‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelle (volume 2)Chapitre 76 sur 97 · IT. L'ÉRIDAN · texte numérisé non relu

IT. L'ÉRIDAN

. LA constellation qui suit la baleine s'appelle le fleuve. Le voisinage d'Orion ; du pied duquel ce fleuve senrble sortir (i), l'a fait nommer le fleuve d'Orion (j). On l'appelle aussi le Nil, le Gyon, l'Océan, le P6 et l Éridan (k), fleuve fameux par la chute du cocher Phaëton.

C’est sous ee dernier nom d'Eridan qu’elle est plus con-

us

(a) Hyd. Comm. , p. 43. — (b) P. 150.—(e) Hesych. —(d) Alphons., .p. 209. —(e) Arat., v 629. — (f) Auson. — (g) Caæs., ©. 1, p. 226. Bay, t..34. — (h) Hygin, 13, c. 30.—(:) Eratosth. , ec: 27. Hyg.,L 35, &. 3t.=(j) Procl. , c. 16.—(4) Evatosth. Uranol., p. 1

ET DE SES RARTIES. | 497 nue. Aratus et Phérécyde (a), qui lui ont donné ce nom, prétendent que c’est parce que, comme le Pô, ce fleuve dirige son cours vers la partie méridionale. Hésiode dit qu'il fut placé aux cieux À cause de Phaëton. Nonnus , dans ses Dionvysiaques, admet la même tradition (b), ainsi que Théon (c) qui le nomme l'Éridan et le Bochernos. On raconte que Phaëton , fils du soleil et de Clymène, voulut monter le char de son père ; que s’étant élevé trop haut, la crainte lé fit tomber, et il fut précipité dans l’Éridan par un coup de foudre dont le frappa Jupiter (d). L'Univers fut embrasé, et, pour en éteindre l'incendie, tous les fleuves furent lächés hors de leur Lit; ce qui produisit un déluge auquel Deucalion et Pyrrha seuls échappèrent. Les sœurs de Phaëton, pleurant leur frère , furent changées en peupliers, et leurs larmes en ambre. Elles prirent le nom d'héliades. Elles s’appelaient Meérope, Helie, Ægle, Ægiale, Petré, Phæbé, Chærie,. Diosippé. Mérope est le nom d’une pleïade. Les autres sont vraisemblablement les autres pleïades placées sous le cocher. Cycnus, roi de Ligurie, parent de Phaëton, le pleura aussi : il fut changé en cygne et ilen a conservé les accens lugubres. Quelquesuns nomment ce fleuve il et Gyon, lequel fut placé aux cieux parce qu'il coule du inidi. D'autres disent qu'il prit le nom de ÏVil à cause de sa grandeur et de son utilité, et parce qu'il y a vers son extrémité une étoile trèsbrillante appelée canopos (e). Or, canopos est baïgnée par le Nil. L'étoile canobus , appelée ptolemæon, est. une étoile du gouvernail du vaisseau (f); c’est l'étoile

san

Gi) | ba > fes (a) Gerin., c: 36.—(b) Nonn., 1 38, v. 459: — (c) Theon, p.114. (d) Vheon , ibid. — (e) Hyg., L2, ce 35. —(f) Germ., c. 6.

E LA SPHERE la plus basse. Aussi prend-elle le nom de perigeios où de terrestre.

Ulugbeigh donne à la luisante 42 l'extrémité du fleuve le nom d'aldalim (a). Cette dernière de l'extrémité du fleuve est acharnar, acharnahar »acharnarim, enar , acharnnehar , achironari (b).

On donne à celle de la courbure du fleuve, ou l'étoile tau, les noms d’anchetenar ; argetenar (c).

On en appelle les sept autres de la courbure béenim, theenim (d).

Le fleuve lui-même en général se nomme potamos (e), fluvius. k

En arabe Nahar, Alnahar, Nar, Énar, Nahron (f). Chez les Maures, Guad. Chez ceux de Féez, F'ardi (g). Chez les Égyptiens , Nilus et Ægyptus (h), Nachat Mizraim (i), Schichor, Niger. Chez les Ethiopiens, Nuchul. Chez les Grecs, Melas, Melo: Chez d’autres, Mulda, Aëtus où ÆAquila. Chez Îles Étrusques , Dotignon. Chez les Liguriens, Botigum, Bodintum. Dans Aratus , fluvius multum defletus. On l'appelle aussi fluviorum pater phaëtontius amnis, fluvius cælestis (j ), fluvius combustus (k), Eridani fluenta (1).

Ce fleuve (m), sorti du pied gauche d’Orion, s'étend jusqu'à Jæ baleine, et se répand ensuite jnsqu'aux pieds du lièvre, et de-là vers le cercle antarctique. Il paraît se

(a) Ulugbeïigh, p. 112. —(b) Scalig, p. 438. Bay. , tab. 56. Alphons., p- 234. Kirk., p. 199. Hyd. Comm. , p. 48-49. — (e) Cæs. , c. 2, p. 229. Sealig., p. 438. Bay., tab. 36. Alp., p. 234. — (d) Rieciol., p. 126-128. — (e) Hipp., 1, c. 3. Nonn.. L. 38, v. 439. — (f) Cæs., c. 2, p. 229. —(g) Bay., tab. 56. Ricciol., p. 126-198. — (h) Hesych. — (1) Cæs., c. 2, p. 228-229. — (j) Arat., v. 358. — (k) Nonn., 1. 38, x. 439. — (4) Auson. — (mn) Hyg., 1. 3,c. 31.

ET DE SES PARTIES. 489 coucher au lever du scorpion et du sagittaire. C’est là ce qui l'a fait unir au cocher dans la fable de Phaëton. Il se lève avec les gémeauxet le cancer.

Hyde, dans ses Commentaires sur Ulugbeigh (a), nous dit que les Arabes appellent la première, la seconde, la troisième et la trente-sixième des étoiles d’'Orion, cursa al-gjauza al-mutakaddey , le trône d'Orion ; et la trenteunième, la brillante du pied, s'appuie sur le trône ; la quatorzième jusqu'à la vingt-deuxième, se nomme az'ha al-naäm, le nid de l’autruche sur le sable. Les étoiles voisines s'appellent ses œufs, albeïd et alkeid. La trentequatrième , à l'extrémité du fleuve, est al-dalim. Entre elle et la brillante du poisson austral sont plusieurs étoiles appelées alzibal, les petits de l’autruche, placées entre les étoiles brillantes de la troisième grandeur, et létoile de la baleine appelée la seconde grenouille. El y a quatre étoiles appelées sadr ketus, pectus ceti. On les appelle aussi ashiyané, le nid. Le nom d'ai-dalim est celui de fossi in terra putet. Dans d’autres tables on y trouve aulax , sulcus , porca.

JIÏ. LE LIÈvVRE.

Le lièvre des constellations semble fuir devant Île chien d'Orion (b). Il est placé sous Procyon et aux pieds d'Orion (ce). Ce dernier ayant été peint soms les traits d’un chasseur , le lièvre dut naturellement être son cor-

tége (d). Quelques-uns ont dit que le hèvre avait éie

(a) Hyde, p. 48 et 49. — (b) Hygin, 1. 2, 0. 34. Theon, p. 142. —

(ce) Germ, , c. 5. Theor, 1bid. — (d) Hygin, 1.2, c. 34.

490 DE LA SPHÈRE placé aux cieux par Mercure, à cause de sa légèreté à

la ourse (a). Il en est d'autres qui pensent qu’un chasseur redoutable, tel qu'Orion , ne devait pas s'amuser à chasser simplement un lièvre. Aussi peignent-ils Orion combattant contre le taureau dont il porte les dépouilles. Quant au lièvre, voici ce qu'ils racontent à son sujet. On dit qu'il n’y avait point de lièvres dans lite de Leros, lorsqu'un jeune homme s’avisa d'y en apporter une femelle prête à mettre bas. Il la soigna elle ét ses petits avec beaucoup d'attention. En peu de temps , l'espèce se multiplia prodigieusement. Chacun s'étant empressé d'en élever, la quantité en fut si prodigieuse , qu'il fut impossible de les nourrir , et qu'ils finirent par se jeter avec tant d’avidité sur tous les grains, que la famine se mit dans l'ile, Ce ne fut qu'avec bien des peines que les habitans vinrent à bout de s’en débarrasser. On plaça depuis l’imäge- du lièvre aux cieux pour rappeler aux hommes que les choses qu'on a le plus désiré nous causent souvent plus de maux qu’elles ne nous avaient fait de plaisir. D’autres supposent qu'il y fat placé parce qu'il est celui des quadrupèdes qui pullule le plus; que, lorsqu'il met bas ses petits il en a déjà d’autres qui se forment dans le ventre (b). Ainsi, ce fut, suivant les uns , sa légèreté, suivant d'autres, sa fécondité qui le fit placer près des limites de l’équinoxe de printemps (c).

Le lièvre, peint fuyant devant le pied gauche d'O-

rion (d), court sur le tropique d'hiver. IL se lève avec le lion , et se couche au lever du sagittaire.

Columelle fixe au 10 des calendes de décembre le cou-

Em

(a) Eratosth., c. 34.— (b) Germ., c. 33. Erat., ©. 34.— (c) Fheon, p.142 — (d) Hyg., 13, c, 32.

| ET DE SES PARTIES. $ 403 cher du matin du lièvre, accompagné de tempêtes (a).

Les Arabes le nomment elarneb ; les Hébreux arneb (b), elarnebet (c), alarnebo.

Ülugbeigh (d) Pappelle le trône d’Orion , arsh al gjauza. Les Arabes le nomment cursa al gjauza al muac- chera ou le trône d’'Orion.

On l'appelle aussi 42 mih&l, pecora sitim explentia.

Les Turcs l’appellent thaushkan et thaushan (e).

Les Grecs le nomment lagoos (f). Aratus lui donne les épithètes de charopos et de glaucos ($). :

Les Latins l’appellent dasypus (k), levipes, lurtipes , pedibus celer. I porte aussi les noms de derceunès dans Nicandre; de tachynès (1).

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