CHARTE
monce le commencement des chaleurs; leur coucher du. matin, les travaux du labourage. On ne parle pas de leur coucher du soir qui arrive vers l’équinoxe , et qui nest indicatif d'aucune opération 1FPOTRES Quoique formées d’un assemblage d'étoiles tré ès-pelites et assez obscures , elles sont néanmoins très-connues et très-fameuses par l'utilité dont est aux hommes la connaissance de leurs levers et de leurs couchers différens. A leur lever commence la moisson ; à leur coucher le labourage et les semailles. Elles se lavent le matin au crépuscule vers le 25 du mois pharmuti qui répond à avril, le soleil étant alors au taureau. C’est alors que se fait la moisson chez les Égyptiens. Elles se lèvent le soir lorsque le soleil est au scorpion , au mois athur qui répond à novembre; c’est la saison du labourage. Elles se lèvent alors le soir, et sont visibles toute la nuit sur l'horizon. C'est Jupiter fui-même, dit Théon (a), qui les a ainsi placées, afin qu’elles fussent pour les moriels des annonces fidèles des révolutions des saisons, du commencement des étés et des hivers. Elles se couchent aussi le matin au mois athur lorsque l'hiver commence. Leur lever du soir ramène le froid, comme celui du matin ramène les temps chauds (b). Elles sont placées , ajoute Fhéon (c), sur la partie postérieure du taureau , et elles se lèvent avec le bélier lorsque le soleil est à la fin de ce signe , au commencement des chaleurs, lorsque l’on moissonne les orges.
Aratus (d), Cicéron ‘son commentateur, Isidore de Séville, Festus Avienus, etc., parlent dans les mêmes
(a) — Theon, p. 135. — (b) P. 119. — (c) P. 191. — (4) Aratus, v. 265.
termes des pleïades ou vergilies, comme d’astres indicateurs des saisons, des travaux agricoles et de la mavigation (a). Aussi Pindare les appelle orias. Elles uennent le premier rang, dit Germanicüs (b), parmi les astres qui concourent aux progrès de la végétation et aux récoltes des fruits. Elles renferment, dans l'intervalle de six mois que mesurent leurs différens levers, les moissons, les vendanges et la maturité de toutes les récoltes ; elles mesurentégalementles périodes successives de chaud et de froid, qui partagent en deux la durée de l’année.
Voilà à peu près les titres qui ont acquis aux pleïades une aussi grande célébrité chez les anciens. C’est donc sur ce groupe d'étoiles qu’il faut le plus souvent porter. ses yeux dans l'explication de la mythologie. On y trouvera le plus grand nombre des nymphes qui figurent, sous différens noms, dans les fables sacrées. Nous allons rapporter les noms les plus connus qui nous aient été conservés, et qui doivent nous servir de guides dans l'analyse des fables où ces noms-là sont employés.
On nomme (c) Electre, Maia, Taygeté, Alcyone, Célæno, Stéropè ou Astéropé et Mérope. Ces sept étoiles , dit Hygin (d), appelées pleïades, ont été placées par les anciens astrologues sur la division du taureau et du bélier. C’est ce qui les a fait appeler par quelquesuns la queue du taureau. Elles sont connues chez nos Latins sous le nom de wergilies.
Hygin nomme Calypso parmi les filles d’Atlas et de Pleionè (e). Plutarque en appelle une Pasiphaë (f).
(a) Isidor. Orig. , 1. 3, c. 45. —(b) German. , c. 42. — (c} Eratosth., ec. 23. Dioc. Sic., L. 3, c. Go, p. 220. — (d) Hygin, L 2, c. 225170 c. 20. German., c. 22. Hygin., Fab. 192. — (e) Hygin., Fab. 1. — (f) Plut. vit. Cleom. et Agid,, p. 790.
Germanicus César les fait aussi nourrices de Bacchus, comme les hyades. Il en fait, d’après l'autorité de Phérécyde, sept sœurs filles de Lycurgue , venues de l’île de Naxe.
La cosmogonie des Atlantes les fait filles d’ Iespérie et d’Atlas, et leur donne indistinctement les nôms d’hespérides et d'atlantides (a). Hespérie, leur mère, était fille . d'Hespérus , frère d'Atlas. Ce sont ces sept jeunes filles
que Bonsiris, roi d'Égypte, avait chargé des pirates d’enlever. Mais Hercule tua ces brigands, et rendit les sept filles à leur père, comme nous l’avons vu dans notre explication des travaux d’Hercule (b).
Leur groupe eut encore différens noms chez différens peuples.
Hésychius nomme Île groupe des pleïades satilla (c).
Chez les Chaldéens et les Hébreux on les appela athorage (d), athoraye.
Chez les Arabes (e) on les nomme althoraia ,\\atauria , . benath-algnasch, altorich, aldagageh. Sous leur aspect il était bon de se marier, de labourer la terre et d’enitreprendre des voyages de mer.
On les nomme aussi benat-el-nauschi (f), les filles de la réunion.
Ülugbeigh (2), prince tartare et astronome , donne à l'extrémité boréale des pleïades le nom de wasat-althuraia, et à l'extrémité australe celui d’al-thuraja.
Hyde, dans son Commentaire sur Ulugbeigh (A),
(a) Diod- Sic., L. 4, c. 27, p. 272. — (b) Gi-dess. , t, 1,1 3, c. 1.— (c) Hesych. v. Satill. — (d) Tab. Alph., p. 207. ne — (e) Rabbi Ben-Joseph. Astr. Arab. Kirk. Œdip., , p. 351. Bayer, t. 23. — (f) Ricciol., p. 125. — (8) Ulugbeigh, p. ee. —(h) Hyd. Comm. p. 31-33.
288 DE LA SPHÈPRE
confirmant et expliquant la dénomination donnée aux pleïades par ce prince astronome, nous dit que les Coptes les appellent les six astres ; les Arabes l’astre par excellence , al-negjim , les Syriens, chimo , les Perses, perv et pervinz, les Turcs, ulgher. D'Herbelot (a) prétend que le nom que leur donnaient les Perses, pervinz, signifie un poisson. Kirker assure que les Hébreux Îles désignent par un mot qui signifie appui des temps et des périodes séculaires (b). La raison de cette dénomination est aisée à saisir. Ils leur donnaient aussi le nom de succoth-benoth, ou de poule avec ses poussins. C'est aussi sous ces traits que les peignent les Indiens qui les nomment pillalou codi (ce); ils les appellent aussi cartiguey, et ils donnent ce même nom à un de leurs mois. Cette dénomination de poussinière ou de poule avec ses poussins était familière aux Hébreux, si on en croit leurs rabbins (d). Ils prétendent que c’est cette constellation qui est désignée dans l'écriture sous les noms de chima (e) et de succoth-benoth; que de mème qu'ils appelaient le coq schevt, ils appelaient la poule succoth , et que le mot benoth désigne ses petits. Nous sommes entrés , à cet égard, dans quelques détails à notre article des divinités syriennes (f). D’autres rabbins ont cru trouver, dans les pleïades. appelées altoraia par les Arabes , la constellation désignée dans Job sous le nom d'aisch et de ses petits. Mais nous croyons qu’on doit plutôt la rapporter à la chèvre et à ses chevreaux dont
nous parlerons ailleurs. Les Tialiens la connaissent aussi
(a) Biblioth. orient., p. 097. — (b) Kirker OEdip., t. 2, p. 356. — (ce) Bailly Astr. Anc. Disc. Prel., p. 30. —(d) Hyde Comm., p. 30-31. Kirk. OEdip., t. 1, p. 350.—(e) Job. c. 38.—(f) Ci-dess., t, 1, 1 3, c. 18.
NET ET DE SES PARTIES, 289 sous le nom de gallineta (a). Les Anglais la désignent sous un nom à peu près semblable dans leur langue (6). Dans le planisphère égyptien de Kirker, c’est une poule avec ses poussins qui la représente. |
Elle porte encore d’autres noms, tels que ceux de buthean (c), buthrio, massa, sepustellium, vestis institoris (d), gallicium , lumina signatricia (e), atlantides.
Les habitans des bords de la rivière des Amazones ont aussi observé cette constellation, et ils la nomment tapüra rayouba, la mâchoire du bœuf (f).
C'est à cette constellation, althuraïija , qu’on fixe la station de la lune au taureau céleste, ou sa troisième station (2).
Columelle marque au g avant les calendes de novembre un coucher des vergilies (4); au 6 des ides de novembre (1), un coucher du matin de cette constellation, Ce coucher annonce la tempête et le froid. Au 5 des ides il marque le souffle des vents auster et eurus, de petites pluies et le commencement des froids de l'hiver.
Il met un coucher des pleïades quarante-un jours après l’équinoxe d'automne (j}, Il fixe aussi au 12 et au 13 des calendes de novembre (Æ) un coucher du matin des vergilies, lequel annonce la tempête. Il marque au 5 des calendes de novembre ({) un coucher des pleïades, qui annonce le froid et la gelée :; au 11 des mêmes calendes un coucher de la queue du taureau, accompagné de pluie et du vent auster (m). -
(a) Riccioli, p. 126.—(b) Hyde, p. 31-33. — (c) Rice. ; p. 126, Stofler, p. 34. Cæsius , p. 34.—(d) Plin., 1. 2, ce. 42, c. 46.—(e) Bayer, tab. 23. — (f) Condamine, Mém. de l’Acad. des Sc., ann. 1745 , p. 447.—(g) Alfrag., ce. 22, p. 109; et Commentaire sur Alfrag., p. 101. — (h) Columelle , 1. 9, c. 8. — (à) L. 11,0. 2, p. 433. —: (j) P. 424. — () P. 432. — (4) P. 432. — (m) P. 432.