‹ Origine de tous les cultesChapitre 38 sur 180 · CHAPITRE II. g · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. g

l'heure du moment natal du jour ou du Dieu-soleil, dont on fête la naissance à cette époque , c'est le signe de la vierge. Elle est nommée Cérès , et Cérès elle-même s'appelait la sainte vierge (a) , et donnait naissance au jeune Bacchus des mystères. C'est cette constellation dans laquelle Proclus place le siège de Minerve qui , dans son inscription du temple de Sais (&), se dit mère du soleil, sans perdre son titre de chaste vierge. C'est cette vierge que le savant garde de la bibliothèque d'Alexandrie , Ératosthène, dit s'appeler Isis (c), la .mère du jeune Orus [33] ou du soleil ; vierge dont on fêtait les couches à ce même solstice (d) ; celle qui pleurait la perte de son fils , et qui se réjouissait quelques jours après de lavoir retrouvé. Enfin, c'est cette vierge à la suite de laquelle monte un grand serpent qui semble la poursuivre , et devant qui elle fuit à laide de ses ailes , emportant son fruit, telle que l'Apocalypse nous la représente (e) ; car il est bon d'observer que c'est encore par cette même constellation que ce tableau de l'Apocalypse s'explique sans que nous ayons rien à changer à notre première détermination.

Cette vierge donc , la seule qui puisse toujours rester vierge , même en devenant mère , la seule qui puisse mériter le nom de reine du ciel , ou de Minerve Belisamè , porte dans les anciennes sphères un jeune enfant entre ses bras, et cela dans la sphère des mages ou sphère persique. Scaliger, dans ses notes sur Manilius, nous a donne la description des trois sphères persique , indienne

(a) Hesych., t. I*« wmf. — (b) Procl. in Tim., I. i, p. 3o. — («) Eratotth., c. 9. — (<J) Plut. d« Istde, p. 377. — («) Apoolypw, c. if »,

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et barbare. Voici ce qo'on lit dans le premier décan , ou sur les dix premiers degrés de la vierge , décati affecté an soleil dans la distribution des planètes entre les trente-six décans [34] : « Ici monte une vierge tont-àfait belle , portant une longue chevelure , tenant en main deux épis , assise sur un trône , élevant un jeune enfant qu'elle allaite et qu'elle nourrit. On voit aussi un homme à ses côtés. » C'est le gardien d'Orus, ou de son fil» , le Bootès.

On trouve dans un manuscrit arabe de la Bibliothèque nationale, n° n65, les douze signes du sodiaque dessinés et enluminés , avec uu commentaire arabe qui en donne l'explication. Le signe de la vierge est représenté par une femme , aux côtés de laquelle est un jeune enfan t , à peu près comme sont représen tées toutes nos vierges , et comme 1 était llsis égyptienne allaitant le Dieu-lumière auquel elle venait de donner naissance , et qu'on présentait ce jour-là au peuple sous l'emblème de l'enfant nouveau-né. Ne doit-on pas reconnaître à ces traits le jeune enfant des mystères , placé entre les mains du signe céleste sous lequel il naît, et qui est censé lui donner naissance ?

Que manque-t-il a tant de rapports réunis pour prouver aux plus ditlicilcs que c'est le Dieu-soleil , ou le jeune Christ, qu'on a voulu désigner et peindre dans les bras de sa mère ? ïl n'y manque que le nom. Le désire-t-on absolument? Eh bien ce nouveau trait, dont l'homme d'esprit ne sent déjà plus le besoin après tant de traits de ressemblance , et qu'après tout l'antiquité et le secret des mystères auraient pu nous dérober sans que notre théorie en fût moins démontrée , nous l'avons heureu-

sèment.

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Alboazar , astronome arabe , que d'autres appellent Abulmazar, nous Ta conservé, et il nomme ce jeune enfant par ses deux noms de Christ et de Jésus , et il dit formellement que c'est notre Christ. Kirker (a) , Selden (b) , le fameux Pic , Roger Bacon (c) , Alberl-le- Grand , Blaeû (<f) , Stoffler (e) et une foule de savans l'ont ci lé, et nous allons encore le rapporter. %

« On voit , dit Abulmazar [35] , dans le premier décan du signe de la vierge , suivant les traditions les plus anciennes des Perses , des Chaldéens , des Égyptiens % d'Hermès et d Esculape , upe jeune fille appelée en langue persane Seclenidos de Darzania, nom traduit en arabe par Adrenedefa , c'est^-dire, une vierge chaste, pure, immaculée , d'une belle taille , d'un visage agréable , d'un air modeste , les cheveux longs , tenant en ses mains deux épis, assise sur un trône , nourrissant et allaitant un jeune enfant que quelques-uns nomment Jésus , et que nons appelons en grec le Girist [36]. » *

Que demande-t-on davantage ? On voulait qu'il fiit nommé. Il l'est, et il l'est sous ses deux noms. Peut-on encore s'y méprendre? Ce passage est précis , et il est de la plus grande force réuni à toutes les autres circonstances ; à celles-ci , par exemple , que la vierge qui le porte , indépendamment de tout système d'explications , montait effectivement * l'orient , à minuit , au moment précis où l'on fixe la nativité du Christ \ que le Christ est né le même jour où l'on fait naître le Dieu-soleil , et enfin qu'on le présente au peuple comme on présentait

(a) Œdipe, t. ?, part. a, p. 901. — (b) Seld. de Diis Syriis, «rut. t, p. io5. — (e) Libro Uoiversit. — {à) Gcesi Cal. Attr., p. 74- — (e) Stett., p. 99.

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autrefois dans les mystères ce même Dieu-soleil sous l'emblème d'un enfant. C'est là ce signe que les mages aperçoivent à l'orient ; c'est là cétte vierge qui devait enfanter un fils qui allait régner sur l'Univers. Cette tradition s'est perpétuée jusque dans nos derniers siècles [3^]. « Nous savons , dit Albert-le-Grand , que le signe de la vierge céleste montait sur l'horizon au moment où nous fixons la naissance de Notre Seigneur Jésus-Christ... Tous les mystères de son incarnation divine et tous les secrets de sa vie merveilleuse , depuis sa conception jusqu'à son ascension, se trouvent tracés dans les constellations et figurés dans les étoiles qui les ont annoncés. »

Effectivement , c'est par elles qu'ils s'expliquent puisqu'ils sont faits dessus.

On n'oubliera pas que le nombre des apôtres qui forment le cortège de Christ pendant tout le temps qu'il remplit sa mission , est absolument celui des signes et des génies secondaires , tutélaircs des signes que parcourt le soleil durant sa révolution. Ils sont ce qu'étaient les douze grands Dieux chez les Romains , chacun desquels présidait à chaque mois [38] ; et ce n'est point par hasard que ce nombre duodécimal se retrouvé chez tous les peuples qui ont adoré le soleil. Les Grecs , les Égyptiens , les Perses , etc. , avaient les douze grands Dieux , comme les Chrétiens mithriaques les douze compagnons de Christ ou du Dieu-soleil. Le chef de ces douze génies de la révolution annuelle avait la barque et les clefs du temps , comme le chef des Dieux secondaires chez les Romains , ou Janus , sur lequel notre saint Pierre est modelé. Ce Janus , ou chef des douze intelligences et des douze génies tutélaires de chaque mois , qu'on désignait par douze autels mis à ses pieds , avait son siège dans

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