‹ Origine de tous les cultesChapitre 37 sur 180 · CHAPITRE Ir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ir

mencait à revenir vers nous et à accroître la durée du jour. Cest le sentiment de M* Frëret (a) ; c'était, dît ce sa?ant, la plus grande fête de la religion des mages. M. Hvde (b) la fixe également vers le solstice d'hiver. Le calendrier romain , que nous avons déjà ché* , et qui fot publié sous Constantin , la fixe clairement an a5 décembre. Ce fat aussi sous Constantin que ce culte commença à s'accréditer en Occident et À faire quelque fortune. Car il n'y a pas de doute que ce ne soit la fête de la naissance de Dieu , qui est indiquée par ces mots de iV. /. ou Nataîis invicli [3i] , puisqu'il est vrai qu'il s'agit de la naissance du soleil avec lequel on a toujours confondu Mithra. D'ailleurs, l'épi tliète iïinvictus est celle que tous les monumens de ce temps-] à donnent à Mithra. De-la ces inscriptions des statues et des images de ce Dieu. « Deo-soli invicto Mithtw : au Dieu-soleil invincible Mithra. Nomen in\nctun\sol Mhhra... Deo-sotiinvicto Mithiw et lunœ œternœf on soli omnipotenti Blithrœ. *

Ainsi Mithra et Christ naissaient le même jour, et ce. jour était celui de la naissance du Dieu-soleil. On disait de Mi dira qu'il était le soleil , et £e Christ qu'il était la lumière qui éclaire l'homme venant dans le monde.

Mithra naissait dans une grotte, et Christ dans une étable ; c'est un parallèle qu'a fait saint Justin (c) luimême. « Il naissait le jour où le soleil prenait naissances in stabulo Augiœ , autrement dans la station du bouc céleste, où nous avons vu que répondait l'étable d'Augias,

(a) Mém. de TAcad. des Bel)es-Lelttr« , I. 16, p. 1*0. — {h) Hydo. Vef. Relig. pers., p. 147. — (c) Justin. Diatog. cum Tryi'h , p. rlîo|

g 3 RELIGION CHRETIENNE.

dans le sixième travail d'Hercule. » Ce père ajoute mémo . que Christ né dans une étable s'était aussi réfugié dans une grotte.

Qui sont ceux qui viennent rendre hommage à Christ naissant ? Ce sont les prêtres de Zoroastre , les adorateurs de Mithra, enfin les mages. Que lui offrent-ils ? Les trois présens qu' ils faisaient à leur Dieu ou au soleil ; l'or , l'encens et la myrrhe. Le savant père Kirker (a) nous a donné l'énuméralion des différens métaux , plantes et végétaux , que les Arabes , les Chaldéens et les autres Orientaux avaient affectés à chaque planète. Or, ces trois choses sont celles qui étaient consacrées au soleil. Tout le monde sait que l'or est le métal que les anciens ont consacré au soleil, comme l'argent Test à la lune , etc. Les alchimistes nous ont encore perpétué ces distribu lions astrologiques des métaux.

Par où sont-ils censés instruits de la naissance du Dieujour ou du Christ? Par J'astroogie. C'est dans le ciel qu'ils voient le type du Dieu nouveau. C'est à l'orient [32] , c'est-à-dire , au point même de l'horoscope , qu'ils reconnaissent la naissance du fils de la vierge : « Nous avons vu son étoile à l'orient , disent-ils (ù). » Eh bien regardons avec eux à l'orient au moment précis . de cette naissance. Qu'y verrons-nous ? La vierge mère du Christ , et dans ses bras l'image d'un jeune enfant nouveau-né qu'elle allaite. En effet , si l'on monte un globe de manière à mettre le capricorne, dans lequel entrait le soleil au solstice d'hiver , sous le méridien inférieur , on verra que le premier signe du zodiaque qui se trouve alors monter sur l'horizon à l'orient, et fixer

(«) OEdipe , t. a , part, a, p. 367. — (b) Et. Math., c- a, v.

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