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vie et à l'empire des Dieux ; et tous les ans , lorsque le Dieu-soleil rejoint l'agneau de l'équinoxe , Atys , pleuré pendant trois jours /ressuscite et entre dans la gloire de sa divinité.
D'autres légendes supposent que le jeune Atys s'était refusé aux sollicitations de la Déesse , et qu'il ne trouva pas d'autres moyens de réprimer ses désirs et d'éluder ses poursuites que de se faire à lui-même ce que le sanglier fit à Adonis , en retranchant de son corps ce qui pouvait plaire à son amante.
Cette dernière version est la plus connue. Elle fait le fond des explications des mystères d'Atys et de Cybèle par l'empereur Julien (a) : elle est aussi celle qu'adopte Julins Firmicus. Ce dernier ajoute (b) que les Phrygiens , voulant perpétuer le chagrin qu'avait eu la Déesse de se voir méprisée , ont établi des fêtes de deuil annuel , et qu'afin de consoler la douleur de cette Déesse > après avoir donné la sépulture à son amant , ils chantent sa résurrection et lui élèvent des temples. Tous les ans on renouvelle le souvenir de ces funérailles.
Damascius, dans l'Histoire de la mère des Dieux (c) et de son amant r qu'il nomme Es m un ou Esculape , a adopte aussi la dernière tradition , et la Déesse y rappelle à la vie son amant en lui rendant la chaleur. Il a conservé sur l'amant de Cybèle un trait caractéristique qui lui est commun avec le soleil et avec Christ ; il dit qu'il a allumé une grande lumière au sein des ténèbres. C'est ce que dit aussi de Christ le prophète Isaïe (d). « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande
(«) Juliao. Orat. 5. lbid., p. 3i3. — (b) Jul. Fîrra. de Prof. Relig., p. — (c) Damasc. apud Phot. Cod. *4*. — (d) liaïe, c. 9, t.
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lumière, » Cel e adroit du prophète juif a été toujours regardé comme une prédiction sur la naissance de Christ.
toute celte aventure à des causes physiques , et en donnaient des explications tirées de la Nature. 11 les combat ; et effectivement celles qu'il rapporte ne sont pas admirables ; mais les mauvaises explications ne détruisent pas la force des véritables. Il est toujours constaté par-là que Ton n'avait point oublié qu'on devait les chercher dans la physique ; ce que nous faisons dans cet ouvrage.
Saint Athanase («) , en parlant de cette fable et d autres aventures monstrueuses des Dieux , reconnaît aussi que les gens les plus instruits parmi les païens justifiaient ces absurdités apparentes, en soutenant qu'elles n'étaient que des allégories relatives au soleil , aux astres et à la Nature. Saint Augustin convient (b) aussi que, suivant Varron f toutes ces fictions se rapportaient à Tordre du monde.
Parmi les différentes explications physiques que les anciens nous ont laissées sur la fable d'Atys , la seule vraie est celle de Macrobe , qui la range dans la classe des résurrections d'Oairis , d'Orus, d'Adonis , etc. , et qui la rapporte tout entière à la marche du soleil dans le zodiaque, suivant que , par son approche ou sa retraite , il abandonne la terre au deuil et à la stérilité uour lui rendre ensuite sa force féconde , ainsi qu'au jour soa empire sur les nuits. Ce savant auteur (c) nous dit que toutes ces cérémonies religieuses, dans lesquelles le deuil et la joie se succédaient alternativement , avaient pour
(a) Athanas. contr. Geai., p. 97, a8. — (b) August. Civit. P« , 1. 7, c. »3. — (c) Maerob. Sa4., 1. i, c ai.
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objet le départ et le retour du soleil vers nos climats , et il fixe la fameuse fête de ce retour au même jour où les premiers Chrétiens avaient fixé leur pâque au 8 antè cal. apriL , ou le a5 de mars , à trois mois , jour pour jour , de distance de l'époque de la naissance du soleil et de celle de Christ, arrivée le 8 antè cal. januar. , ou le 25 décembre. C'est à ce 8 antè cal. aprit. que les calendriers anciens fixent le commencement du printemps (a). C'est à ce même jour que sont aussi fixées les hilaries ou fêtes de joie „ pour la résurrection du soleil et pour son triomphe sur les nuits , dans le même calendrier où nous trouvons le natalis invicti solis placé au 8 antè cal. januar. Ainsi la marche de Christ suit celle du soleil et celle delà Nature absolument. Il naît et triomphe aux mêmes époques de Tannée auxquelles on fêtait la naissance du soleil et le triomphe du Dieu du jour sur les nuits , de ce soleil qu'on avait peint comme un jeune enfant au solstice d'hiver (&), et qu'on représentait comme un jeune héros vigoureux au printemps.
La fête de pâque , que nous célébrons le même jour que les anciens célébraient les hilaries en mémoire du triomphe de la lumière ou du prince de la lumière sur le„ prince des ténèbres, du jour sur la nuit, est la plus gaie de toutes nos fêtes. Tousses chants sont consacrés à la joie : alléluia est un cri de joie , et ce cri est répété sans cesse. On y chante : « Voilà le jour qu'a fait le Seigneur, réjouissons - nous , etc. » Hœc dies , etc. On y répète sans cesse le nom d'agneau : on parle de ses noces : on invite les jeunes garçons et les jeunes filles , comme Horace dans son
ia) Peta*. (Jraool. , f. 3, p. 6i,<58. — (b) Macroh. Satura., I. i,
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poème séculaire en honneur d'Apollon , à chanter le roi du ciel vainqueur des ombres de la nuit, et qui entre dans sa gloire. O filii et Jiliœ, etc. Les prêtres sont vêtus de blanc couleur favorite du Dieu de la lumière , et qui contraste avec les couleurs lugubres qu'on avait prises le jour de la mort du Dieu dont on célèbre le retour au règne de la lumière. On multiplie les cierges ; les temples brillent de nouveaux feux : enfin tout exprime la joie d'un triomphe. Et quel est ce triomphe ? Celui des hilaries : a Parce que , dit Macrobc , eu ce moment le soleil assure au jour l'empire sur les nuits. » Que célébrons nous nous-mêmes ? La défaite du prince des ténèbres et du serpent qui avait introduit le mal dans le monde, et la gloire du Dieu qui nous transporte dans le règne de la lumière. On voit que c'est absolument la même chose. Quel est ce libérateur ? Celui que saint Jean dit être la lumière et la vie ; la lumière qui éclaire l'œil de tout mortel. Sous quelle forme triomphe- t-il de l'affreux serpent ? Sous celle de l'agneau , c'est-à-dire , sous la forme de l'animal du zodiaque où le soleil a son exaltation et le lieu de son triomphe, et dans lequel cet astre se retrouve au 8 antè cal. april. , lorsqu'il vient affranchir les peuples de notre hémisphère de l'empire des longues nuits qu'y avait amenées le serpent, et rendre à la terre sa fécondité et ses ornemens que l'influence du même sci pent d'automne lui avait ravis. L'époque du temps , les formes astronomiques sont absolument les mêmes pour Christ, comme pour le soleil, réparateurs l'un et l'autre de la Nature et d'un mal exprimé par la même dénomination-, savoir, par celle des ténèbres. Pourquoi chercher de la spiritualité quand tout est physique , et distinguer Christ du soleil , quand on sait que