4 et 5.

DE LAPOCALYPSE. 4^7

d'une ceinture d'or, qui, sans doute, représente le zodiaque ; génie dont les yeux ressemblent à une flamme de feu , dont le visage était aussi brillant que le soleil dans sa force, et qui avait dans sa main droite sept ' étoiles. N'est-ce pas visiblement là le Dieu-soleil qui paraît dans rassemblée des Dieux tout rayonnant de lumière, et portant dans sa main droi|p sept sphères qui réfléchissent la lumière? Au lieu des sphères, ici ce sont les astres qui sont attachés à ces sphères, et qui y circulent. Le tableau est le même. Ce sont les sept étoiles du monument de Mithra, les sept chandeliers ou le chandelier à sept branches , qui, suivant Clément d'Alexandrie, Josèphe et Philon, représentait les sept sphères dans lesquelles le soleil verse .sa lumière. Jamais ressemblance ne fut plus parfaite*

Dans ce même sénat ou assemblée des Dieux, Junon y est représentée à peu près comme la femme qu'on voit paraître dans le douzième chapitre de l'Apocalypse , portant sur sa tète une couronne de douze étoiles. Au lieu d'étoiles, ce sont douze pierres précieuses qui représentent toutes les couleurs que prend la lumière. Ces pierres sont groupées par trois, comme les signes et les saisons , et ont une teinte semblable à celle de la t*rrc dans les différentes saisons. Nous aurons occasion d'en parler ailleurs. Nous l'indiquons seulement ici , afin de multiplier les traits qui rapprochent entre eux ces différons tableaux dont l'astronomie a crayonné le dessin , et de justifier la méthode d'explication que nous suivons pour l'Apocalypse, en faisant bien saisir le génie des ouvrages de ces siècles- là , et connaître l'usage fréquent que l'on y fit des divisions et des figures astronomiques dans la composition des tableaux allégoriques de la mys-

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ticité ancienne. Martjanus Capella (a) nous peint ailleurs Minerve ou l'Isis, mère du soleil, portant sur sa tête un eourdnne à sept rayons.

Le même auteur, continuant le portrait du Dicu-solcil , nous peint son corps tout environné de "flammes ; il lui donne des ailes aux pieds , un manteau de pourpre chamarré d'or. Sa «Jiaussure était d'un métal brillant formé d'or et d'airain fin [i4*]* Le génie-lumière de l'Apocalypse a aussi des pieds semblables a l'airain (b) fin , quand il est dans la fournaise ardente. C'est encore à peu près la même idée.

Il était armé d'une épée à deux tranchans. Le Dieusoleil, dans Martianus Capella, porte de la gauche le bouclier de Mars, et de la droite un flambeau, comme la dadouque d'Eleusis qui représentait -le soleil.

En comparant ces deux tableaux, il est difficile de trouver plus de ressemblance d'où nous concluons que l'auteur de l'Apocalypse a ouvert la scène par le spectacle de la lumière éthérée répandue dans les sept corps planétaires, et par le portrait du Dieu qui l'y verse , et qui en est en quelque sorte la source , enfin du Dieu qu'on révère dans tout cet ouvrage d'initiation , et dout la troupe des initiés -célébrait les mystères sous le signe de l'agneau, le premier du zodiaque, qui ouvrait la carrière du Dieu-soleil.

Ce signe fut à ce titre un des plus fameux dans les emblèmes sacrés de l'antiquité. On l'appelait signe royal (c) , le chef des signes , le conducteur des douze • animaux. L'astrologie y avait placé le lieu de l'exaltation

(a) Martian. Capell. de Nuptiis Phil., 1. i, c. 4- — (&) Aporalyps*. c. r, 14, 16. — (r) Hrmic, 1. a, c. ia

du soleil et de son triomphe , le point où sou influence était la plus féconde et la plus demiourgique.

C'est là, sans doute, ce qui fut la base de cette prière tles Chrétiens : Emilie agnum dominatorem tcrrcB. Dans le planisphère égyptien imprimé dans Kirkcr , ce signe est intitulé : Porte des Dieux. Il n est donc pas étonnant qu'il joue le premier rôle dans un ouvrage d'initiation aux mystères de- la lumière répandue dans les sept planètes et dans les douze signes , dont le chef et le premier est aries ou l'agneau , commencement de la carrière du soleil et point de sa course oùil fait triompher, pour la première fois , le jour sur les ténèbres de la nuit, dont la durée commence à être plus courte que celle du jour. Ainsi , le nombre sept , le nombre douze et l'agneau aries y devaient nécessairement former les principaux traita caractéristiques de cet ouvrage , et marquer d'une manière frappante ses rapports avec l'ordre de l'Universel avec les divisions astronomiques. Car lebut de toute initiation, suivant Sali us te le philosophe (a), est de lier Thomme à Tordre du monde et aux Dieux. Proclus,dans son Commentaire sur la République de Platon (&) , annonce à peu près la même chose. Qui ne connaît pas , dit-il , que les mystères et les initiations ont pour but de retirer notre ame de cette vie matérielle [i43] et mortelle, de l'unir aux Dieux, et de dissiper les ténèbres qui l'offusquent en y répandant la lumière divine ? Cette lumière qui éclaire l'initié est celle que nous avons vue briller dans son foyer primitif, et de-là se répandre dans, les sept grands corps qui éclairent le monde, et parlésquels passe notre ame , soit en descendant sur la terre ,

Sali ust., c. 4 , p. x{<). — (b) Procl. in Tim., p. 3G<).

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soit en remontant vers la région lumineuse ou lTéther, sa* patrie, et le lieu d'où elle tire «on origine. Ce tableau doit donc partout nous être retracé dans cet ouvrage; partout on doit trouver des allusions à la distribution du monde et k ses divisions , puisque c'est du sommet du monde au point le plus bas, et réaproquejnent , que se fait ce voyage de l'ame et ce fameux retour vers la divinité qui était le grand vœu et la grande promesse de l'initiation.

D'après tout ce que nous venons de dire, on conclura aisément que Y Apocalypse n est point, je ne dirai pas un ouvrage révélé , car qui peut croire encore aux révélations ? mais qu'il n est point un outrage composé de parties bizarres , sans plan, sans marche certaine, sans dessin et sans but ; enfin , l'assemblage confus des rêves d'un malade en délire, comme l'ont jugé les philosophes. Il a des rapports marqués avec la Nature, une suite d'idées qui tiennent à la métaphysique et à l'astrologie des anciens , noyées , je l'avoue, dans un fatras d'idées exagérées et de figures mystiques monstrueuses, dont il serait difficile de rendre toujours raison, et qui peut-être n'ont eu d'autre but que d'étonner et d'effrayer l'Univers. Mais l'ouvrage, considéré en masse, a un plan suivi et un but décidé. L'examen suivant achèvera de le prouver.

CHAPITRES II et III.

Si le chapitre premier de cet ouvrage décèle- évidemment des rapports marqués avec la Nature , avec l'ordre

cosmique et avec le système planétaire dans lequel se partage la lumière éthérce, le second chapitre n'en a point de moins sensibles avec l'exactitude géographique. Les sept villes désignées dans cet ouvrage n'y sont pas nommées sans choix et sans ordre ; mais elles se suivent dans un ordre continu èt circulaire qui embrasse tout le contour de l'ancienne Lydie , comme on peut s'en assurer par l'inspection de la carte de l'ancienne Asie - Mineure par Danville. A partir d'Éphèse, en s'avançant au nord, ou rencontre successivement Smyrne, Pergame , et en se repliant circulai rement vers le midi, on trouve Thyatirc , Sarde, Philadelphie et Laodicée, où se termine le cercle commencé à Ephèse. Les villes se suivent dans ce livre de l'Apocalypse absolument comme sur les cartes. Ephèse est la première , non-seulement parce qu'elle est plus voisine de Pathmos , mais encore parce qu'elle était sous la tutelle de la première planète , la lune , la grande Diane d'Ephèse.

En considérant l'initiation comme une véritable francmaçonnerie qui souvent avait plusieurs loges , il est à présumer que le nombre sept , si familier dans la mysticité ancienne , en aura déterminé le nombre, et que chacune de ces loges aura été mise sous l'inspection d'une planète. Ainsi la loge d'Éphèse avait été désignée sous la dénomination de Diane on de la lune, etc. Le nombre sept, dit Isidore («) de Séville, est pris souvént pour l'expression de l'Univers , et par conséquent aflecté à l'universalité de l'Eglise [i 44]? comme a fait Jean dansl'Apoca- . lypse où l'Eglise universelle est représentée par les sept églises dans lesquelles sa totalité parait distribuée. Et l'É-

(«) lûd. Orig , I. 6, c. 16.

glise elle-même est souvent désignée par la lone. Ces allusions aux planètes et aux sphères n'ont rien qui ne paraisse fort vraisemblable à quiconque connaît tout le génie de la mysticité astrologique. Si on examine le caractère du génie tutélaire ou de l'ange dF.phèse (à) , on verra qu'il est caractérisé , comme Diane, par l'esprit de chasteté qui lui fait détester les nicolaïstes qui avaient consacré la débauche.

Pour l'ame qui s'élevait à la contemplation des Dieux, et qui s'efforçait de remonter a la sphère éthérée et à la région des Dieux, le cancer était la première porte la plus voisine de la.terre ; on l'appelait porte des hommes. Le capricorne , qui lui est opposé, était la plus voisine de l'empyrée-, on l'appelait celle des Dieux. Il résulte de cette idée une distribution des sept planètes dans les signes. La lune , la plus voisine de la terre , se trouva domiciliée au cancer; et Saturne, la plus éloignée, fut casée sous le capricorne. Cette théorie des domiciles est développée dans Macrobe (b) et dans Porphyre (c) qui en fait mention à l'occasion de l'antre mithriaque où ces distributions étaient tracées, et où les routes des ames à travers la sphère étaient marquées. Elle n'était donc pas étrangère a l'Apocalypse , ouvrage qu'Origène met en parallèle avec les Mithriaques , et qui , suivant lui , exprime l'élévation de l'ame vers les objets divins.

D'après les principes de cette distribution, la première porte et la première planète qui est rencontrée par l'ame qui remonte à sa source est donc la lune , la grande Diane d'Éphèse , le génie. tutélaire de cette ville et de la société

(a) Apocalypse, c. a, 6. — (6) Soin. Scip., I. i, C. ai. — (c) Porp. de Ant. Nymph.,p. lai.

<les inities qui y résidaient, et à qui l'hiérophante donne une petite leçon au nom du principe lumineux qui préside à tout le système céleste et aux sociétés religieuses qui lui sont subordonnées.

Le soleil , dans cette distribution de domiciles , domine sur le lion ; Mercure sur la vierge, et conséquemment Vénus occupe la quatrième place. Elle sera donc le génie de la quatrième église ou de Thyatire.

Voyons dans l'Apocalypse (a) quel est le caractère djstinctif de cette quatrième église. C'est l'étoile du matin ou la belle planète de Vénus. Je lui donnerai, dit -il , l'étoile du malin , slellam matutinam, phosplioron , véritable nom de Vénus-planète. Quel reproche fait - on à cette église ? De tolérer la fornication d'une certaine Jézabel (6) dont le caractère est bien opposé à celui de la chaste Diane d'Ephèsc. Voilà donc, déjà deux points qui lient le caractère des églises avec celui des planètes i et 4* Si nous passons à la dernière église (c) et à son génie tutélaire , nous y reconnaîtrons presque tous les traits que l'astrologie donnait au vieux Saturne, vieillard lent et glacé. Firmicus (d) , parlant des influences planétaires , dit de Saturne qu'il rend les hommes lents et avares ; ailleurs qu'il est froid, obscur, réduit à la plus grande

L'auteur de l'Apocalypse (e) dit de l'ange ou du génie tutélaire de la dernière église, qu'il est nu, pauvre, aveugle ; et il lui reproche sa tiédeur.

Le temps et de nouvelles recherches, tant sur les qua-

(«) Apocalypse, c. a, r. a8. — (b) Ibid., c. ao. — - (c) Ibid., c. 3 ,

r. i5 (d) Firmic, I. f , o. i ; id., 1. a , c. a. (e) Apocalypse, c. 3 ,

lilés planétaires et su*- leurs rapports avec le caractère que l'Apocalypse donne aux sept génies inspecteurs des sept loges ou des sept églises, que sur les monuinens anciens qui nous peuvent faire découvrir quelles étaient les planètes spécialement honorées dans les sept villes, pourront jeter un nouveau jour sur la correspondance des églises avec les planètes ; correspondance qui est claire dans la première et la quatrième églises, dont Tune a pour Déesse tutélaire, et l'autre pour attribut, Lucifer ou Vénus.

Il est certain , au moins par l'inscription de Milet , dont nous avons parlé plus haut (a) , que les villes de ce pays -là étaient sous la sauvegarde d'une planète et de* l'ange ou archange qui la présidait , puisque le refrain de la prière adressée à cet «rchange est toujours : Sauvez le peuple de Milet.

Il est assez vraisemblable que le prophète , dans son extase , s'élevant à travers les sphères dont la première est la lune , et la dernière Saturne , est censé v avoir aperçu les caractères différensdes églises qui leur étaient subordonnées , et qu'il en a pris l'idée dans celui même de la planète qui influait sur chaque église ; car on sait que ces influences étaient telles que l'ame , en descendant du ciel (b) , se revêtait des qualités de chaque planète , qui altéraient diversement la pureté de sa substance. Cette doctrine d'ailleurs était celle des priscillanistes , comme nous l'avons vu plus haut ; c'est-à-dire de la secte phrygienne (c) , à qui on doit attribuer l'Apocalypse \ d'abord parce que cette secte célébrait tous les

(a) Voyet ci-deMu». — (6) Macrobc. Sont. Scip. , I. i, c. ia. — (c) Brausobre, t. a, 1. 7, c. t, $ 6, p. 4*5.

ans eu Phrygie ses mystères dont le grand but était l'attente de l'apparition de la sainte Jérusalem ; but qui est évidemment celui de l'Apocalypse.

Secondement , parce que cet ouvrage ne peut être attribué qu'à une secte qui était en vigueur à Thyatire , puisque Thyatire est une des sept églises ou des sept loges sœurs. Or , c'était la secte phrygienne qui était en vigueur à Thyatire. L'église de Thyatire était composée toute de sectaires appelés phrygiens. Donc celui qui fraternise avec eux, et qui leur parle avec le ton imposant d'hiérophante , était de la môme secte -, et conséquentment toutes les six autres loges en étaient aussi. Si l'auteur eût été chrétien de la communion qu'on appela depuis catholique , et disciple de Christ, il n'eût pas adressé cette lettre ou prophétie circulaire à la société de Thyatire , qui n'en était pas. Il est évident que , si nous connaissons bien quelle était la secte de Thyatire, nous connaissons celle d'Ephèse , de Smyrne , etc. , puisqu'elles font ici corps commun , et qu'elles reçoivent des avis du même hiérophante. Or, c'était la secte appelée phrygienne dont nous avons parlé plus haut, qui fleurissait à Thyatire , comme on peut le voir dans saint Epiphane.

Ceux qui niaient l'authenticité du livre de l'Apocalypse , et qui rejetaient cet ouvrage comme n'étant point de l'apôtre Jean , se fondaient sur ce que Jean y est censé faire une adresse aux fidèles de Thyatire , et qu'il n'y avait point alors de fidèles à Thyatire (a) ; mais que la religion dominante de cette ville était alors la secte phrygienne , c'est-à-dire la même que celle qui attendait des

(a) Epiph. contr. Haeres., I. a, c. 5i, p. 198.

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