DU CINQUIÈME VOLUME
£i3 Oo remarque que ce root , au commencement , a été consacre par la Genèse. Zoroastre ne Ta répété qu'aiin de noos dire que le bon principe agit toujours Je premier, et que le principe du mal n'agit qu'après lui.
« Plantaverat autem dominus Deus (hortum amœnum ) paradeison » Toluptatis à principîo, iu quo posuit hominem quem formaverat. »
La Genèse, comme Zoroastre f met dans ce lieu un fleuve qqi se divise en quatre branches. « El egrediebatur fluvius de loco voluptatis, a Cest le fleuve d'Eiren dans lequel le serpent répand ensuite le froid.
[a] Àcquelil (a) pense qu Ereinè-Vedio est l'Iran ou l'Aran, portion de l'Arménie, pays véritablement délicieux. Cest Tlbérie et TAlbania décrites dans Strabon, aujourd'hui l'Aran et la Géorgie, le plus beau climat du monde. ^
£3] « Et egrediebatur fluvius de Joco voluptatis ad irrigandum pa- » radisum , qui indè dividitur in quatuor capita. Nomcn uni Phison : » ipse est qui circuit omnrm terram Hevilath , ubi nascitur aurum.... » Kl nomen flufii secundi Gehon:ipse est qui circuit omnem terram » AEtbiopi». Nomen fluvii terUi ïigris : ipse vadit contra Assyrie*. » Fluvius autem quartus ipse est Euphrates. » ( Gènes, cap. a, v. 10. )
C43 ^*e5 peuples de la Colchide, voisins des Ibri ou Ibcri, ont conservé encore long-temps l'usage de la circoncision , qui leur était commun avec les Egyptiens, les Juifs (b) et les Ethiopiens. Il y a beaucoup d'apparcuce que le nom des F.bri, que Ton donnait à ces Hébreux, est une altération de celui, des Ibri ou Iberi de l'Albanie, ou des nations qui demeuraient au-delà de l'Euphrate et de ses sources , entre la mer Caspienne et la mer Noire. Ce pays est aujourd'hui l'Aran.
Les livres hébreux nous rappellent vers l'Arménie, non-seulement en
ta) Tcad-AvciU , t. i. fart, a , i>. a63. — (V Hérodote , I. a , c. 104.
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les fleuves qui y coulent , dans la fable d'Adam , mai et montagne» dam la fable du déluge. Donc les de ce» ouvrages habitaient ce» liens, t e* Grec* chantent leurs et leur* villes; les Indien* le Gange; et c'est su ries confins de l'Arménie et de la Perse que nous trouvons le réparateur Mîthras. Tons ces traits ne sont point à négliger. Ces pays étaient anciennement tréshabites. On y trouvait de grandes villes, de beaux édifices (a), des places bien décorées , des édifices publics magnifiques, et en général tout ce qui tient à l'opulence et à la civilisation. On parlait Jusqu'à vingt sis langues dans ces pays (b), ce qui annonce les restes d'ancien* ncs peuplades qui s'étairnt succédées sur cet heureux sol.
[5] Une chose assez remarquable, c'est que, dans Origrne (c), on reproche sut Juifs le même culte que celui que Strabon suppose établi en Arménie ef en Albanie (<f). Héracléon y dit aux Juifs : « Qu'eux qui i> prétendeut seuls connaître le vrai Dieu, l'ignorent néanmoins, puis- » qu'ils prostituent leurs hommages aux génies, aux mois et à la » lune. V
flfl} Si le Géon est , comme on le dit communément , le Wil , il s'ensuit qu'ils ont voulu designer en général la terre qu'ils connaissaient, du nord au midi, arec les grands fleures qui étaient les plus fameux chet eux, tels que l'Araxe on le Pbasia, le Tigre, l'Euphrate et le
L«ylio Giraldi , in Pythai*. Aymb, , p. oi , nous a de Zoroastre sur l'ame, dan# laquelle on remarque une tique sur I*'» quatre tlenvcs du Faradis j ce qui prouve que ces de PKden on de ITreu n'étaient point étrangers à fâ
[^Hnm, dit Beausobre (t. 5, c. i , p. 144 ) , n'a plus rassé les philosophes en général , soit les païens, soit les ehrétiei la question de l'origine du mal. 11 y a du mal dans le monde; il s'agit de savoir d'où il vient, et c'est ce qui a toujours paru très-diifieile. Beaosobre cite à ce sujet nn beau morceau de Maxime deTyr. ( Orat. *5, p. i|4 î Origen. contr. Cels. 1. 4 , p« 307; et S. Aug. de Ord. I. a, c. 17.)
[8] Rasilides était d'Alexandrie où il érigea une école. Il avait Toyagé en Perse. Cette doctrine, remarque avec raison Beaosobre (é\, avait sa source dans la philosophie barbare, dans celle des mages et des
(«) StnuS , I. 11, p. 499 — C*) n»d., p. 5o3. — (c) Orif. Comn. ia Job».. 14 p sis — (Jy&inh ,1. ir, p 5o3i«tl. 1», p. 557. — (e) Be*uw>br« , t. 1, p. 41
brac hmancs. Aussi saint Rphretn l'apptUe Cherésie des litdes. Il aurait pu ajouter que citait aussi celle de l'Egypte où Basilides tenait son éco\e.
[q3 C'est dans la partie méridionale du monde que les Manichéens plaçaient rem pire des ténèbres (a). La lumière et les ténèbres, c'est - 4-dire, a Dieu avec toutes les puissances célestes, et le démon avec » toutes les siennes , avaient chacun leur empire et leur séjour. La lu- ■ mière tenait les parties orientales, occidentales et septentrional** de » l'espace. Les ténèbres étaient placées vers le midi. » C'est-à-dire, que la ligne tirée de l'orient à l'occident , deux points où naissait et finissait le règne des longs jours , séparait l'Univers en deux parties, dont Tune était l'hémisphère septentrional, et l'autre le méridional; que le premier était le domaine de la lumière, et l'antre celui des ténèbres. Cest là qu'est ce pôle abaisse* : Quem Sljx atra videt, manesque prqfwidi {b). L'auteur des Psaumes demande à être délivré a dœmone meridiann.
Tite de Bostres (c) dit: Mcridiannm parlent malo tribuunt Manichori . Simplicins ( in Epict. c. 34 , p. i65) et Théodoret ( Hares. Fab. 1. i , p. a6 ) attestent la même chose. Dans le Boundesh, p. 35 1 , etc. Ahrimane se réfugie vers le midi.
Abulfarage (Dynast. p. 8a) raconte que le Dieu Bon remporta la victoire et chassa le démon des parties du midi, où il tâcha de se créer un mon Je sur lequel il dominât. Il commence, et déjà il crée au pôle austral une constellation semblable à celle de l'ourse, lorsque les an^cs s'entremettent et font la paix entre les deux Dieux , à condition que l« Dieu Bon jettera dans la matière quelque partie de la substance céleste. Ce fut là ce qui donna lieu à la création de notre monde, qui est sujet à la génération et à la corruption, et sur lequel le méchant domine.
[io] Cette cosmogonie dit que l'homme cultiva la terre, les arbres et les plantes. Celle des Juifs dit également : «c Posuit eum in paradiso » voluptatis , ut operaretur et custodiret illum. »
[i t] Les Manichéens entendaient par le paradis terrestre le monde dans lequel le bien et le mal sont mêlés (</). 11 est vrai qu'ils appliquaient 'au mal moral ce qui doit s'entendre du mal physique. A l'égard du paradis, les Maoichéeus disent {c) que a c'est le monde, et que tes arbres » du paradis ne sont autre chose que les objets de la convoitise; que » c'est tout ce qui séduit les hommes et corrompt la raison. Mais pour
(m) B«aua»br« 1 1. a, p. 398. — (*) Yirg. GeOrg 1 1. 1, y. «43. — (r) TU. Coll. 880. — (</; Epîpb. adrer*. ttare» , c. 66. — («) B«amM t. •> , p. 45a.