‹ Origine de tous les cultesChapitre 33 sur 180 · CHAPITRE II. jg · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. jg

appellent Baccapée et Briséïs , et comme les Napolitains, en Campanie, peignent le Dieu qu'ils honorent sous le nom d'Hébon. Ces différences d'âges sont relatives au soleil qui semble être un tendre enfant au solstice d'hiver, tel que le représentent les Égyptiens à cer- ^ tain jour où ils tirent du fond de leur sanctuaire son image enfanùne, parce que, le jour étant alors le plus court , ce Dieu semble n'être encore qu'un faible enfant. Prenant ensuite des accroissemens , il arrive à l'équinoxc de printemps sous la forme d1 un jeune homme vigoureux, dont ses images empruntent encore les traits ; puis il parvient à sa maturité désignée par la barbe touffue qu'il porte dans les images qui le représentent au solstice d été , lorsque le jour a pris tous les accroissemens dont il était susceptible. EnCo, il décroit ensuite insensiblement , et arrive à sa vieillesse retracée par l'état de décrépitude où il est peint dans les images. »

Les Kgyptiens célébraient effectivement , au solstice d'hiver , la naissance du fils d'Isis [a) et les couches de la Déesse qui avait mis au monde ce jeune enfant, faible et débile, né au milieu de la nuit la plus obscure. Cet enfant, suivant Macrobe , était le Dieu-lumière , Apollon ou le soleil, peint la tète dépouillée de sa chevelure rayonnante , la tète rasée et n'ayant qu'un seul cheveu. On désignait par-là , dit le même auteur, l'affaiblissement de la lumière au solstice d'hiver , et la courte durée des jours , ainsi que l'obscurité de l'antre profond où ce Dieu semblait naître , et d'où il partait pour s'élever vers rhémisphère boréal et vers le solstice d'été , dans lequel il reprenait son empire et sa gloire (b).

(«) Wui. <U ls., p. 373, 377, 378. — (*) Mac. Stt.,1. 1, c. ai, p.*6*>

C'est cet enfant , dont la vierge Isis se disait la mère clans l'inscription de son temple à Sais (a), où on lisait ces mots ; « Le fruit que fai engendré est le soleil (b). » Cette Isis de Sais a été prise avec raison, par Plutarque , pour la chaste Minerve , qui , sans craindre de perdre son titre de vierge, dit néanmoins d'elle-même quelle est la mère du soleil. Cette Isis-là ne peut être la lune ; car jamais elle n'a dù être appelée la mère de l'astre qui lui prête sa lumière. Quelle est-elle donc? La vierge même des constellations qui , dans Eratosthène (c) , savant d'Alexandrie , s'appelle Cérès ou Isis ; cette Isis qui ouvrait l'année et qui présidait à la naissance de la nouvelle révolution solaire et du Dieu- jour ; enfin celle dans les bras de laquelle nous verrons bientôt le petit enfant symbolique.

Produs qui a rapporté , ainsi que Plutarque , l'inscription du temple de la vierge de Sais, mère du soleil, qu'ils disent l'un et l'autre être la même que Minerve , parlant du siège que cette Déesse affecte dans les cieux\ lui donne deux places , l'une près du béHer ou de l'agneau éVpûnoxial , dont le Dieu-lumière prend la forme au printemps, et l'autre* dans la vierge céleste , ou dans le signe qui préside à sa naissance (et); en sorte qu'il paraît que l'Isis mère du soleil , a laquelle était élevé le temple de Sais , était celle qu'Eratosthène place dans la constellation de la vierge qui ouvrait l'année. L'image symbolique de l'année elle-même était une femme appelée Isis , suivant Hor-Apollon , grammairien d'Kgypte (e). C'était en l'honneur de cette même vierge, image de la subs-

(«) Plot, deiside, p,354. — (b) Procl.in Tim., p. 3o. — (<:) Erato»., 7. - (d) Prod. in Tim., p. 43. - (e) Hor. Apoll., t. i, c. 3.

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