‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelle (volume 2)Chapitre 19 sur 97 · TOME VI · texte numérisé non relu

TOME VI

pas mieux avec les deux symboles de l'astronomie rurale. Le bœuf répondait au mois de mai, et il était l'emblème du labourage. Mais nous ne voyons aucun peuple qui ait placé dans cette saison le commencement de ses labours.et le travail des bœufs. Les Grecs et les Romains, au contraire, attendaient la fin des récoltes pour préparer la terre à recevoir une nouvelle semence, et regardaient l'automne comme la saison du labourage. Virgile , Al est vrai, parie d’un premier labour au printemps; mais il dit ailleurs que c’est en automne qu'il faut fatiguer le taureau à tracer les sillons (a).

Libra die somnique pares ubi fecerit horas , Et medium luci atque umbris jam dividet orbem : Exercete , viri, tauros, etc.

Hésiode également, dans le second chant de son poëme sur l’agriculture, fixe au coucher du matin des pleïades, c'est-à-dire au premier jour de novembre, le commencement du labourage, et à leur lever héliaque celui des moiïssons ; ilen fait même une règle universelle pour ceux qui habitent les bords de la mer , comme pour ceux qui cultivent l’intérieur des terres (b). Il en est de même des autres auteurs, Aratus, Théon, etc. (c).

Plutarque (d) dit aussi que c’est au coucher des pleïades qu'on ensemence la terre et qu'on récolte après leur lever, c’est-à-dire, qu'il place en mai, ou sous le tau-

reau, non le labourage , mais les récoltes, ou au moins qu'il les place peu de temps après. Donc le taureau cé-

(a) Virg. Georg. , 1. 1, v. 208. — (b) Hesiod. Oper. et dies, 1. 2, v. 2 gt 234 — (c) Aratus, v. 265. Theon, p. 134-135, Fest. Avien. — — (d) FAut, de amore prolis, p. 146.

este n’a pu être regarflé comme le symbole du labourage chez les Grecs , hi chez aucun des peuples qui, comme eux, commencaient les labours en automne ; ce qui fut néanmoins l'usage reçn universellement.

Le mème passage de Plutarque nous prouve égale- ‘ment que la vierge , ou la moissonneuse de nos sphères, n a pu être le symbole des moissons , m chez les Grecs, ni chez les peuples qui, comme eux, ont moissonné peu de temps après le lever des pleïades [30], ou même au solstice d'été. En effet, lorsque les pleïades commencent à paraître , au sortir des rayons du soleil , et qu'elles se lèvent héliaquement, le soleil parcourt Le taureau [3 x]. Supposons même que ce ne füt pas précisément au lever des pleïades, mais plus de quinze jours après, que commençassent les moissons, et que lé soleil fût déjà aux gémeaux ; il restera toujours encore au soleil près de irois signes à parcourir, avant d'arriver au signe de la moissonneuse. Conséquemment le symbole astronomique qui représentait, soit un faisceau d'épis, soit une fille qui porte un épi jaunissant, n’a pu correspondre aux moissons des Grecs ni à celles des Orientaux , qui, n'ayant pas plus de latitude qu'eux, sont censés n'avoir pas dû moiïssonner beaucoup plus tard.

Au temps d’Hésiode, c'est-à-dire, dans l'hypothèse la plus favorable aux peuples de cette latitude , le soleil n'entrait au signe de la vierge que près de cinquante jours après le solstice d'été, Or, certainement il y avait Jong-temps alors que les récoltes de blés devaient être faites. Ainsi, dans l'époquetoù nous considérons le z0diaque comme calendrier, nous ne voyons aucun des peuples à qui l’on pourrait faire honneur de cette inventon, Perses, Indiens, Assyriens ou Phéniciens, dont

le climat est au moins aussi chaud que celui de la Grèce, et conséquemment les moissons aussi précoces, chez qui l'on puisse accorder ce calendrier symbolique avec l’ordre de son agriculture [ 32 |.

Nous sommes donc obligés de remonter à une époque antérieure qui, rapprochant le, signe des moissons du solstice d'été, le fasse coïncider avec le temps des récoltes des régions tempérées. Mais alors , si les symboles de l’agriculture s'accordent en partie avec la terre, les symboles astronomiques , tels que la balance, l'écrevisse et le capricorne, sont bien loin de s’accorder avec le ciel, et cependant ce n’est qu'à cet accord parfait que nous pouvons reconnaître les inventeurs.et l’époque de l'invention. La vierge ne peut se rapprocher du solstice que le cancer n’en soit éloigné; la balance n’occupe donc plus un équinoxe. Cependant ces deux emblèmes ont dù y être originairemént, comme nous l'avons fait voir, et nous ne pouvons imaginer aucune hypothèse qui place ailleurs qu'aux solstices et à un équinoxe , nos trois premiers symboles. Ce qui nous reste à faire , c’est de les y placer, mais Gans un ordre inverse et opposé à celui où ils étaient à l’époque où nous avons fait notre premier essai, c'est-à-dire, de mettre à l’équinoxe du printemps ou à celui des deux équinoxes qui a fixé de préférence l'attention de tous les peuples, l’image natiurelle de l'égalité des jours et des nuits , la balance , et de la regarder comme le symbole primordial de l’équinoxe de printemps. Alors le cancer se trouvera au point où le soleil, après avoir paru quitter nos régions, revient sur ses pas, et le capricorne ou le symbole de l'élévation (a) occupera le point le plus haut de la course

(a) Tzétès ad Lycophr., v. 19.

du soleil. Il semblerait que cette position primitive dé la balance à l’équinoxe de printemps, dans les siècles où fut inventé le zodiaque , et où fut faite la première division des cieux 2 s'était perpétuée chez les Égyptiens , comme paraitrait l’annoncer cette ancienne tradition que nous ont conservée leurs astrologues. Æsculapius (a), dit Scaliger, ægyptius vetustissimus scriptor in sud Miriogenesi scripserat, in posterioribus libræ partibus tôn astérôn suncrasin factam , eamque esse natalem mundi. Scaliger cite pour garant Firmicus. Au reste, comme on peut lui donner un autre sens, nous n y attachons pas grande importance

Cette nouvelle position de la sphère , en renversant tout, remet tout à sa place ; le zodiaque devient le ca lendrier le plus frappant du climat de l'Ée gypte, et convient à ce pays exclusivement à tout autre. Les cinq premiers symboles dont le sens se présentait naturellement, et qui semblaient fixer d’une manière claire les points principaux du calendrier rustique et astronomique, s'accordent parfaitement entre eux et avec l’état du ciel et de la terre. Îls vont nous mettre en état d'apercevoir le sens des autres symboles qui ne s'était pas manifesté d’abord aussi clairement : ; c'est ce que nous allons voir par l'explication détaillée des douze signes du zodiaque , considérés à cette époque.

Les troïs premiers signes, à compter du solstice d'été, sont évidemment symboles de l’eau, Le premier est le capricorne, mais un Capricorne amphibie , à queue de poisson où uni au corps d’un poisson. Manilius l'appelle ambiguum sidus terræque marisque (b). Le second est ns me ie, uslé, daulou Long sou CA 5 mdr nt

(a) Scalig. not, ad Manil., L. 1, v. 125, — (b) Manil., 1. 4, v. 791.

ane urne ou un homme penché sur une urne, de fa quelle s'écoule un fleuve ; le troisième offre deux poissons enchainés , ou, suivant quelques sphères, un seul poisson. Ces trois symboles aquatiques, qui ne signifient. rien dans cette saison pour les autres climats, peignent de la manière la plus claire l’état de l'Égypte dans les trois mois qui suivent le solstice d'été (a). Tous les voyageurs anciens et modernes conviennent que, peu de jours après le solstice, le Nil inonde toute l'Égypte pendant trois mois (b), et ne rentre dans son lit qu'après l’équinoxe d'automne : {n totum autem revocatur intrà ripas in libr&, centesimo die (c). Cet intervalle de trois mois, durée de l’inondation , ne pouvait donc être désigné d’une manière plus naturelle, que par les emblèmes aquatiques tracés dans les constellations que le soleil parcourait durant tout ce temps. Le capricorne occupe, dans notre hypothèse, un des solstices ; mais c’est le solstice d'été, et le point Le plus élevé de la course du soleil fut assigné à l'animal qui, comme le remarque Macrobe , broute sur les rochers les plus escarpés, et se plait à vivre de préférence sur la cime des montagnes, pendent in rupe capellæ, dit Virgile. Le chef des troupeaux le devint aussi des animaux qui sont peints dans Je zodiaque; et le quadrupède qui gravit où les autres ne peuvent atteindre, se trouva naturellement mieux placé au zénith des habitans de Thèbes et de Syène [33],

et au terme le plus élevé du mouvement ascendant du

(a)MDiod. Sic., L 1, c. 36,-p. 44. — (b) Plin., L 5, c: 9. (c) Nilusque tumescens In cancrum, ct tellus AEgypti jussa natare. (Manil., 1. 4, v. 748. } Le cancer élait alors signe solsticial.

DES CONSTELLATIONS. r55

soleil, qu'au point le plus bas de sa course annuelle. Macrobe , dans son explication, n’a pas fait attention que le caper a été choïsi pour symbole, non pas précisément parce qu'il monte en broutant, qualité qui lui est commune avec plusieurs autres animaux; mais parce que c'est sur la cime des rochers les plus élevés qu'il se plaît à paraître, et qu’il n’est point de quadrupède qui prenne un essor aussi hardi. Dira-t-on que c’est simplement la marche ascendante du soleil depuis le solstice d'hiver, qu'on a voulu peindre sous cet emblème? On sait que cette marche ascendante ne se manifeste nulle part moins qu'aux environs du solstice ; et, d’ailleurs, ce qui est un argument sans réplique, nous prouvons que l'astronomie était déjà inventée bien avant le temps où le capricorne a pu occuper le point solsticial d'hiver. Ainsi, l’origine que lui supposerait Macrobe ne peut avoir lieu , puisqu'il eût été inventé pour être symbole d'un mouvement ascendant que le soleil ne pouvait encore avoir lorsqu'il parcourait ce signe, avant l’époque trop récente de Macrobe , et même des astronomes. grecs. En effet, comme remarque très-bien M. de la Nauze en attaquant l'opinion sur l'antiquité du zodiaque :

Il n'y a que trois mille six cent quarante ans que l’équinoxe a commencé à entamer la constellation appelée aujourd’hui le bélier : il ne l'avait donc pas encore entamée il y a quatre mille ans. Dans ce temps-là le taureau ouvrait le printemps. Ainsi, qu'on ne dise pas que le bélier était dès-lors signe printanier. Car enfin, il n est pas possible d'imaginer que les auteurs dn zodiaque aient jamais prétendu placer les constellations hors de leurs propres signes. » Ces réflexions.de M. de la Nauze tombent également sur le cancer et sur le capricorne <

mais ne prouvent pas ce qu'il veut établir , que le z0diaque soit d'invention moderne ; mais au contraire elles prouvent qu'il est de la plus haute antiquité, si une fois il est constant, par d’autres preuves , que l'astronomie et la division des cieux remontent au moins au temps où les asiérismes du taureau répondaient à l’équinoxe de printemps. Or, c’est ce qu'ont prouvé nos explications des poëmes mythologiques.

M. Fréret, dans sa défense de la Chronologie , entreprend de prouver que chez les Egyptiens , deux mille sept cent quatre-vingt-deux ans avant Jésus-Christ, et conséquemment lorsque le taureau répondait à l’équinoxe de printemps, la période sothiaque était déjà inventée et employée. Maïs une pareille période suppose déjà une astronomie très-perfectionnée, et, en conséquence, une division du ciel et du zodiaque; ce qui fut comme le premier pas des inventeurs de l’astronomie.

Nous trouvons dans notre nouvelle hypothèse un second avantage, celui de pouvoir expliquer pourquoi, dans toutes les sphères anciennes, le capricorne est représenté par un poisson, Ou uni à un poisson, ou terminé par un poisson (a). Ce capricorne demi-poisson annonçait le débordement du Nil, qui commencait sous ce signe. La réunion du corps du capricorne à celui du poisson n'est que des siècles postérieurs, et nous vient des calendriers sacrés ou des calendriers des génies dans lesquels ces réunions monstrueuses étaient familières ; mais dans le calendrier rural ou primitif, on peignit un double symbole, un capricorne et un poisson (b). C'est NEO RP LARGE DR PSE EE te

(a) Theon., p. 136. Hygin. , L 2, c. 19. German. , c. 26.—(b) Bayer, Lab. 48.

sous cette forme qu'on le trouve dans un planisphère indien, imprimé dans les Transactions philosophiques de 1772, planisphère qui paraît remonter à la plus haute antiquité. L'idée du débordement si intéressant pour le | peuple: égyptien, et conséquemment celle du poisson symbolique, semble mème avoir fait oublier le capricorne ou l'emblème solsticial ; de manière queles Indiens, en recevant cette astronomie, ont conservé la dénominatuon de poisson à l’astérisme du capricorne ; ils l’appellent macäram , nom d’une espèce de poisson. Le Gentil (a) croit apercevoir ici une différence entre le zodiaque indien et légypüen. Je n'ai, dit-il, remarqué de différence bien réelle entre leur zodiaque et celui des Égyptiens que dans le capricorne que les Brames n'ont point. Le mot macaram de la langue brame, qui répond au Capricorne , signifie poisson; et effectivement, le Genül, en nous donnant les noms des douze signes dans la langue des Brames, traduit macaram par espèce de poisson ; mais dans le zodiaque indien l’on trouve le capricorne aussi bien que le poisson. Cette différence n’est donc qu’apparente ; et, comme nous avons retenu le nom du capricorne et oublié le poisson , les Brames ont retenu le nom du poissonet oublié le capricorne, quoique ces deux emblèmes eussent été inséparablement unis dans l'origine, et placés dans la division où nos sphères peignent le capricorne amplibie. Souvent même les Perses l’appelleht, comme nous, capricorne, en pelhvi Nabhr, suivant Anquetil. D’autresl’ont peintamphibie : Capricornus est difués et dimofron. Nam pars caper est, pars piscis (Scaliger in apotelesm. Manilii, in lb. 4, v. 254.)

(a) Gent., voy.t. 1, p. 247.

Je dis plus, le nom de macaram n'est point un not de la langue brame ; c’est un nom grec altéré par les brames ; en voici la preuve. Le poisson qui est uni aw capricorne , est celui que les Égyptiens honoraïent sous le nom d’oxyrinque ou le poisson, comme dit Plutarque , acuto rostro. C’est lui qui, en Égypte, était regardé comme le génie précurseur des eaux et la cause du débordement, comme on peut le voir plus haut (a).

Or, cette espèce de poisson est celle que les latins appelaient gladiolus (b), et les Grecs rracaira ou épée ; c'est le theut dont parle Plutarque. Cet auteur (c) compare les habitans d'Érétrie à ce poisson qui à une épée, et qui n’a pas de cœur. Telle est précisément la forme du poisson peint avec le capricorne dans le zodiaque indien des Transactions philosophiques ; l'inspection seule de ce monument prouve la vérité de mon étymologie. Ce n’est pas le seul mot de la langue brame que j'aie reconnu pour une altération manifeste de noms grecs et latins, ou plutôt d’une langue primitive d’où ces deux langues ont été formées. Ainsi, l'union du poisson au Capricorne n’a rien de bizarre. Elle a dû être conséquemment à nos principes et à l’origine primordiale que nous supposons à la sphère. d

Pendant le second mois, ou lorsque le soleil parcourt le signe qui suit immédiatement le signe solsticial, l’inondation augmente et arrive à son plus haut degré d’intumescence. Le débordement du Nil fut représenté dans les cieux par un génie à figure humaine , tel qu'on peignait les dieux des fleuves » appuyé sur une urne d’où JU a it RSR À PAS

(a) Ci-dessus, t. 2, p. 228, — (b) Oppian Alieut,, L 1, v. 462. — tc) Apophteg., p. 185.

sort un fleuve (a), et qui était censé faire sortir le fleuve de son lit suivant Théon (b).

Ille quoque inflexà fontem qui projicit urnä. (€ Manil. , 1 4, v. 256.)

C'est ainsi que dans nos sphères on peint le verseau; et le caractère abrégé de ce signe fut un courant d’eau, et eut celte forme K$$. Dans d’autres planisphères, tels que le planisphère égyptien conservé dans l'OEdipe de Kirker, on voit, au lieu de l’homme ou du verseau , une urne percée de mille trous, et d’où l’eau s'échappe abondamment de toutes paris [34] : image assez naturelle d’un débordement. Aussi, dans la distribution qui fut

faite de Ïa terre par aspects célestes, le signe solsticial , ou le cancer sous lequel le Nil commencait à se déborder dans les derniers âges, fut affecté à l'Égypte, comme nous l'avons vu plus haut; Milusque tumescens in cancrum : mais On lut attribua aussi le verseau comme génie tutélaire.

Sed juvenis nudos formatus mollior Artus Ægyptum ad... vicina et Aquarius arva recedit. ( Manil., L. 4, v. 793.)

On place même le Nil dans la division du verseau avec le poisson oxyrinque (c).

Dans le zodiaque indien des Transactions philosophiques , on voit simplement une urne. Ce symbole revient au même. En eflet, un vase destiné à contenir l'eau peut être très-bien pris pour le symbole de l’eau; et il a été

(c) Manil., L 1, v. 276-434, — (b) Theon., p. 136, — (c) Kirk. Œdip., t.2, pars 2, p. 201.

effectivement le symbole du débordement chez les Égyptiens, suivant le témoignage d'Horus-Apollon : Milum exundantem Ægypti pingentes pingunt tres hydrias (a). Le même auteur dit qu’on le peignait aussi sous l'emblème d’un lion, à cause que l’inondation arrivait sous ce signe ; et Plutarque (8) dit que les Égyptiens adoraient le lion et peignalent sa figure sur les portes de leurs temples, parce que le débordement du Nil arrivait sons le signe du tion (c). Il est évident que ce dernier emblème est celui des âges postérieurs, où du temps auquel le lion se trouvait près du solstice d’été. Mais si la constellation du lion, signe que parcourait le soleil lors du débordement, fut prise pour symbole de ce même débordement, l’astrologie égyptienne fut donc liée avec l’état de la terre et du Nil en Égypte. Lorsque dans lorigine on établit ces rapports entre le ciel et la terre, il n’est pas étonnant qu’on ait dessiné un homme qui verse un fleuve, une urne percée et dont l’eau se répand, où mème simplement ce qu’ils appelaient vas aquarium , pour désigner la division du zodiaque où était le soleil pendant le fort de l’inondation. Les Grecs l’appellent calpé , l'urne ; les latins amphora et urna; les Indiens coumbum, cruche ; et en pelhvi del ou dol, le seau; c’est le délu des Arabes, le dolium des Latins, etc. Les trois vases

dont parle ici Horus-Apollon sont ceux des trois décans du signe : ù

Quas partes decimas dixere decania gentes.

(Manil., 1. 4, v. 294.) | 5 # . AN . \ est ainsi que sur les obélisques qui sont à Rome, le a RO DU 2

(a) Hor, Apoll. L x, &, a1,—(b) Plut. de Isid. » P: 366.— (c) Theon., Pere

taureau équinoxial se trouve répété souvent trois fois aussi bien que le vautour céleste, génie du printemps et symbole du soleil. On mettait trois épis dans le signe de la vierge, et on peignait trois béliers dans la case on dans le signe du bélier; c'est ce qu’on voit en Égypte dans une grotte qui représente les sacrifices de l’équinoxe sous le bélier. Les sacrificateurs sont placés vis-àvis d’un bücher composé de trois piles de bois. Il ya dix morceaux à chacune , nombre égal à celui des degrés de chaque signe, et sur chaque pile est un petit bélier. Les prêtres touchent du bout du doigt l’extrémité des rayons solaires , et reçoivent le feu sacré (a). Ainsi, cette triple répétition du même symbole ou du vas aquarium, prouve encore que c'est ici un emblème astronomique relatif à un des signes du zodiaque , divisé en trois partes. C'est aussi ce qui fait dire aux Perses, dans leur cosmogonie ou Boundesh , qu'il y'a des astres à trois corps, tels que Taschter ; et la mythologie grecque admet également des génies ou étoiles à trois corps, tels que Géryon. :

Pendant le troisième mois (8) le cultivateur oisif, forcé de se retrancher sur ses digues, vit au milieu des EAUX , et l'Égypte présente alors l’image d’une vaste mer au milieu de laquelle s'élèvent des villes qui semblent flottér au sein des ondes, ou, pour me servir des termes de Diodore , qu'on prendrait pour les iles Cyclades. Les Égyptiens comparèrent naturellement l'état d’inaction de cette vie aquatique à celui des poissons, et peignirent dans le ciel un poisson où même deux poissons enchai- —————

(a) Montfaucon, 2 vol. suppl. après pl. 51. — (b) Diod. Sic., 1 1 C.. 38, p. 43-47.

nés , tels que nous les voyons dans nos sphères. Le signe céleste que parcourait tous les ans le soleil à cette époque , était l'emblème simple et naturel de leur situation [35 |. |

Vers l’équinoxe d'automne, le Nil se retire et rentre peu de temps après entièrement dans son lit; mais les eaux qu'il a laissées dans les endroïts bas séjournent dans plusieurs lieux, et le sol nouvellement découvert ne présente qu'un limon gras qui n’a point encore assez de consistance pour qu’on y imprime le soc de la charrue. Aussi laissait-on la terre s’affermir après la retraite des eaux, suivant Diodore ; et pendant ce temps l'Égyptien voyait croître l'herbe verte, et Les troupeaux pouvaient déjà y trouver une abondante pâture (a). On lâchait done les troupeaux , et leur entrée aux pâturagés fut marquée dans les cieux par l’image d’un bélier ou du chef du troupeau.

Ce n’est que dans le cinquième mois, c’est-à-dire en novembre , que commenceni le labourage et les premiers travaux du peuple agriculteur. Diodore nous dit qu'on ! jette en novembre le blé sur le limon que le Nil a laissé dans les plaines, et qu’on le couvre en y traçant un sillon sans profondeur avec une charrue très - légère. Pline confirme également ce témoignage (6) en réfutant l'opinion de ceux qui assuraient qu'on se bornait à faire remuer le limon humide par des pourceaux [36]. Cela, dit-il, a pu être autrefois; mais aujourd’hui, ivarari cerlum est abjecta priùs semina in limo digressi amnis : hoc est novembri mense incipiente. À Yépoque où nous considérons la sphère , le soleil en novembre parcourait

D id, NN (a). Diod., 1. 1, p.32. — (by Plin. 1. 18, c. 47.

êe taureau céleste, et cet emblème ne fut placé dans les cieux que comme le symbole du commencement des travaux d’un peuple agricole. Non -seulement c’est l’idée que fait naître l’image du bœuf agriculteur ; maisil est certain, par le témoignage d'Horus-Apollon rapporté cidessus , que le bœuf fut choisi en Égypte pour être le symbole des travaux : Bovis masculi cornu depictum opus designat. Manilius (a) regarde aussi le taureau céleste comme le signe hiéroglyphique des travaux rustiques.

Submittit aratris Colla, jugumque suis poscit cervicibus ipse ; Ille suis Phœbi portat cum cornibus orbem ; Militiam indicit terris , et segnia rura In veteres revocat cultus, Dux ipse laboris.

Les Égyptiens, qui dans la suite abrégèrent ces symboles , au lieu de peindre un bœuf en totalité, en peignirent seulement la corne qui suffisait pour leur rappeler l’idée totale.

La végétation (b) en Égypte estextrémement prompte, suivant le témoignage de Diodore et de tous les voyageurs modernes. La terre, un mois après être ensemencée, ouvre son sein, et montre au laboureur l'espérance de ses récoltes. Les productions nouvelles et l’état d’enfance de la Nature ne pouvaient être mieux peints que par l'emblème de deux enfans naissans , OU même, suivant les sphères orientales , par deux jeunes chevreaux qu'une mère vient de mettre bas (c).

Le soleil, après avoir parcouru ce signe, arrivait au

TIRER ENRSRRRE SRE PORN

(a) Manil., L 4, v. 142.—(b) Adrian. Jun. ,t. 8. Antiq. Græc, coll. p. Columell., 1.3, e. 8. — (ce) Hyd, de vet. Pers. Rel. P. 390.

terme de son plus grand éloignement. Il avait paru. au mois de juin sur la tête du peuple égyptien; mais ensuite il n'avait cessé de s’en éloigner, comme s'il eût voulu fuir ce climat et menacer la terre d’une nuit éternelle. Arrivé enfin au solstice d'hiver, il cesse de s'abaisser , il revient sur ses pas pour regagner le point d’où il est parti par un retour vers nos climats, qui le ramène au commencement de sa carrière amhuelle. Ce phénomène dut frapper singulièrement les premiers observateurs, et mérita d'être exprimé par un symbole imitatif. L’écrevisse fut l'emblème le plus naturel de cette marche rétrograde (a), et son image fut tracée dans la division du zodiaque, où le soleil entrait, lorsqu'il cessait de fuir, et qu’il rapportait la lumière et la vie en parcourant, en sens contraire , les mêmes degrés de hauteur qu'il avait parcourus d abord en descendant du haut des cieux.

Cette époque du mouvement annuel du soleil fut la plus observée en Égypte, et le retour de cet astre vers le trône céleste, y donna même naissance à des fêtes, Achille Tatius nous dit que les Égyptiens autrefois, voyant le soleil quitter le solstice d'été, descendre jusqu’au solstice d'hiver, et par sa retraite diminuer la longueur des jours , avaient craint que le flambeau du monde ne les abandonnât pour toujours. Ils se livraient en conséquence à la douleur et aux larmes: mais aussitôt qu'ils le voyaient s'arrêter dans sa fuite pour remonter vers eux, et leur accorder plus long-temps le bienfait de la lumière , ils célébraient son retour en prenant les habits de fête, et ils se couronnaient de fleurs (6). IL M RL O2. RENNES

(a) Isidor, Orig. 1.3, c. 47. — (b) Achill. T'at., c. 23

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