‹ Origine de tous les cultesChapitre 34 sur 180 · CHAPITRE II. 8l · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. 8l

lance pure et lumineuse , dont le soleil est émané , et . qui enfantait le Dieu-lumière , que se célébrait à Sais la fameuse fête des lumières , sur laquelle est calquée notre cbandeleur, ou notre fête des lumières de la purification.

Une nouvelle preuve encore que le Dieu-lumière , fils de la vierge Isis , est celui qui naît sous l'ascendant de la vierge céleste , c'est que les traditions anciennes ont encore conservé le souvenir que le jeune Ho rus, ouDieulnraière, (ils d'Isîs (a), avait été élevé par Icare ou par le Bootès qui accompagne la vierge céleste , lequel monte avec elle et la suit partout. Nous avons fait déjà usage de celte remarque dans notre chapitre sur Isis.

Les Égyptiens ne sont pas les seuls qui célébrassent au solstice d'hiver la naissance du Dieu-soleil, ou la grande fèiedu soleil nouveau. Elle était aussi connue des Romains qui célébraient les fêtes solaires et les jeux du cirque au solstice d'hiver, en honneur de la naissance du Dieu-jour. Ils la fixaient au huitième jour avant les calendes de jan- \ier, c'est-à-dire, au *5 décembre, précisément au même jour auquel les Chrétiens célèbrent la naissance de leur Christ, ce futur réparateur de la Nature dégradée, qui doit à l'équinoxede printemps rentrer dans le séjour de sa gloire.

Servius , commentant le vers 720 du 7* livre de i'Énéïde , où le poète parle du soleil nouveau, dit que proprement le soleil est nouveau le 8 des calendes de janvier, c'est-à-dire le jour où les Chrétiens fêtant leur Dieu nouveau-né.

C'est à ce jour que Pline (b) fixe brama ou le corn*

L«) Saloiasius. Ann. Clirott. , p. 5tf. - (») P!in. HU\. N.t., 1. 18, TOME V. 6

menrcmetit de l'hiver, et les fêtes brumalia. Les anciens, dit Macrobe (a) appelèrent ce solstice brumale du mot bruma, qui tire son origine de la brièveté des plus courts jours. Ce sont là sans doute ces solstices que Fauste, Manichéen, reprochait aux catholiques de célébrer (b). Beausobre prétend (c) que ce Manichéen en veut indirectement à la fête du Christ, fixée au a5 décembre dans tout rOccident.

Ce qu'il y a de certain, c'est que , dans le temps de Léon Ier (d)n il y avait des docteurs qui disaient « que ce qui rendait la fête vénérable , était encore moins la naissance de Jésus-Christ que le retour, et, comme ils s exprimaient, que la nouvelle naissance du soleil [26]. »

C'est dans ce même jour que Ton célébrait à Rome la naissance du soleil invincible , nataîis sotis invicti , comme on peut le voir dans le calendrier romain, publié sous le règne de Constantin et de Julien (e).

Ce calendrier qui contient l'indication de tontes les fêtes païennes ou des soi-disant païens, lesquelles sont souvent annoncées parle passage successif du soleil dans les diflérens signes , se trouve imprimé ^lans l'Uranologie du P. Petau, t 3 , p. ya. On y lit au VTII kal. jan. ces mois, N. invicti. C. M. XXIIII, ownatalis invicti, naissance de l'invincible. Le même P. Petau, dans les notes sur l'hymne au soleil de l'empereur Julien , insiste sur cette correspondance de la nativité dn Christ , jour pour jour, avec les anciennes fêtes de la naissance du soleil, et renvoie à son ouvrage intitulé Auctarium. 11

(a) TOacrob. Sat., 1. 1, o. ai. — (b) Taust. a pu 3 August., 1. 00. — (<?) Beautiobr., t. 1 , p. 6gt. — (</) Léo. Serin. it ; de Nativ. Dom», p. 148. — (*) Hytnn. au Soleil , p. i55.

CIUMTI1E 11. «5

lettres C M. par Cinuwet mis si.

Effectivement , l'empereur Julien parle de fêtes solaires célébrées h celle époque du temps , ou au moment où le soleil remonte, et on les jours vont commencer à croître. « Nous célébrons» dit -il (a), quelques jours avant le premier jour de l'an [^7], de magnifiques jeux en l'honneur du soleil, auquel nous donnons le titre à' Invincible. Que ne puis-je avoir le honneur de les célébrer souvent , è soleil , roi de l'Univers , toi que de toute éteruité le premier Dieu engendra de sa pure substance! »

Le père Pc tau observe que les Romains donnaient aussi à leur Jupiter le titre d'invincible , et on voit d'anciennes monnaies représentant un jeune enfant sur le bouc ou sur le signe dans lequel le soleil commence sa course au solstice , avec cette légende : Jopi cresc<mli;ct qui ne peut convenir qu'au soleil ou an Dieu invincible ,

Cette éphhète dWicte, donnée «11 Dieu-soleil qui naissait au solstice d'hiver est celle que les Perses donnaient au même Dieu qu'ils honoraient sons le nom de Mithra, et qunb faisaient naître dans une grotte (6), comme les Chrétiens l'ont £ut naître dans une étabte sous le nom de Christ.

De toutes les formes du culte rendu au soleil, c'est avec celle des Perses que la secte de Christ semble avoir plus de ressemblance. C'est pourquoi nous nous attacherons à les développer et à en faire saisir les rapports avec la religion chrétienne qui semble être une branche de la religion de Zotoastre, comme nous avons vu qu'en des-

(«) llymn. ad Sotem, p. — (*) Justin, Oiàl, eu m Tryph-,

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ccndait la cosmogonie judaïque , avec laquelle le christianisme est si étroitement lié.

Les pères de l'Eglise ou les docteurs chrétiens ont reconnu eux-mêmes que de toutes les opinions que les païens avaient de leur religion, la plus raisonnable et la plus vraisemblable était celle qui l'assimilait à la religion des Perses [28], et qui prétendait qu'ils n'adoraient , sous le nom de Christ , que le Dieu-soleil (a) appelé Mithra chez les Perses. Tertullien rapporte tous les caractères de ressemblance qu'il y avait entre les opinions et les pratiques religieuses de ces deux sectes , savoir celle de Mithra et celle de Christ. Saint Justin (b) , un des grands défenseurs de la sagesse du culte des Chrétiens , ne manque pas d'en faire voir la ressemblance avec le culte de Mithra , soit pour les traditions sur la naissance de Mithra et sur celle de Christ, soit pour les consécrations mystiques des deux religions. Ainsi , nous somme* auto* risés par les sectateurs du Christ à établir un rapprochement qu'ils avaient fait eux-mêmes , parce qu'il était trèsnaturel , et à faire voir la filiation ou même l'identité des deux cultes. Les auteurs païens l'avaient aperçue et peutêtre prouvée dans des ouvrages que nous n'avons plus , et dont nous n'avons que le résultat dans le témoignage de Tertullien. Il ne cite que les preuves que l'on tirait de l'usage où les Chrétiens étaient de prier vers le soleil levant, de célébrer le *jour du soleil, et de l'appeler le jour du Seigneur ; épithète que les adorateurs du soleil donnaient à ce Dieu , Domine sol.

La grande divinité des Perses était le Dieu-soleil dont

(a) Tertull. A polo g., p. ia; Ibid. déCoroni, p. ni. — (b) Justio. Apologct., 1. a, p. 98; Dialog. cum Tiyph., p. 3o5.

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