CANCER
CE cancer passe pour être celui qui, sorti des marais de Lerne, piquait le pied d’Hercule, et qui le génait si
(a) Alfrag., p. 109. — (b) Riccioli, p. 126-198 — (e) Photi Codex 190. — (d) Manil., 1 2, v. 438. — (e) Mart. Capell. de Nupt. Philol. — (f) Columell., 1. 11, ©. 2, p. 426.—(g) Dionys. Halycar., 1.6, p.367.
fort dans son combat contre l'hydre de Lerne, ou dans son second travail (a). Ce héros enfin indigné l’écrasa, et Junon , reconnaissante de ce qu'il avait servi sa vengeance , le plaça au nombre des constellations qui fixent les douze divisions de la course annuelle du soleil. Aussi Columelle l'appelle l’écrevisse de Lerne (b), et sa place
est aux cieux sur la tête de cette hydre (c). On a vu, dans
notre explication des douze travaux d’'Hercule , que c'est
par lui que nous avons expliqué la résistance que ce héros éprouva dans son second travail par une suite de la ligue qu'une écrevisse avait formée contre lui avec l'hydre.
On distingue dans cette constellation quelques étoiles particulières. De ce nombre sont celles qu'on appelle les änes que Bacchus a figurés sur deux étoiles de l’écaille de l’écrevisse (d). Ces deux étoiles sont placées près d’un autre amas d'étoiles connu sous le nom de la crèche (e).
La fable suppose que Bacchus (f), que Junon avait rendu furieux, errait cà et là dans la Thesphrotie , cherchant à arriver au temple de Jupiter à Dodone, afin d’en cbtenir une réponse qui lui indiquàt des moyens de guérison. Arrivé près d’un vaste marais qu'il ne pouvait passer , il rencontra deux ânes ; il en monta un et passa le marais sans se mouiller. Il gagna le temple de Dodone où il recouvra son bon sens. Il témoigna alors sa recon-
naissance à ces ânes qui l'avaient si bien servi, et il les
plaça au nombre des constellations. Quelques-uns même.
ajoutent qu'il gratifia celui qu'il avait monté du don de
(a) Hygin, 1.2, c. 24. Germ., c. 10. Theon, p. 122. Eratostk, c. 114 — (b) Columell. , 1. 10, v. 313. — (c) Hygin., 1.3, €. 22. — (d) L. 2,
c. 24. Theon, p. 197. Germ., c. 10.— (e) Eratosth., c. 11. Arat4n
v. 892. — (f) Hygin, ibid. Lactane,, 1. 1, c. 21. German., c. 10.
ET DE SES PARTIES. 303 Fa parole ; don qui lui fut commun avec le fameux âne de Balaam. Dans la suite cet âne eut une dispute avec Priape, Dieu de la Nature, dont l'organe de la virilité rivalisait avec le sien ; il fut vaincu et tué par lui. Bacchus , sensible à son malheur, le plaça aux cieux sur ce même cancer que Junon, son ennemie , y avait déjà placé.
On donne à cette consécration une autre origine (a). . On prétend que, dans la guerre des-géans, Jupiter convoqua tous les Dieux, et que Bacchus, Vulcain , Silène et les satyres vinrent montés sur des ânes ; qu'avant même qu'on se füt approché, les ânes effrayés se mirent à braire. Le bruit qu'ils firent, et auquel les géans n'étaient point accoutumés , inspira de l’effroi à ces ennemis des Dieux, qui prirent aussitôt la fuite et laïssèrent la victoire aux habitans de l'Olympe. Les Dieux reconnaissans les placèrent avec leur étable parmi les constellations.
On donne à la nébuleuse du cancer (4) le nom de phatnè , præsepe , où de crèche; on la place près des ânes.
Le cancer a porté différens noms dans diverses langues.
Les Arabes et les Hébreux le nomment sertan, sartan, assartan (c), alsartan (d), assartano (e).
Les Syriens, sartono; les Perses, chercjengh ; les Turcs, /enkutch, lenkitch, yenkutckh, Jenkich, ylenkutch, yilenküch (f).
(a) Eratosth, ce. 11. Hygin., ibid. — (b) Eratosth., c. 11. Germ. Ârat., v. 892-805. Germ., p. 7. Non., IL. 1, v. 455. Procl., ec. 16. Theon., p. 197. Achill. T'at., c. 34. Hipparch., 1. 2, c. 26. Theocrit. Idyll. 29, -v. 21. Plin., }. 18, c. 35. Alfrag, ,.c. 22.4 (c) Epiph. adv. Hæres. Comm. d’Alfrag. , p. 108. Bayer, tab. 25, —(d) Ricciol., p. 127. —(e) Cæs., p. 60, (f) Hyd. Comm. ad Ulugbeigh, p. 35.
Les Grecs l’appellent carcinos, opistobamos , octapous ou octipes , astacus, Cammarus.
Les Italiens, granchio ; ceux de Rome, granzo (a).
Les Latins , cancer, nepa.
Les Allemands, crebs (b).
Les Indiens le nomment karjang en pelhvi (c), et carcalla kam en langue brame (d).
Blaeü le nomme #epa, astacus , cammarus , cyllenium , vel Mercurü sidus ; en italien, gammaro; les Vénitiens l'appellent astase, Hésychius, cabeiros , d’autres pagouros. |
On donne , chez les Arabes (e), à la nébuleuse le nom de meelef, et celui de pesèbre (f).
Ulugbeigh (g) lui donne ceux de malaph et de alnethra, et aux étoiles qui suivent, les noms de kimäreinr ou al-himarän ; ce sont les deux ânes.
Dans les serres droites du cancer, chelæ, on place trois petites étoiles; et dans les gauches , deux (A).
On donne à ces serres le nom de acubène, azubène , zuben asartani (à).
On fixe dans ce signe la huitième station de la lune, anachera (j), qu'on appelle gueule du lion : d'autres la nomment alnethra et emphal-asad (k). |
On donne au cancer l’épithète d’ardens ou de brülant, de terme ou de borne de la course du soleil (2). Il est appelé aussi une des portes du ciel; c’est celle des
hommes (mn).
(a) Cæs., c. 4, p. 60. — (b) P. 59. — (c) Anquetil. — (d) Gentil. — (e) Ptolémée Tetrab., €. 9. — (f) Ricciol,, p. 127. Bayer ÜUran, tab. 29. — (3) Ulugbeigh, p. 72-74 — (h) Hygin, 1. 3, c. 22. — (à) Bayer. 25. Scalig. in Manil., p. 309. — (j) Alfrag., p. 109. — (k) Hyde Comm. ad Ulugbeigh, p.35.—(4) Germ., ce. 1.— (mr) Macrob. Som. Scip., À 1.
C’est le domicile de la lune (a), le lieu de l’exaltation de Jupiter , le siége de Mercure dans la distribution des signes entre les douze grands Dieux (b). Ce signe était affecté à l’élément de l’eau.
Columelle (c) fixe le coucher total du cancer au seize des calendes de février. Il est accompagné de. froids. C'est un coucher du matin. Les Fastes d'Ovide marquent un coucher cosmique de ce même cancer, au irois, des nones de janvier (d). Ce même coucher est
marqué au même jour par Columelle ; on y lit : pi variable (e). +
Le treize avant les calendes de juillet, le même calendrier fixe l'entrée du soleil au cancer, accompagné de tempête ; c’est au quinze que le fixe Ovide (f). Enfin Columelle marque un coucher du milieu du cancer, pour la veille des nones , avec indication de chaleur (g).