‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelle (volume 2)Chapitre 46 sur 97 · POISSONS · texte numérisé non relu

POISSONS

Nicrpius raconte que ces poissons (a) étaient dans le . fleuve Euphrate ; qu’ils y trouvèrent un œuf d’une énorme grosseur; qu'ils le roulèrent sur le rivage ; qu’une colombe , ou l'oiseau de Vénus, qui a son exaltation dans ce signe , vint le couver ; et peu de jours après il en sortit la Déesse de Syrie, la même que Vénus. Cette Déesse … bienfaisante s’intéressait au bonheur des hommes, et fit pour eux tout ce qu’elle crut de plus utile. Son respect pour les Dieux, sa bienfaisance envers les hommes lui ayant mérité le plus grand éloge, Jupiter voulut savoir ce qu'elle désirait qu'il fit pour elle. Sa demande fut qu'il accordàt les honneurs de l’immortalité aux poissons qui avaient présidé à sa naissance. En conséquence , ce Dieu leur donna une place parmi les douze signes du zodiaque. Depuis ce temps, les Syriens ne mangent plus de poissons , et ils honorent singulièrement les colombes. D'autres prétendent (2) que Vénus vint avec Cupidon, « son fils, sur les bords de l’Euphrate , et que, dans ce moment même, Typhon parut; que la Déesse effrayée se jeta dans les eaux avec son fils, et qu'ayant pris la forme de poissons , ils échappèrent ainsi au danger. On: ajoute que c'est depuis ce temps-là que les Syriens s’abstiennent de pêcher des poissons et d’en manger, dans la crainte que leurs filets n’enveloppent ces divinités.

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(a) German. , c. 20. Hygin. Fab. 197. — (b) Hygin.,l. 2, c. 31. Manil. , L. 4, v. 59.

Ératosthène prétend que des hommes étaient nés de ces poissons. |

Théon (a) veut que ces deux poissons soient les deux enfans du poisson austral, à la suite duquelils se lèvent, et qui avaient sauvé des eaux Dercé ou Derceto , fille de Vénus (b); ce qui leur a mérité le culte que leur rendent les Syriens. On en distingue deux, l’un boréal, placé sous Andromède ; l'autre austral, plus au midi (c). Le poisson boréal est le plus fort, et il a une tête d'hirondelle. Les Chaldéens l’appelaient le poisson-hirondelle ou chélidonien (d). |

Ils sont unis entre eux par un lien appelé linos (e), syndesmos (f). Ce lien s'étend jusque sous aries (5): Cicéron l'appelle nodus, le nœud du lien des poissons et même de, la sphère (2), à cause de sa position près du point équinoxial et de la séparation des deux hémisphères. Germanicus le nomme aliigamentum luteum (1) et connexio piscium.

Ils ont plusieurs noms dont voici les principaux :

Les. Arabes les appellent Aüt, sämaka (j) haut, elhaut, samech (k), el-hautaine, ichiguen (1).

Les Hébreux, dagaim, degghim (m).

Les Syriens, daghioto, nuno (n).

Les Perses, mähr.

Les Turcs, balik.

(a) Thcon, p. 131. — (b) Diod. Sic., 1. 2, ©. 4, p. 216, et ci-dess. , t.2,1. 3. —(c) Eratosth., c. 21. German., c. 20. Hygin, 1. 5, c. 29. — (d)Theon, ibid.— (e) Gemin., p. 7. — (f) Hipp., c. 23. Eratosth. c. 11. Arat. v. 245. Procl., c. 16. — (g) Theon, p.131. — (2) Hygin., 1.3,c. 29. —(i) German.,c. 20, ©. 1. —(j) Alfrag. Comm, p. 108. Hyde, p. 45. — (%) Stofl. , p. 81. — (4) Ricciol. , p. 127. Bay, t. 33.— — (m) Kirk, OEdip., t. 2, pars 2, p. 199. — (n) Riccioli, p. 126.

Tous ces noms signifient poissons (&).

Les Indiens les nomment mahr en pelhvi (b) ; mimam eu brame (c).

Les Grecs, ichton , aspalos (d).

Les Latins pisces, dercetia proles , Derceto, Dercetis , Phacetis, Dea syria, Venus et Cupido (e).

Les étoiles du lien , arpédoné , se nomment en arabe (P) cheit ou cheit kettani.

Ce signe est le domicile de Jupiter , le liéu de l'exaltation de Vénus , et le siége de Neptune , dans la distribution des signes entre les douze grands Dieux. Il est affecté à l’élément de l’eau.

On trouve le signe des poissons sur d'anciens obé-

lisques égyptiens (g),

On appelle la vingt-sixième station de la luneÿahraava, l’écume du verseau près de l’épaule du cheval.

La vingt-septième est alfargu, le vase (h).

Columelle (5) fixe au quinze des calendes de mars, l’entrée du soleil dans les poissons avec indication de vents et de tempête ; Ovide le fixe à la même époque , et il raconte à cette occasion l'aventure de Vénus et de son fils | poursuivis par Typhon sur Le bord de l'Euphrate (j ).

Columelle (4) marque au dix des calendes le retour de l’hirondelle ; au trois des ides de mars la fin du lever du poisson boréal accompagné des vents de nord. Ovide fixe le coucher héliaque de ce poisson au 6 des no-

nes (/).

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(a) Hyd., p. 438. — (b) Anquetil. — (c) Le Gentil, t. 1, p. 247. — — (d) Hesych. — (e) Bay., t. 33. — (f) Hyde, p. 43. — (g) Poocke Descrip. of the East, t. 3'p. 207.—(h) Alfrag. , c. 22.—(i) Columell.,

Lr1, c. 2, p. 423. — (j) Ovide Fast., L 2, v. 458. — (k) Columell. ibid. — (1) Ovid.SFast. , 1. 3, v. 400.

‘ ET DE SES PARTIES. 549 Le même Columelle (a) marque au 4 des nones de septembre la fin du coucher du poisson le plus méridional des deux, ayec une annonce de chaleur ; au 7 des ides de ce même mois la fin du coucher du poisson boréal , et le lever de la chèvre , avec indication dé tempête. il marque, pour le 14 des calendes d'octobre (b), le coucher du matin des poissons et le commencement du coucher du bélier.

: Blaeü les appelle (c) pisces bambycü, decerto, dercis, facelitim, dione, urania, dagon, ichiguen, elsemcha, samch, haut, el-haut, el-hautaine.

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