‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelle (volume 2)Chapitre 41 sur 97 · SCORPION · texte numérisé non relu

SCORPION

‘CE scorpion est fameux dans la mythologie par sa haine conire Orion qu'il fait toujours coucher à son lever. C’est ce qui a donné lieu de dire qu’il n’était né que pour faire périr Orion, et que celui-ci était mort de la morsure de cet animal placé aux cieux en opposition avec lui (c), de manière qu'Orion se couchât toujours au lever du scorpion (d). Orion, dit Aratus, parait toujours fuir effrayé de sa vue (e). |

Orion s'était vanté, vis-à-vis Diane et Latone, d’être assez habile chasseur pour exterminer (f) tous les ani-

maux que la terre pourrait produire. La terre indignée produisit le scorpion qui devait le faire périr lui-même. Jupiter, par admiration pour la force de ces deux rivaux, plaça le scorpion aux cieux avec Orion pour qui Diane sollicita cette faveur.

D'autres disent que c'était Diane elle-même (g) qui avait donné naissance à ce scorpion sur le mont Chélippius , dans l’île de Chio, où Orion avait coutume de

- (a) Columell., ibid., p. 430. — (b) Theon, p. 151. — (ec) Germanie. , ©. 6. — (d) Hygin, L 2, ©. 27. — (e) Arat, , v. 585. (f) Hygin, l. 2, C, 27. — (g) Germanic., c, 6. |

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chasser et de braver sa puissance. La Déesse irritée suscita un scorpion qui fit périr Orion, et elle obtint ensuite que le reptile qui avait servi sa vengeance fût placé au nombre des signes. Son énorme grandeur lui en fait occuper presque deux entiers. Ératosthène prétend qu'Orion avait voulu violer Diane, et que le scorpion, défenseur de la Déesse, fut placé aux cieux par Jupiter parmiles astres les plus brillans, afin d'apprendre à la postérité sa force et sa puissance (a). C’est ce monsire qui eflraie aussi les chevaux du cocher Phaëton placé au-dessus d’Orion , et qui se couche peu de temps après lui (b). C’est lui qui dévore les testicules du taureau placé entre le cocher et Orion, et qui se couche avec eux, Comme on peut le voir dans le mônument de Mithra.

On aperçoit aisément l’origine de ces diverses fictions.

On l'appelle d’un nom générique la grande béte (c);, le monstre effroyable. Orion était surtout observé des matelots (d) comme un des astres qui donnaient le plus. de tempêtes ; et son ennemi le scorpion passait pour être d’une redoutable influence dans les naissances (e).

On li donne divers noms.

Les Arabes le nomment acrab, alacrab, et par cor-

ruption, alatrab (f), alacrabo.

Les Hébreux, acrab.

Les Syriens, alcrevo.

Les Perses, ghezhdüm. :

RER OR ee SE CES A Re On

(a) Eratosth., c. 7. Horace, L. 3, Od. 4, v. 70. Arat., v. 593. — (b) Ovid. Metamorph., L 2. — (c) Arat., v. 84-402. Theon, p. 116. — (d) Fheon, p. 18t. — (e) Horace , 1. 2. Od. 14, v. 179: —(f) Bay., tab. 29. Comm. Alfrag., p. 108. Cæs., ©. 8, p: 82.

Les Turcs, koirugi et uzür koirughi (a).

Les Indiens, gazdom en pelhvi (b), ourou chikam en brame (c). |

Les Grecs, scorpios, mega thérion.

Les Latins, scorpius, nepa (d), fera magna, retrogradus.

On distingue dans le scorpion plusieurs parties ; savoir les serres, chelæ (e), dont nous avons parlé à l’article de la balance. |

On remarque surtout une étoile rouge de première grandeur placée au cœur du scorpion , connue sous le nom d'antarès (f); c’est une des quatre étoiles royales. On l'appelle en arabe kalbel acrab, kalb-al-acrab (g), colbolacrabi, ou simplement calb (h); elle à pris d’elle deux autres petites étoiles appelées al-nayat, præcordia. On lui donne aussi le nom d’alcantub (1) et de vespertilio (j).

Les Chaldéens nomment alascha (k), leschat, leschaton, schomlek , moslek, lesath et lessaa-et-aakrab , une étoile de l’aiguillon du scorpion (2). Peut-être est-ce celle qu'Hésychius désigne sous le nom de /ésos (m); mais, comme il la dit très-brillante, peut-être est-ce la brillante du cœur du scorpion, antarès ou antartés (n):

Ulugbeigh (o) parle de trois étoiles brillantes du

front , nommées iclikal-gijeb’ ha. La plus australe est

(a) Hyd. Comm. ad Ulugbeigh. , p. 40. — (b) Anquetil. —(c) Gentil. — (d) Cicer. —(e) Virg. Georg, 1. 1. Germanic., c. 6. Bay., p. 29. — (f) Ptolom. Hyd., p. 41. — (g) Ulugb., p. 86-90. Cæs., c. 8, p. 83. — (h) Hyd., p. 40-41. — (i) Ricciol., p. 217. — (j) P. 128. — (A) Alph. tab. , p. 210. — (1) Ricciol., p. 125. Bay., tab. 29. Cæsius, p. 83. — (me) Hcsych. Lés. — (n) Scalig., p. 439: Hipp., K 13e. 3.— (0) Ulugp., p. 86-90.

gjeb'ha-al-acrab ou le front; celle de l’aiguillon est shaula ; hors de la constellation sont des nébuleuses qui suivent l’aiguillon, C’est tali-al-shaula.

Iclil-al-gjeb ha, ou la couronne du front, fixe la dixseptième stalion de la lune (a), celle du cœur est la dixhuitième , et al-shaula, la dix-neuvième.

Ce signe est le domicile de la planète de Mars , et le siége de ce même Dieu dans la distribution des douze grands Dieux entre les signes. Il est affecté à l'élément de l’eau. Ss

Le scorpion est placé sous les pieds d'Ophiucus et près de l'animal que perce le centaure, c’est-à- dire , du loup. I se couche la tête la première et se lève droit @): il a près de lui le renard et Ophiucus à droite, dit Firmicus (c), et à sa gauche le cynocéphale et l'autel ; c'est-à-dire, que ces constellations font ) à son égard, la fonction de paranatellons à droite et à gauche. Le renard est une des étoiles voisines de là seconde du timon du chariot, comme nous l'avons dit à l’article du taureau,

Columelle (d) fixe aux ides de mars le commencement du coucher du scorpion qu'il appelle repa ; il marque tempête ce jour-là. Il fixe au 17 des calendes d'avril, ainsi qu'Ovide (e), le coucher total avec annonce de froid ; il marque aux calendes d’avril (f) un coucher du malin, avec indication de tempête. Ovide le marque aussi, et un coucher cosmique au 3 des nones (g). Co- DL ainsi qu'Ovide, marque, la veille des nones

ft ep aie SUR

F4 Hyde Comm. , p. 40-41. alt Hygin,1.3, c. 25.— (c\ Firm. + 8, Ge 26. — (d) Columell., 1. 11, ce. 2 MPa 404" —(e) Fast. 13 v'ars — (f) Columell., ibid. , p. 125. Fan CRE LE CT ON CR à 164:

de mai, le coucher de la moitié du scorpion (a) , avec indication de tempête. Columelle (2) fixe au 13 des calendes de novembre le passage du soleil au scorpion ; au 7 des ides le lever d’antarès, avec annonce de tempête, de froid, du souffle du vulturne et de petites pluies. Il marque aux ides de décembre le lever total du scorpion le matin , avec annonce de froid.

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