‹ Origine de tous les cultesChapitre 71 sur 180 · CHAPITRE l · texte numérisé non relu

CHAPITRE l

l'un cl l'autre portent dans la théologie ancienne le nom de fils unique de Dieu , comme on le voit dans Platon et comme nous le dirons bientôt ? Comme Christ , le soleil était pleuré , et les cérémonies de deuil feint à l'occasion de cette prétendue mort précédaient , comme dans la religion de Christ , de quelques jours la joie de son triomphe célébré dans les Maries ou le *5 de mars. Car Macrobe (a) fait expressément la remarque que la fête des hilaries était précédée de quelques jours de deuil, où Ton feignait de pleurer la malheureuse catastrophe du Dieu dont on allait chanter le triomphe. 11 ajoute que c'est la même idée théologique qui fait la base des fêles de deuil et de joie de toutes les religions dont le culte s'adresse au soleil , telles que celles d'Osiris , d'Adonis , d'Horus , etc. \ telle est celle de Christ.

De même que les Chrétiens supposent Christ mourant, suspensus in ligno , les adorateurs d'Atys le représentaient aussi, dans sa passion, attaché à un arbre, ou par un jeune homme Hé à un arbre que l'on coupait en cérémonie (0).

De même que l'on rappelait, dans les premiers siècles de l'Eglise , comme on l'a vu plus haut, le mystère de la passion de Christ par le bois sur lequel on le supposait mort , et au pied duquel était l'agneau immolé qui le représentait, de même les adorateurs d'Atys plaçaient aussi l'agneau ou le bélier équinoxial au pied de l'arbre que l'on coupait au milieu de la nuit où se célébrait le nivstcrede ses souiîrances (c).

Juiius Firmicus, qui rapporte toutes ces circonstances, oppose à cette cérémonie des païens le sacrifice d'A-

(«) Mac 1 oh. Sa!., 1. i, c. ai, p. *6o. — (b) Jul. Fhm. de Prof. R«U*.,P.54. -(r)lbid. 53.

l68 HELIGION CHRETIENNE.

braham et de son bélier , la fameuse fête du passage chez les Juifs et la cérémonie de l'agneau pascal au monieut où le peuple hébreu est aÛrauchi de l'oppression d'un tyran cruel. Il regarde cette dernière cérémonie comme l'image de la pàque des Chrétiens ; et il a raison : c'est le môme canevas d'une bioderie différante. Il ne manque pas de rapporter tous les passages de l'Ecriture dans lesquels Christ , ou le Dieu qui triomphe à l'équinoxe , est appelé l'agneau.

Il oppose encore à ce bois sacré que Ton coupait religieusement dans les mystères de Cérès et de Cybèle , le bois sacré de la croix sur lequel, dit -il, s'appuie toute la machine du monde ; et il a raison : Christ et Atys étant le même Dieu-soleil, dont on célébrait la mort et la résurrection à l'équinoxe , au passage du soleil dans aries ou sub agno , il n'est pas surprenant de trouver beaucoup de ressemblance dans les mystères du même Dieu, honoré pour le même objet , mais sous des noms seulement différens [72].

La forme symbolique de l'agneau n'a été consacrée dans ces mystères , que parce que cette fête était essentiellement liée au signe équinoxial occupé par aries , et que c'était le soleil de l'agneau ou de l'équinoxe et l'approche du sauveur du monde qu'on y célébrait. L'empereur Julien, dans son hymne à Cérès, donne même les raisons astronomiques et théologiques de cette fixation. Il est vrai qu'il y mêle un peu de mysticité platonicienne, qui a été le raffinement du culte ; au lieu que nous nous en tenons , comme Macrobe , à l'institution physique , qui a été la primitive , c'est-à-dire, au triomphe du soleil de printemps sur les affreuses ténèbres de l'hiver, lorsque le feu céleste vient embraser la Rature , comme nous

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