VIERGE
Hésrope fait de cette vierge la fille de Jupiter et de Thémis. Aratus la fait fille d'Ascréus et de l’Aurore (a). Elle vivait dans l’âge d’or où elle se fit remarquer par sa justice ; ce qui lui en fit donner le nom, ainsi que ceux de Thémis et de Dicé (b). Quoiqu’immortelle, elle vécut sur la terre parmi les hommes tant qu'ils furént vertueux (c). Lorsque les hommes se furent pervertis , et que Ja vertu fut bannie de la terre, elle ne voulut plus habiter parmi eux, et elle se retira sur les montagnes. Mais la guerre et les autres maux qui prennent leur source dans la perversité humaine, ayant fait sur la terre de nouveaux ravages, elle quitta absolument la terre et les hommes qui lui étaient devenus odieux (d), et elle s’envola aux cieux où elle brille aujourd'hui. Avant cette époque les hommes vivaient heureux, dit Nigidius , parce qu'ils étaient justes; car sans justice, point de bonheur. C’est en y rappelant sans cesse les hommes qu’elle les fixait dans la félicité (e). Alors auçun peuple ne songeait à troubler le repos de ses voisins. On n’exposait pdint sa vie sur les mers pour satisfaire l’avidité mercantile. L'homme vieillissait paisiblement dans ses champs qu'il cultivait; mais lorsque cette race vertueuse fut morte, ceux qui vinrent après aimérent à amasser ; l'amour de l’or succéda à celui de la vertu et de l’heureuse médiocrité. Alors la justice étant bannie
(a) Hygin, 1. 2,c 26.—(b) Eratosth., c. 9. —(c) Arat., v. 113-133 — (d) Theon, p. 119. — (+) Germanic., c. 8.
de leur société, et l'espèce humaine s'étant absolument dégradée, la déesse Thémis ne put rester plus longtemps parmi eux, et elle s’envola dans la région des astres (a) où règne un ordre éternel. Elle y prit le nom d’Astrée (b), et ne voulut plus avoir de commerce avec personne (c). |
On lui donne encore d’autres noms, tels que ceux de Cérès, parce qu’elle porte l’épi; d'Isis, d'Atergatis. Quelques-uns la nomment la fortune, et la peignent sans tête (d); sans doute parce que cette partie est fort peu lumineuse (e).
Elle est principalement connue sous le nom d’Érigone, fille d'Icare , placé lui-même à côté d’elle dans la constellation du bouvier (f). Nous remettons à raconter son histoire à l’article de ce dernier.
D'autres auteurs (g) la font fille d'Apollon, de ses amours avec Chrysothémis. On lui donna le nom de Parthenos, parce qu'elle mourut très-jeune et vierge. Apollon la placa aux cieux.
Théon (4) la fait fille d'Astrée et du jour suivant les uns, ou d'Asopus suivant d’autres. Dans cette dernière tradition, elle prend le nom de Thespia, à qui Apollon accorda trois prérogatives ; d’abord de donner son nom à Thespies en Béotie ; 2° à la vierge céleste 5 9° le talent de la divination.
On distingue dans la constellation de la vierge principalement deux étoiles. L'une est de première grandeur
(a) Ovid. Met., 1 r,v. 150. Hyg., La, c. 36. Arat., v. 134. Germ., c. 8. — (b) Orph. Poet. Græc., p. 735. — ‘(c) Thcon, p. 49. — (d) Eratosth. , c. 9. — (e) Hyg., L2; c. 26. Germ. c. 8 — (f) Nonn.,
1. 47, v..246. Minut. Felix, p. 200. —($) Hyg, L'2.0c, 26.—(h) Theon, P. 129. :
et trés-brillante. Elle se nomme l’épi (a), nom sous
lequel la constellation entière est quelquefois désignée
comme chez les Perses. C’est la brillante de la main droite de la vierge (b); d’autres disent de la main ganche (c). L’épi qué la vierge porte est un symbole de l’agriculture, dit Théon (d), et un monument de la considération ‘dont elle jouissait chez les anciens. Ce même auteur ajoute qu'il n’est point de constellation sur laquelle on ait débité autant de fables, et il est en cela d'accord avec Ératosthène (e). Il voit dans les fic-
tions qu’on a faites sur elle, et dans les attributs qu'on lui a donnés, l’ouvrage du génie poétique et symbolique , et il a raison.
Outre cette. première étoile, on en remarque une autre moins brillante, qu'on appelle l’indicatrice des vendanges, la vendangeuse , protygéter (f), antè vindemiator (g), celle, dit Germanicus, qui promet la maturité. des vendanges qu’elle précède de peu de jours, suivant Théon (4). Car elle se lève avec une partie du lon et avec les épaules de la vierge. On la place à l’aile droite de cette dernière (i). Car la vierge, dès la plus haute antiquité , fut peinte avec des ailes que l’on donna à Thémis lorsqu'elle s’envola aux cieux.
On donne à cette constellation et à ses étoiles remarquables divers noms.
Les Arabes la nomment eladari (j), sunbala, adrenedefa, adra (k). |
Pt
(a) Germ., p. 7. Manil. , L 2, v. 440. — (b) Germ., c. 8. Hygin, 1.3,c. 24.—.(c) Eratosth., c. 9. —(d) Theon, p. 118-1 19:—(e) Erat., ibid, — (f) Arat., v. 138. Hipp., 1. 2, c. 20. Hygin, 1. 3, c. 24. — (g) Germ. c. 42.—(h) Theon, p. 121. — (i) Germ., p. 7. Nabod. Elem. Astrol., p. 76..Nonn., I. 2, v. 335.—(j) Ricciol., p. 26. Bay., tab. 27. * — (k) Hyd, Comm., p. 38.
Les Persans , seclenidos-de-darzama.
Les Hébreux, bethula (a), et à cause de son épi # shibboleth. Les Syriens, bethulto (b).
Les Indiens , coscheh; en pelhvi, l’épi (c); canny en brame (d).
Les Grecs, Parthenos, Ha Dicé.
On lui donne encore les noms de pax; panda, pantica (e), justa, dea spicifera.
On appelle la vendangeuse protygéter, almucedéme, alacaf (f), alaraf, almurédim , alcaft (g), almucediè:, alaraph, almuredim , alcalfi GR).
On nomme son épi et par suite la constellation ae en arabe, sumbela; en persan, chüshè ; en ture, sàl=. kim; en grec, stachys (i), azimech (j), alaazel, alhaizel(k), alzimon , eleazelet, elisamach, alacel , sunbala , sunbalon, l’épi (1). Les Arabes ÿ peignent un faisceau d'épis. Blaëu nomme l’épi azimon, alzimon, azimech, alazel, alaazel, hazimeth, alhacel elgazel, fusus, alhaiseth, huzimethon, faisceau d’épis, sunbeleh.
Ülugbeigh (#7) nomme l'étoile de l'aile gauche , min-al-auwa; celles qui suivent, zäwija-al-auwa ; celle du côté droit sur la ceinture min-al-auwa ; la plus boréale de l'aile droite, muldim- al-kitaph. Celle de la main gauche, appelée sumbéla, se nomme aussi simäkal-azal; celle du bas de la robe ou du pied, min-algaphr..
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(a) Kirk. OEdip., t. 2, part. à, P: 195.—(b) Hyd. ibid.—(c) Anquetil. —(d) Le Gentil. — {e) Cæs. , ©. 6, p. 74. Bay., t. 27. Ricc. . p. 126.— (f) Stofiler, p 99. — (e) Bay. y pe 29. — (h) Cæs.; ©. 6,1p. 55. —
(i) Hyde, p.38, 4o — (3) Alph., p, 227, 210. — (k) Stofil. , e. 14. Ricciol. , p. 125.— (1) Cæsar. , c. 6, p. 74. — (m) Ulugbeigh., p. 78-82.
Hyde , dans son Commentaire, donne l'explication de plusieurs de ces noms (a). Ainsi les étoiles cinq, six, sept, sont appelées min-al-auwa, mot qui signifie latrator et vociferator. Zawija-al-auwa signifie angulus latratoris.
Mukdim-al-ketäph est le nom de la vendangeuse. Les étoiles qui forment ce qu’on appelle akauwa , du même nom que le bootès, appartiennent à la treizième station de la lune (8). La quatorzième répond à l’épi, azimeth, huzimet , simäk-al-azal et al-azel.
Al-auwa et al-simäk se nomment al-inhirär et anhardn. Ce sont des astres humides , et qui versent beaucoup d'eau. On appelle cette qnatorzième station simäk-al-azal, mikros contartos (c) en grec, pour la distinguer de l’arcture, kontaratos, conto armatus.
On parlera encore d’autres étoiles (d) voisines de l'épi, et qu'on nomme arsh-al-simak. Arskh signifie trône et dais.
Gaphr, ou les étoiles qui répondent au bas de la robe , signifient voiles. Elles appartiennent à la balance et à la treizième station.
Hyde parle surtout du nom fameux, seclenidos de darzama, que donne la sphère persique à la figure de femme, qui monte au premier décan de la vierge , d'après Abu masher où Albulmazar. Ce nom fut traduit chez les Arabes par adredenefa, qui répond aussi au mot persan , dushiza pakiza. Voici le passage d'Abulmazar, cité par tous les savans, tels que Kirker (e), Selden (f),
(a) Ulugbeigh, p. 38-40. —(b) Alfrag., p. 110.—(c) Chrisoc. tabui. — (d) Turgiem. Arab. —(e) Kirk. OEdip. , t.(2, part. 2, p. 201. — (f) Selden. Synt. 1, p. 105.
516 DE LA SPHÈRE Albert-le-Grand (a), Bacon, Stofiler, Marsilius-Ficin.
Avec le premier décan de la vierge (b) monte, dans les sphères des Perses , des Chaldéens, des Égyptiens, d'a- près les préceptes d’'Hermès et d'Esculape, et cela dès la plus haute antiquité, une vierge appelée en langue per sanne séclenidos de darzama, en arabe adredenefa, vierge pure, immaculée, de’ belle forme ; de figure agréable , ayant des cheveux longs, et tenant en ses mains deux épis. Elle est placée sur un trône, et nourrit un enfant nommé par quelques nations Jesus où Ééza, et par d’autres Christ.
Dans le premier décan de la sphère persique (c), on. trouve une pareille femme effectivement, qui nourrit un enfant. |
Le jésuite Riccioli l'appelle en conséquence virgo deipara (d) : elle porte le nom de Cérès, qu'Hésychius appelle la sainte vierge (e).
Avicène en fait Isis, mère du jeune Horus , qui mourut et qui ressuscita ( f).
Ce signe est le lieu du domicile et de l’exaltation de Mercure ; le siége de Cérès, dans la distribution des Dieux entre les douze signes. Il est affecté à l'élément de la terre.
Columelle (g) fixe au 6 des nones de Mars l’'apparition de l’étoile appelée la vendangeuse , accompagnée du souflle des vents du nord.
Ovide fixe au 4 son coucher cosmique (h).
Sd mm
(a) Albert, Magn. libr. de Universit. — (b) Abulmaz, I. G. Introd. Astron., c. 2. Stofller, c, 14, p.98. Cæsar., c. 6, p. 75. — (0) Scalig. Not. ad Manil. — (4) Ricciol. » P- 401-126. — (e) Hesych.—(f) Avic., P-39.—(g) Columell., 1. 11, c. 2, P:423.—(h) Ovid. Fast., 1. 3, v. 407.
Le même Columelle (a) marque au 13 des calendes de septembre le passage du soleil dans les étoiles de la vierge, avec indication de tempête et de rosée ; il fixe au 7 des calendes le lever de la vendangeuse et de l'arcture avec indication de pluie et de froid. Il marque au 3 des calendes de septembre le lever des épaules de la vierge et la cessation des vents étésiens accompagnés de froid. Le 3 des ides, le vent favonius ou africus souflle. Le milieu de la vierge se lève. Au 14 des calendes d'octobre (b), l'épi de la vierge se lève. Le favonius ou le caurus souffle. Au 4 des calendes d’octobre , la vierge achève de se lever; c’est annonce de tempête.
On trouve, près des pieds de la vierge , une étoile appelée Janus (c), qui se levait à minuit le jour du solstice d'hiver , et qui par cela même annonçait l’année, à l’ouverture de laquelle cette étoile semblait présider. Nous avons déjà donné, dans une lettre insérée dans le Journal des savans (d), l'explication de la fable de Janus. Nous allons la rappeler ici sous la forme de problème mythologique , qui est celle que nous lui avions donnée.
Problème mythologique.
La nature et les fonctions d’une divinité mythologique qui a son siége dans les constellations , étant données, déterminer le lieu qu’elle occupe dans le ciel.
Nous avons cette satisfaction dans notre travail, de pouvoir réduire souvent à la marche rigoureuse des géo-
(a), Ovid. Fast., 1. 3, p. 429. — (b) P. 420. — (c) Plut, Parall., p. 307. — (d) Journal des sav. ann. r.
mètres la nouvelle manière de procéder à la solution des énigmes mythologiques , d’après nos principes physiques, métaphysiques et astronomiques, et d’après notre théorie sur le feu principe et sur l’ame universelle. Nous allons en faire lessai sur le premier Dieu de la mythologie romaine , le fameux Janus qui régna sur le Latium, et donna l'hospitalité à Saturne ou au Dieu du temps. Nous examinerons d’abord sa nature et ses fonctions, et nous déterminerons ensuite son heu dans le ciel. Voici ce que Marcus Messala, qui avait été cinquante ans augure , et qui avait sur ce Dieu des idées plus justes que le simple peuple , nous dit de Janus : Il estle Dieu, « qui cuncta fingit eademque regit, aquæ terræque vim. ac naturam gravem atque pronam dilabentem , ignis atque animæ levem, immensum in sublime fugientem copulavit circumdato cœlo : quæ vis cœli maxima duas vires dispares colligavit. » {Macrob. Sat. L. 1). Cette idée. sur Janus, considéré comme Dieu, qui fait ce que fait le feu éther demiourgique de la théologie d’Orphée , lequel donne une iorme régulière au chaos, est confirmée . par Ovide (Fast. L. 1, v. 103). Voici ce qu'il fait dire
à Janus :
Me chaos antiqui , nam res sum prisca , vocabant… Lucidus hic aer, et quæ tria corpora restant, Ignis , aquæ, tellus, unus acervus erant: Ut semel hæc rerumsecessit lite suarum , Inque novas abiit massa soluta domos, Flamma petit alium, proprior locus aera cœæpit, Sederunt medio terra , fretumque solo.
Tunc ego, qui fueram globus , et sine imagine moles, À In faciem redii , dignaque membra Deo.
Nous ajouterons à ce témoignage celui d’un auteur
ET DE SES PARTIES. 519 connu sous le nom de Bérose , qui, quoiqu'il ne soit pas de la plus grande autorité, a conservé cependant des traditions précieuses ; et s'accorde absolument ici avec Ovide et Messala, sur Janus qu'il confond avec Noë ou avec le Deucalion des Seythes, peut-être à cause du vaisseau qui les caractérise tous deux. Il l'appelle chaos et semen mundi : il lui donne pour femme la terre, épouse du ciel dans toutes les théogonies. 11 dit (L. 3), que ce fut lui qui « docuit astrorum cursus , et distinxit annum ad cursum solis, et duodecim menses ad motum lunæ...… » Qu'il régna sur l’Italie , et qu’on l’ y honore sous le nom de cœlum , chaos , et « semen mundi patrem Deorum majorum et minorum, animam mundi moyentem cœlos. um signant in scriptis cursu solis et motu lunæ, et sceptro dominii.... du&busque clavibus , etc. »
Il n'est pas dificile de reconnaître dans ce génie céleste , aux mains duquel on remet le sceptre et des clefs du temps, dans ce Dieu , ame du ciel et du monde rie Janus dont les deux auteurs nommés ci-dessus nous ont défini la nature. Le titre de père des Dieux, qu'il lui donne, appartenait aussi à Janus, quasi Deorum Deum,
* dit Macrobe ( Sat. L. 1, C. 9), citant les vers saliens les plus anciens. Sa liaison avec la révolution du monde et avec le soleil et l’année, dans Bérose , est aussi confirmée par Macrobe : « Ali Janum mundum , id est cœlum , esse voluerunt; » et Arnobe (contrà gentes, L. 3, p- 117): «Janus, quem quidam ex vobis mundum , annum ali, Solem nonnulli esse prodidère. » Le même Arnobe fait Janus fils du ciel : « Janum quem ferunt coœlo procreatum regnasse in ftalià primum. »
La nature de Janus est donc la même que celle de la force demiourgique qui agit dans le monde visible, que
celle de ce feu principe , générateur des corps, qui meut la sphère , qui circule dans les cieux et brille dans tous les astres , et spécialement dans le soleil, enfin l'agent universel des formes régulières du chaos. En le plaçant dans le ciel , dont les uns le font fils, ou avec lequel les autres le confondent , et en le formant de la même substance que le soleil, nous ne nous écarterons point des principes théologiques de l'antiquité.
Examinons maintenant quelle fonction il remplissait dans l’ordre du monde, et quel était son rang dans la république des Dieux. |
Janus ouvrait la marche des révolutions célestes ; il était placé aux portes de l’Olympe, il était le chef du temps et de l’année, et donnait l'impulsion au système harmonique du monde.
I! était le père de l’année :
. Jane biceps, anni tacitè labentis origo.
(Ovide, Fast. 1, v. 64.) Principium des, Jane , licet velocibus annis Et'revoces vultu sæcula longa tuo.
(Martial , Epig. , 1. 8.)
Il présidait avec les saisons et les heures aux portes du ciel; et cette fonction lui fit donner le nom de Janitor ou de portier du ciel. |
Præsideo foribus cœli, cum mitibus Horis; Indè vocor Janus.
Il en avait Les clefs : « cum celavi figuratur , » dit Ma-
crobe , Sat. L. 1, C. 9. Et Ovide, Fast. L.,1, v. 99;
le représente de même :
Ile tenens dextrâ baculum , clavemque sinistrà.
Personne n’entrait au ciel s’il n’en ouvrait la porte.
ré
Ovide lui demande pourquoi, dans tous les sacrifices
faits aux autres Dieux, il recevait toujours les prémices de l’encens
… Cur > QUAMVIS aliorum numina placem, J ane , tibi primo thura , merumque fero.
FOWI 27) Janus répond :
Ut per me possis aditum , qui lumina servo, Ad quoscumque velis, prorsus habere Deos.
Il était comme le chef de l'harmonie universelle,
Quidquid ubique vides, cælum , mare, nubila, terras Omnia sunt nostrâ clausa, patentque manu.
Me penes est unum vasti custodia mundi Et jus vertendi cardinis omne meum est.
Comme l’année solaire et ses divisions recevaient de lui leur impulsion , il eut tout le cortége symbolique du génie du temps.
On mettait à ses pieds douze autels représentatifs des
douze mois de l’année dent il faisait l’ouverture (Sat. L. 1, GC 9). « Varro libro quinto Rerum divinarum scribit, dit Macrobe , Jano aras duodecim pro totidem mensibus dedicatas. » Il présentait dans ses mains le nombre trois cent soïxante-cinq, égal à celui des jours de l’année (Jbid.). « Simulacrum ejus plerumque fingitur manu dexterà trecentorum et sinistrà sexaginta et quinque aumerum retinens, ad demonstrandam anni dimensionem. » Pline en dit autant (Pline, L. 34, C. Ur per significationem hanc anni , temporis et ævi se Deum indicaret. » On mettait souvent aussi près de lui un seul autel à quatre faces pote désigner, dit Plutarque,