CHAPITRE II. l5j
sitôt quelle l'avait retrouvé. Ces fêtes ressemblaient „ assez à celles que la même vierge céleste , appelée Cérès, avait instituées à l'occasion de la perte de sa fille qu'elle pleurait et cherchait par toute la terre , et qui lui avait été ravie par le prince des ténèbres, ou par Pluton, roi des enfers, Lactance (a) nous* peint le deuil des prêtres dlsis , durant tout le temps où Isis cherche et pleure son fils qui lui a été enlevé , et la joie publique qui éclate au moment où elle est censée l'avoir retrouvé.
Kpiphane (b) nous peint la douleur et le délire des prêtres dans ces cérémonies ."On y reconnaît la fureur des bacchantes lorsqu'elles pleurent et cherchent Bacchus.
Le passage de Minutius Félix , cité déjà plus haut , confirme encore (c) ce que nous avons dit sur Orus perdu et retrouvé par sa mère qui s'afflige et se réjouit tour à tour , et sur les fêtes de deuil et de joie qui retraçaient cetle mort et cette résurrection mystérieuse. Julius Firmiens nous fait la même peinture du deuil et de la joie successive des prêtres d'Isis , sur la mort et la résurrection d'Orus (d).
11 n'est pas difficile de reconnaître à ces traits l'Adonis des Phéniciens, ou le Dieu -lumière mort et ressuscité. Aussi Macrobe , qui nous a donné l'explication du premier, nous fournit celle du second par les mêmes principes physiques et cosmogoniques. •
« Chez les Egyptiens, dit ce savant (e) , Apollon ou le soleil prend le nom d'Orus. Ces peuples, voulant sous ce nom consacrer une statue au soleil , le représentent la
fa) Lac tan t., 1. i, c. ai. — (ù) Epiph. Adv. Hsercs., I. 3, p. 4<it. — ;<r: Mfnut. Fciix, p. i63. — («/) Julius Firm. d<» Profan. Relig., p. 4. — ir; M.icrob. Sat., 1. 1, c. ai, p. 3G0.
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tète rasée , à l'exception d'un toupet de cbeveux qu'il» lui laissent au côté droit. Ils désignent par-là le temps où le jour est le plus court et où il a perdu tous les accroissemens qu'il avait reçus , le soleil étant parvenu au terme le plus étroit de sa carrière diurne ; ce qui arrive au solstice d'hiver. Mais ensuite cet astre , sortant de la prison étroite et obscure dans laquelle il avait été renfermé , s'achemine vers le solstice d'été , accroît sans cesse les jours et regagne son empire. »
C'est surtout dans ce passage à l'hémisphère lumineux que le Dieu-soleil , Orus , prend le nom d'Apollon (n) , ou du vainqueur du serpent Python. La victoire du Dieu Orus sur la couleuvre, suivant Pluiarque , est absolument la même chose que celle d'Apollon sur Python , que celle d'Osiris sur Typhon , monstre hérissé de serpens , que celle de Jupiter ou d'Ammon sur les Titans et les géaus , de BacchuS sur les géan» qui l'avaient démembré (b) *, enfin que celle de Christ sur l'ancien serpent , prince de la mort et des ténèbres , qui avait introduit le mal dans le monde. Tous ces triomphes étaient fixés à Téquiuoxe de printemps.
Dans les Dionysiaques de Nonnus (c), Jupiter reprend ses foudres , tue le géant Typhon aux pieds de serpent , et aussitôt le soleil -du printemps vient rendre à la Nature la lumière et la fécondité.
Ou célébrait en Grèce (d) , au printemps, la victoire d'Apollon sur le serpent Python par le6 jeux les plus solennels.
(a) Macrob*. Saturnales , I. i , c. 18. — (h) Plut, de laide , p. 36o. — (c) Nonn. Dionys., 1. 3, i, etc. — Çd) Corsini. Fart. Altic, t. * l». ao5.