TOME VI
Germanicus raconte cette fable avec plus de détails, et il nous dit, d’après Nigidius (a), que , dans le temps que Python ou Typhon habitait une caverne du Faurus, Jupiter assembla les Dieux pour aviser aux moyens de résister à leur ennemi commun; que ceux-ci ne voulurent point quitter la terre, et d’un autre côté, ne se sentant point en état de résister à Typhon, ils prirent le parti de se métamorphoser en divers animaux, o1seaux, poissons ou bestiaux. Les Dieux sous cette forme furent absolument méconnus de leur ennemi. C'est là, dit-on , l’origine du respect qu'ont encore aujourd’hui les Égypuüens pour ces animaux. Python , trouvant le champ libre, régna tyranniquement, fier de la frayeur qu'il avait inspirée aux Dieux. Mais ceux-ci, au bout de dix-huit jours, délibérèrent sur les moyens de le détruire. Ces dix-huit jours sont devenus tous les ans des jours de fètes , dont on a perpétué le souvenir en Égypte. Apollon, armé de la foudre, tua le monstre dans le temple d’Apis, à Memphis, où se faisait l'inauguration des rois d'Égypte. +
Après que les Dieux eurent puni Ty phon, ils placèrent aux cicux l'image de Pan ou d’ Égypan qui avait pris la forme de chèvre (b), et ils lui élevèrent un superbe temple à Panople.
On donne à cette constellauon différens noms.
Les Arabes la nomment gjedi, les Hébreux gedi, gadi, algedi, alcantarus (c), asasel, atcantarus, al-
gedi, algedio (d).
(a) Germanic., c. 27. — (b) Theon., p. 136. — (c) Kirk. Œdip., t. 2, part. 2, p. 198. Ricciol., p. 125-126. Bay. t. 31. Stoff,, p. 81. Comm. Ru à p. 108. — (d) Cæsar., c. 10, p. 80.
Les Syriens et Chaldéens, gadio (a).
Les Perses, buzghäle.
Les Turcs, ughläk (b).
Les Indiens, nahj en pelhvi (c), et marcaram en langue brame (4).
Les Grecs, aigoceros (e), athalpes, icthyoeis (f), cyaneus (2). |
Les Romains (}), caper, hircus, capricornus, Hesperiæ tyrannus undæ (i), neptunia proles (j), pelagi proceila, imbrifer, gelidus (4), æquoris hircus, Pan, Ægypar; signum hyemale, januale, altera solis porta, Ves'æ sidus (?).
Ulugbeigh appelle la plus boréale des trois de la corne suivante in sad al-dabih ; la plus australe est appelée de même , on simplement dabih, mactans où fortuna mactantis (m). C’est la vingt-deuxième station de la lune. La précédente des deux voisines de la queue se nomme s&d näshira, fortuna averruncantis ; la suivante, danab al gjedi, queue du capricorne. On compte encore dix étoiles (7) appelées les fortunes, comme le gad
de Lia. On les nomme sitüid al nugjiüm , les astres heu- reux. Quatre appartiennent à une station de la lune.
Ce signe est le domicile de Saturne, le lieu de l’exaltation de Mars, le siége de Vesta dans la série des douze grands Dieux. Il est affecté à l'élément de la terre.
Columelle (0) fixe au 8 des ides de juillet le coucher
(a) Ricciol., p. 127. — (b) Hyd. Comm., p. 42. — (c) Anquetil. — (d) Gentil. — fe) Hipp. 1.1, c. 2. — {f) Nonn., L 1, v. 560; 1. 2, v. 650.—(g) Arat. v. 292-702.—(h) Horac., |. 2, od. 14.—(i) Bay., t.3r. —(j) Germ., c. 1.—(%) Cæs., c. 10, p. 89. — (1) Ulagbeïgh, p. 94-98.— (m) Hyd., p. 42. — (n) Seld. , Synt. 1. — (0) Columell., 1. 11, c. 2, p. 428.
du capricorne ; au 16 des .calendes de janvier l’enirée du soleil au capricorne. C'est le solstice d'hiver, suivant Hipparque. Il y a ce jour-là annonce de tempête ; et le 15 du vent (a). |
Le capricorne pourrait être Ægéon. Ce nom est celui d’un Dieu marin (8), de Briarée et de Neptune (c).