‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelle (volume 2)Chapitre 42 sur 97 · SAGITTAIRE · texte numérisé non relu

SAGITTAIRE

Le grand nombre des auteurs ont appelé ce signe le centaure , et y ont peint en effet un monstre de cette forme (c). Autrefois on n’y figurait qu’un arc, un carquois (d) ou une main armée d’un trait, et on l’appelait l'arc ou le signe de l'arc. Ceux qui se refusent à y voir un centaure disent que jamais les centaures ne firent usage de flèches (e); d’autres ajoutent que le sagittaire est debout, et n’a que deux pieds. Cependant l’homme du sagittaire a des pieds de cheval et une queue de saiyre ; ce qui l’assimile aux centaures (f).

Quelques auteurs l’appellent Crotus (9), fils d'Euphémè, nourrice des Muses : il habitait sur le mont Hélicon où il vivait dans l'intimité avec elles, et se livrait aux exercices de la chasse. Ses talens lui acquirent beaucoup de réputation ; il réunissait la finesse de l’es-

(a) Colum. ibid., p. 426. Ovid. Fast., 1. 4, v. 419.—(b) P. 432-433. 434. — (c) Hygin, L. 2, c. 28. — (d) Bay., t. 30. — (e) Germ. c. 28. — (f) Hygin ,abid. Ératosth., c. 28. — (2) Ibid, German. ibid,

prit à la rapidité de la course. Pour rendre cette double idée, Jupiter, en le plaçant aux cieux, lui donna les pieds du cheval, dont il avait fait beaucoup d'usage , et lui mit en main la flèche qui peint en même temps la vitesse et la pénétration. Il y ajouta la queue des satyres , parce qu'il se plaisait autant, dit Hygin , dans le commerce des Muses que Bacchus dans celui des satyres. On le fait petit-fils de l'Océan (a) ; c’est lui qui battait la me-. sure quand les Muses dansaient ou chantaïent. C’est là

Lt ce qui lui mérita les honneurs du ciel. Son goût et ses

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talens se sont perpétués parmi les hommes, ainsi ques son amour pour la navigation. Il est observé, non-seulement par ceux qui vivent sur la terre, mais encore par ceux qui voguent sur les mers. Son vaisseau en est la preuve, dit Ératosthène (B); ceci explique ce que dit Firmicus (c), qu’à la droite du sagittaire se lève le navire Argo, et à sa gauche un chien.

Hygin (d) le fait-fils de Pan et' d'Euphémè, et frère de lait des Muses.

On lui donne plusieurs noms, dont voici les prin- Ccipaux.

Les Arabes l’appellent alkus, elkusu, elkausu (e), kaus, akrämi (f), el-kaus (9), elkuschu, alkawso (A).

Les Hébreux (?), kescheth, eeset ou chesit.

Les Syriens , kestho, les Perses, kaman, les Turcs,

ya (j).

(a) Germanic,, ec. 28. — (b) Eratosth., c. 28. — (c) Firmic., 1. 8, C. 27. —(d) Hyg. Fab. 224.—(e) Comm. Alfrag., p. 108. Scalig., p. 437: Bay. , t. 30. — (f) Hyd., p. 41. Ricciol., p. 127. — (g) Cæs., p. 84. — 1 (h) Kirk. ,t.2, part. 2, p. 108. — (i) Epiph. adv. Hæres. — (j) Hyd. Comm. ad Ulugbeigh, p. 41. 5

Les Indiens, vismasp , V'arc en pelhvi (a), dhanoussou en brame (b).

Les Grecs, toxotès, toxeuter, toxon, aemma (c), réter toxou (d), hippotès.

Les Latins, arcitenens, arcus, sagiltarius , telum , semivir, sagititæ thessalicæ (e), centaurus , taurus, croton, crotus, Chiron, phillyrides, pharetra, eques Cf};

Ulugbeigh (3) distingue plusieurs étoiles dans le sagittaire,, et il leur donne différens noms. Ii appelle celle du trait, min-al-naäim-alwarida.

Celle de l’épaule gauche et la prépéentes min-alnadim-alsadira.

Celle de l'œil, ain-al-r4mi. Celle de l'épaule , minal-naäim-al-sadira. |

Celle de la gauche du trait, urkdb-al-rämi. Celle du genou, rucha-al-rami.

La première étoile , celle de la pointe du trait, s’appelle aussi zugi-al-nushaba.

Ælnaïim est une des stations de la lune, la vingtième; la vingt-unième est albendach, et la vingt-deuxième s'appelle fortuna decollentis, près l'étoile appelée orien par les Arabes (h).

On donne le nom de dalmiain à quelques étoiles de l'extrémité boréale de l'arc du sagittaire (x).

On représente le sagittaire avec une espèce de manteau appelé ephaptis, dont s’entortillaient le bras ceux qui voulaient combattre (j).

(a) Anquetil. — (b) Le Gentil. —(c) Hesychius. — {d) Arat., v. 3o1- DD. Nonn,, 4, v.261. Hipp.; k », @ 3-76) Bay. tab. 30. — (f) Cæs., ec. 9, p. 84. —(g) ide » P; 90, — (h) Alfrag., c. 22, p 110.—(i) Hyd. Nat, ad Mahamed. Tizin. tab. pre. =1(7)Siofil.,

j. Bay. , &. 30.

Son arc est coupé en deux par la voie lactée. Il regarde le couchant; il se couche la partie antérieure la première , et monte droit.

Le sagittaire est le domicile dé Jupiter, le siége de Diane parmi les douze grands Dieux. IL est affecté à l’élément du feu. ; |

Columelle (a) place aux ides de février un coucher du soir du sagittaire , accompagné de froids violens. Il fixe au 14 des calendes de décembre le passage du soleil aux étoiles du sagittaire (b). Théon fait répondre le mois choiac des Égyptiens au soleil du sagittaire (c).

Le même Columelle (d) marque au 8 des calendes de décembre le coucher du milieu du sagittaire, avec annonce de tempête,

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