‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelle (volume 2)Chapitre 33 sur 97 · TOME VI · texte numérisé non relu

TOME VI

Le même Columelle (a) annonce , quarante-huit jours après l’équinoxe de printemps, un lever des pleïades vers le 5 des ides de mai. El fixe au 8 des ides d’avril (b) un coucher des vergilies. Au 10 des calendes de mai, ïl marque un lever des pleïades avec le soleil. Ce jour-là est humide; le vent africus ou auster souflle. Il met aux nones de mai (c) un lever du matin des pleïades ; le vent favonius souflle. Au 6 des ides de mai, toutes les pleïades paraissent ; il pleut quelquefois, le favonius et le corus soufflent. Aux ides d'octobre (d), les pleïades se lèvent le soir ; le vent favonius et l’africus soufilent ;

quelquefois il y a de la pluie.

Hyades.

Les hyades, comme les pleïades, font partie du taureau. Ce sont les étoiles du front de cet animal (e) céleste. Phérécyde en comptait sept, ou un nombre égal à celui des pleïades (f) ; d’autres n’en comptent que cinq (g). Euripide, dans sa tragédie d'Érechtée, en réduisait le nombre à trois ; Thalès le réduisait même à deux, et appelait l’une la boréale et l’autre l’australe : un autre en comptait quatre (A). Ainsi, l’on voit que les anciens ont varié sur le nombre des étoiles du front du taureau, connues sous le nom d’hyades, et que cette variation a été depuis deux jusqu’à sept ; les nombres cinq et sept ont été le plus communément adoptés (i). Le nom général

(a) Columelle, L 9, c. 14. — (b) L. 11,0. 2, p.425. — (c) P. 426. — (d) P. 431. — (e) Germ., p. 7. Uran. Pet. Arat., v. 172. Manil. ,L. 1, v. 395. Hygin., 1. 2, 3. 22, German. c. 13. Eratosth., c. 14. Aulugell., 1. 13,c. 8. Isidor. Orig., L. 3, c. 47. Procl., c: 16.—(f) Theon., p. 125. Hygin. ibid. — (g) German. , c. 13. — (h) Theon, p. 125. —(i) Hygin,

de ce groupe d'étoiles est Ayades, nom dont on a cherché différentes origines. Les uns veulent qu'il vienne du verbe grec hyein, qui signifie pleuvoir (a), parce qu’elles sont censées distribuer la pluie à leur lever et à leur coucher. Aussi Virgile les appelle-t-il les hyades pluvieuses (b). Ceux-ci prétendent que la forme sous laquelle ces étoiles sont groupées , qui est celle du V ou de l’Y, les a fait ainsi appeler (c). Ceux-là disent qu’elles s'appellent ainsi parce qu'elles ont nourri Bacchus, que l’on nomme souvent Fes (d). D'autres veulent qu’elles prennent leur nom d'//yas, qu’on fait tantôt leur frère, tantôt leur père (e). Les Latins, qui ont cru que ce mot hyes venait du mot grec hyes, qui signifie des porcs , lont traduit par succulæ , et c'est sous ce nom qu’elles sont souvent désignées (f°) dans leurs calendriers rustiques. [ls leur donnent aussi le nom de parilicium (g) ou pallicium (h), et de succidas par allusion au mot grec pleuvoir et humecter (1). Les poëtes les ont désignées souvent dans la mythologie sous le nom de nym- phes de Dodone et de nourrices de Bacchus (j).

On a varié sur les noms particuliers de chacune d'elles. Les plus connus sont (#), Æmbroisie, Eudora, Pedile, Coronis, Polyxo, Phileto, Thyené ou Thyoné(l). D’autres la nomment aussi Phæsule (m), Phaeta où Phaïot, Eustephanos , nymphes semblables aux Grâces , suivant

Hésiode (7).

(a) Aulugell. , 1. 13, c. 8. German. , c. 13. —(b). Virg. AEneid., L 4. Isidor. Orig., 1. 3, c. 47. Ovid. Fast.l.6,v. 198.—(c) Nonn. L. 1, v. 59. —(d) Germ. , ibid.—(e) Hygin, L 2,c. 22. Theon, p. 132.—(f) Hygin., Fab. 192. Aulugell., L. 13, c. 8. —(g) Plin. , 1. 2, c. 39. — (h) Germ., c. 41. Stofllet, p. 96. — (i) Isidor. Orig., L 3, ce. 47. — (j) Hygin, 12, c. 22. Germ. Cæs., ©. 15. — (4) Hygin, 1. 29. — (7) Ovid. Fast., 4. 6,v. gir. — (me) Hygin, Fab. 192. — (n) Theon, p. 125-132.

On peut mettre aussi au nombre des noms des hyades d’autres dénominations données aux nymphes de Dodone, aux filles de l'Océan et aux nourrices de Bacchus, puisque les hyades ont cette triple qualité. Hygin (a) nomme ces diverses nymphes fdothea , Alihea , Adrasta. D'autres les appellent les filles de Melissus, nymphes de Dodone et nourrices de Bacchus. Ceux-ci les nomment des naïades, et ils les appellent Cisseis , Nysa, Erato, Eriphie, Bromie, Polyhymno. Bacchus les avait, dit-on, placées sur le mont Nysa, et il avait prié Médée de les rajeunir (D); ce qui ayant été fait, il les consacra ensuite aux cieux. Cette dernière circonstance jette du jour sur la fable de Pélias et de ses filles , à qui Médée promet de les rajeunir. Ceux-là les nomment, ajoute Hygin (c), Arsinoë , Ambrosie, Bromie, Cisseis et Coronis.

D'autres les appellent (d) Steropé, Æthusa, Zeuxippe, Arsinoë , Prothoë. Cette dernière semble désignée dans Ovide , sous le nom de Prothius (e), dont le lever cosmique et le coucher héliaque sont fixés au six des calendes de mai, à la fin du premier printemps, quelques jours avant les fêtes de Flore.

On donne aussi à Arsinoë, qui est incontestablement une hyade , pour sœurs, Hilaria et Phébé, et on les fait filles de Leucippé (f).

= Ailleurs on compte parmi les amantes d’Apollon ou

du soleil du printemps, Ærsinoë, Æthusa, Hypsipile, Marpessa, Zeuxippe, Prothoë et Daphné (2).

(a) Hygin. Fab. 182.—(b) Ovid. Métam., 1. 7.—(c) Hygin. Fab. 182. — (d) Jul. Firm. de Prof. Rel., p. 24. — (e) Calend. Fast, Rom. —(f) Pausan. Messen., p. 142. —(g) Arnob. Cont. Gent., 1.4, p. 144.

On peut donc regarder la plupart de ces noms comme des noms diflérens des hyades , désignées souvent sous le nom générique d'héliades ou de filles du soleil, et de itanides. ‘Foutes les fois que , dans une fable, une nymphe de ce nom joue un rôle , c’est toujours dans cette partie du ciel qu'il la faut chercher, et par les hyades qu'on doit expliquer la fiction. C’est même une règle générale pour toutes les fables, que l’on doit regarder l’étoile qui porte le nom de tel et tel Dieu , de telle nymphe ou de tel héros, comme l'étoile qui a été personnifiée , et sur laquelle la fiction a été faite.

Parmi les étoiles da front du taureau, ou parmi les hyades , on en distingue une surtout remarquable par sa grosseur, son éclat et sa couleur rouge. Elle est placée sur l'œil du taureau; et les Arabes la nomment aldebaran, debiron, addebiris (a), ain-al-tort, ou l'œil du taureau (b). |

Hesychius l'appelle monostllé (c) ; Piolomée la nomme subruffa ou hypocirros; d’autres lampadias (d); les Hébreux adom.

Aldebaran est une des quatre étoiles royales : aussi Riccioli l’appelle-tl stella dominatrix (e); il la nomme encore atin el-taur ou ain ( f).

On fait les hyades filles du même père et de la même mère que les pleïades (g), et on leur donne pour frère Hyas , qui, ayant été à la chasse en Libye, fut mordu

par un sanglier , comme Adonis, ou par un serpent, et

(a) Cæsar., p. 36.— (b) Alfrag., c. 22, p. 103; p. 97-109. Alph., p. 205- 223. Ulugbeigh, p. 62-67 ; et Hyde, p. 31-33. — (e) Hesych. v. Monos. —(d) Bayer, tab. 23. Scalig., p. 435. — (e) Ricciol., p. 125. — (f) Page 125. — (g) Theon, p. 132. Hygin, 1 2, c. 22.

périt. On remarquera que toutes les étoiles qui se couchent au lever du scorpion deviennent des héros fameux par leur mort, occasionée par la morsure d’un sanglier ou d’un serpent. Cette mort les plongea dans la douleur , eomme celle de Phaëton y avait plongé les héliades ses sœurs. Jupiter , touché de leur sort, les placa aux cieux sous le nom d’hyades (a).

On suppose aussi qu’elles furent poursuivies par Lyeureue , et qu’excepté Ambroisie , elles se jetèrent toutes dans les eaux (b). Nous avons vu cette fiction dans Nonnus (c). Quant à lexception faite en faveur d’Ambroisie qui ne se mêle point aux eaux , on aperçoit aisément l’allégorie.

Euripide , dans sa tragédie d'Érechtée , ne compte que trois hyades qu'il fait filles d'Érechtée. Myrtile les fait naître de Cadmus ou du serpentaire qui, par son coucher, fait effecuvement lever le taureau, et conséquemment les hvades (d).

Tous les auteurs s'accordent à y voir les nourrices de Bacchus ou du Dieu qui prend la double forme du serpent et du taureau, ou des signes de printemps’et d’automne , saisons auxquelles présidaient les hyades.

Columelle (e) place à la veille des ides d'avril une disparition des étoiles appelées succulæ, on des hyades. Il marque au quinze des calendes de mai le passage du soleil dans le taureau , accompagné de pluies , au quatorze des mêmes calendes un coucher du soir des mêmes hyades avec indication de pluies. Il fixe aux nones de

(a) Germ., c. 13. Hygin, Fab. 192. — (b) Hygin, IL. 2, €. 22. — (ce) Ci-dess., t. 1, 1 3, c. 6. — (d) Theon, p. 132. Germ. €. 13. — (e) Columell. , À: 11, 0. 2, p. 425.

mai (a) le lever des hyades avec le soleil, accompagné du souffle du vent de nord, quelquefois du vent auster et de pluies.

Columelle (b) marque aux calendes de novembre, et les jours d'avant , le coucher de la tête du taureau, accompagné de pluies; au quatorze de calendes de décembre (c), le lever lu matin des hyades avec indication de tempête : au douze des mêmes calendes, le coucher des cornes du taureau, vent de nord , froid et pluie; au onze, coucher du matin; à la veille des mêmes calendes, coucher total des mêmes hyades , le favonius ou l’auster soufflent. Il y a quelquefois de la pluie. Germanicus César (d) marque au quatorze avant les calendes de mai un coucher du soir des hyades, accompagné de mouvemens orageux sur terre et sur mer. Îl en est aussi question au douze des mêmes calendes, sous le nom d’astre parilicium.

Ceux qui comptent sept hyades , au lieu de cinq, comprennent sous ce nom les deux étoiles qui sont à là naissance des cornés (e).

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