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CHAPITRE II. l5g

Denis le voyageur (a) parle des fêles ou printemps célébrées dans les îles de la Grèce , et il les appelle des fêtes de félicitation , en réjouissance du salut , dit Eustbate son commentateur. Ce sont les hilaries des Romains. On les célébrait par des hymnes et des chants en honneur de l'aimable Dieu du printemps aux belles formes, qui venait de commencer son règne heureux.

C'est à la suite de la destruction de l'ancien monde par le déluge ou par la catastrophe que Ton imaginait toujours terminer chaque période , aux approches de l'équinoxe, que vient, dans Ovide (b) , le triomphe du Dieu-soleil Apollon sur le serpent Python , au moment où le monde se renouvelle , et lorsque le cocher céleste, Phaëton , placé sur le point équinoxial du printemps , prend en main les rênes des chevaux du soleil (c).

C'était à l'équinoxe de printemps que les Hyperboréens, dont Oms ou Apollon était la grande divinité , célébraient le retour de leur Dieu au signe de l'agneau ou du bélier équinoxial , et ils prolongeaient ces fêtes jusqu'au lever des pléiades , au rapport de Diodore (cf). L'immersion des pléiades durait quarante jours (e), c'est-à-dire, autant Àe temps que Christ reste sur la terre après sa résurrection et avant de monter au ciel.

Dans l'ouvrage de l'initiation (f) aux mystères du soleil , sous le symbole de l'agneau , ce n'est qu'après que le grand serpent a été vaincu et enchaîné dans le Tartare , que l'on voit paraître la nouvelle terre et le nouveau ciel. Au-dessus est placée la cité sainte dont le chef

(m) Diooy*. Perieg., v. 5a7; Eusthat. Comm. ibid. ; et Anonym. Paraphraste. — {b) Ovide. Métamorph., 1. i, fab. i3. — (r) Ibid , \. it fab. i. — (d) Diodore, 1. a, c. 4;. p. i5<). — (e) Hcsiod. Op. et Die», 1. a, r. — Apocalypse, 1. 19, 30, ai, aa.

IÔO IlELIGION CHRÉTIENNE.

est le premier des douze signes , celui dans lequel le soleil entre vainqueur au printemps , et , en un mot , l'agneau, qui éclaire de sa lumière la ville sacrée aux douze fondemens et aux douze portes , dans laquelle est élevé le trône de l'agneau d'où découle le fleuve du temps sur les rives duquel est planté l'arbre de vie , qui donne ses douze fruits , un chaque mois.

Dans la théologie des Islandais , leur Apollon , Odin , tue l'énorme serpent. Aussitôt le soleil s'éteint : la terre se dissout dans la mer , les étoiles perdent leur éclat , toute la Nature se détruit pour se renouveler. Mais du sein des flots sort une nouvelle terre habillée de verdure. On voit naître des moissons qu'on n'avait pas semées : le mal disparait. La prophétesse , comme saint Jean , voit une demeure couverte d'or et plus brillante que le soleil : là , habitent des peuples vertueux , et leur bonheur n'aura point de fin (à). Tel est le précis des dernières stances du Voluspa, poème des Scandinaves, composé sur les mômes principes que l'Apocalypse. Comme ce dernier, il emprunte ses tableaux monstrueux des images de nos constellations, et contient, comme l'Apocalypse , le combat des deux principes , termine par la défaite du serpent et par le triomphe du Dieu-lumicrc au printemps. Ce sont les mêmes aventures que celles d'Osiris et de Typhon , d'Oromaze et d'Ahrimane , de Christ et du diable , ou les combats et les défaites successives des deux principes avec la victoire du Diculumièrc, et le bonheur de ceux qui sont fidèles aux lois de l'initiation à ses mystères.

Ces alternatives de victoires du jour sur la nuit , cette

(a) Voluspas.

CHAPÏTBK II. ,gx

succession d'activité et de repos, de création et de destruction dans la nature sublunairc, décrites souvent sous les formes tragiques de mort et de résurrection , de déchirement et de réunion des membres de la divinité étaient exprimées , chez les Phrygiens , en termes plus doux, par une succession de veilles et de sommeil de la pari du grand Dieu de la Nature, ou du Seigneur soleil. Us célébraient a*u printemps les fêtes de son réveil. Les Paphlagoniens le mettaient, comme Saturne, aux fers pendant l'hiver, pour chanter sa liberté au printemps ; d'autres enfin , dans le même pays , supposaient une mutilation et une cessation d'énergie féconde. Tels étaient les dogmes des initiés aux mystères d'Atys , dont nous avons déjà parlé. Nous rappellerons ici en abrégé les principaux traits de la fiction sacrée sur Atys , et une partie de ce que nous avons dit du cérémonial de ces tètes (a).

On adorait en Phrygie le soleil (*) sous le nom d'Atys, aimé de Cybèie, mère de Dieu ou des Dieux , ou sous celui d'Esmun (c) et d'Esculape , jeune homme chéri d'Astronoë , reine des Dieux et des Phéniciens. La manière dont il était représenté ne permet pas de douter que ce ne fût le Dieu - soleil , ame de la Nature et roi de l'Olympe, qu'on ait voulu honorer sous cet emblème. Il a, ait le sceptre pastoral (d) et la flûte aux sept tuyaux , Ci eux symboles , l'un de la puissance que cet astre exerce sur la Nature , et l'autre de l'harmonie universelle dont H est chef. H portait sur la tête le bonnet phrygien ,

W Ci-dras, t. a; Traité «le» Mystère*. - (b) Mai t. CapeJl. Hymn. ,n Sol. — (c) Damatc. rit. laid. Phot. Code* 9{». - (d) Macrob. Sat. *. c. ai, p. a5g. '

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