‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelle (volume 2)Chapitre 37 sur 97 · TOME VI · texte numérisé non relu

TOME VI

nom de Véméen ou de lion de Némée (a). On raconte qu'Hercule, seul et sans armes , le terrassa et l’étrangla , et qu'il en porta la peau le reste de sa vie, en mémoire de cette action glorieuse (b). On a vu , dans notre chapitre sur Hercule, que c’est par cette constellation que nous avons expliqué le premier travail de ce héros, et que c’est à ce signe que nous avons sttaëéhé le commencement de la série des douze travaux. Pisandre , auteur de l'Héracléide , et plusieurs autres auteurs, avaient écrit sur cet animal céleste, si l’on en croit Hygin (c) et Eratosthène. On disait qu'il avait été placé aux cieux, comme un monu- «ment destiné à rappeler le souvenir du premier travail d’Hercule (d). Nigidius prétendait qu'il avait été nourri dans la sphère de la lune par ordre de Junon, et que de-là il était tombé sur la terre, en Arcadie, où il s’était retiré dans une caverne près de Némée (e) afin de surprendre et de faire périr Hercule. Mais ce héros, armé de ia massue de Molochus son hôte, l’attaqua et le défit. Depuis ce moment la massue devint son arme, et la peau du lion vaincu lui tint lieu de bouclier le reste de sa vie. Ce premier trait de courage rendit Hercule cher aux mortels, et, au contraire, plus odieux à Junon. L'animal vaincu fut placé aux cieux où il forme une constellation vaste et remarquable. Plusieurs veulent que ce soit à cause de lui qu’aient été institués les

combats gymniques, connus sous le nom de jeux néméens (f).

| (a) Manil., 1 4, v. 556; 1.2, v. Gar; 143, v. 408; 1, 5, v. 204. — (b) Eratosth , c. 12. Manil., 1. 2, v. 12. Manil. ,1.2,v. 32.—(c) Hygiu, Le, ©. 25. -Eratosth., e., 12. 2 (d) Germanic., e. 11.— (e) Hygin,

Fab. 30. — (f) Germanie. , ibid.

Quelques-uns pensent qu'il fut consacré aux cieux en qualité de chef et de roi des animaux, et qu’il y fut placé par Jupiter (a) qui a son siége dans ce signe, dans la distribution qui a été faite des douze grands Dieux entre les signes (b). ri

Ce signe est le domicile du soleil, et il est affecté à l’é- | lément du feu. Plutarque appelle, le lion, l’animal solaire (c). Théon dit qu'il était consacré au soleil (d).

Héraclide de Pont le nomme un animal ignée ou tout de feu, lequel est un symbole du feu éther (e); il redouble les ardeurs de l’été, en joignant ses feux à ceux de la canicule (f). Aussi Fos l’appelle-t-il le Yon furieux , vesanus , celui qui avec Procion vient brûler Ja terre de ses feux (9).

Sous son aspect, le Nil se débordait en Égypte (h); l'extrémité des tuyaux , des canaux, et les clefs des temples portaient en conséquence l'effigie de cet animal (e).

On distingue dans le lion une étoile brillante de première grandeur , placée sur son cœur. C’est une des quatre étoiles royales. On la nomme le cœur du lion et regulüs (j), en latin regia stella, en grec Dasiliscos (A). Les Chaldéens lui donnaient en quelque sorte l’intendance (7) des autres corps célestes; et les Égyptiens fixaient là l origine de l’année au lever de Sirius.

Hésychius nomme l'étoile du cœur du lion monoua-

los (m).

(a) Hygin, L.2,c. 25. Theon, p. 123. Erat. 12. — (b) Manil., 1.2, v. 439. — (c) Plut. in Sympos. — (d) Theon, p. 123. — (e) Heracl. Opusc. Myÿth., p. 490.—(f) Theon, p. 122.—(g) Horac. L. 3, Od. 22, V.19.—(h) Theon, p. 122. —(i) Theon, ibid. Plut. de [sid. , p: 366.— (3) Ptolem, Alm., 1, 7. Stoffl. c. 14; p. 98. —(k) Procl., c. 16. Gemin. , p. 7. — (4) Theon, p. 122, 123. — (7m) Hesych. v. Honoual.

308 je DE LA SPIHÈRE

On donne divers noms au lion dans les diverses langues.

Les Arabes le nomment asedaton, alezet (a), alazado, alezer, al-asid, asit, asida (D), ellesed (cs asad (d).

Les Hébreux, arish, arye (e); les Syriens, aryo.

Les Perses, shir; et les Turcs, arslän et aslän (f).

Les Indiens, schir en pelhvi (2), simham en langue brame (h).

Les Grecs, leo et thér, ou la bête féroce par excellence (i).

Les Allemands, Z6m.

Les Péruviens , puma (j).

Les Latins, (leo herculeius , cleonæus, nemæus, herculeus primus labor, cleonœum sidus , Bacchi sidus , nemèes terror, nemèes alumnus , Jovis et Junonis sidus.

La brillante du cœur du lion se nomme, chez les Arabes et chez les Chaldéens, calb-eleced (k), kalbelasit, calb-elasid, calb-elesit , calb-alezet, sur les globes. D’autres l’appellent calbol-asadi (1). Les habitans du royaume de Fez , de Maroc, et les tables alphonsines la désignent sous les noms de kalbellessed et kalbelasid (m) , éomme ils appellent la brillante de la queue du lion, nebolessed et nebolassid. C’est celle que d’autres appellent deneb-elasit, deneb-el-eced , deneb-

. (a) Cæs., c. 5, p 64. — (b) Bayer, tab. 26. Ricciol., p. 126. —

(c) Hyd. p. 36. — (d) Hyde Comm. Ulugbeigh, p. 36. Epiph. adv. Hæres. — (e) Hid., ibid. — (f) Hyd. Com. , p. 36: — (g) Anquetil. — (h) Gentil., Voy. de l'Inde, p. 247. —(i) Theon, p. 112.—(j) Cœsar., p. 64. — (%) Ibid. — (7) Bay., tab. 26. Stoffl., c. 14. — (m) Cœsar., c. 5, p.64.

ET DE SES PARTIES. : 309 alecid, alazet (a) dhanbolosadei, alesit, nebolasi, dénebola (b), alcaia (c). |

Ulugbeigh (d) nomme celle qui est à l'extrémité du nez du lion, minchir-al-asad ; la plus septentrionale des .deux étoiles de la tête, rds-al-asad, al shemali; la plus australe, rds-al-asad algjenübi; les trois du cou, algjeb'ha. Celle du cœur, régulus, se nomme mélichr, kalb-al-asad ; la précédente des deux qui sont sur les reins, duhz-al-asad ; la suivante, min-al-zubra; la plus boréale des cuisses, zim-al-zubra. Celle de l'extrémité de la queue s’appelle serpha. Hors la figure , on trouve au nord , entre la queue du lion et l’ourse, des nébuleuses appelées daphira-al-azad.

Al-gjeb'ha forme la dixième station de la lune (e).

Melichi où kalb-al-asad , la huitième.

Min-al-zubra est aussiune station de la lune.

Alfragan (f) appelle la neuvième station altaref; la huitième, alzobrach; la onzième, algubra, près des deux étoiles brillantes qui suivent regulus , et qu’on nomme alcuraten. La douzième est asampha , près la queue du lion.

On donnait aux étoiles informes qui sont connues sous le nom de chevelure de Bérénice, le nom d’alhanel (3), lac, citerne. La sixième des informes est appelée daphira-al-asad; les deux suivantes, al-daplhira. D'autres lisent cissim et ghül n’esieren, rosa ‘canina.

Il semble qu’Aratus et Hipparque peignent le lion couché (h) tel qu’il est dans le monument de Mithra. Il

(a) Rüicciol., p. 127. — (b) Cæsar., p. 64. Bay. t. 26. — (c) Hyde , p. 36-57. — (d) Ulugbeigh., p. 74-78. — (e) Hyde, p. 36 - 37: — (J) Alfrag., ©, 22, p. 1 9.—(g8) Hyde, ibid. (h) Arat, Hipp., !. 2, c. 7.

regarde le couchant ; il est placé sur la tête de l’hydre, et il s'étend jusqu'au milieu de cette constellation (a). Il a au-dessus la chevelure de Bérénice, ou celle des filles qui périrent à Lesbos (b).

Columelle place au 17 des calendes de février le commencement du coucher du lion accompagné du souffle du vent d'Afrique et de l’auster , avec indication

de pluies (c).

Le calendrier des Fastes (d) marque au 8 des ca:

lendes de février le coucher du cœur du lion, le lendemain de celui de la iyre. Columelle le fixe au 6, et il y attache l'indication du milieu de l'hiver (e). IL

place (f) au 10 des calendes de mars le coucher total

du lion accompagné du soufile des vents de nord connus sous le nom d’ornithies , lesquels durent trente jours. Alors arrive l’hirondelle. en

Le même Columelle (£} fixe au 30 des calendes d’août le passage du soleil au lion, accompagné du soufle du vent favonius ; au G de ces mêmes calendes le lever de regulus avec indication de tempête ; aux calendes mêmes les vents étésiens. Il marque , la veille des nones d'août, le lever du milieu du lion avee indication de tempête.

(a) Hygin., 1. 3.— (b) Germ., c. NE (c)°Columell. , 1. 11, ©. 2, p.420 — (d) Ovid. Fatr., 1 1, v. 655. — (e) Columell. , ibid. — (f) P. 423. — (8) Columell., ibid.

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