‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelle (volume 2)Chapitre 80 sur 97 · VI. LE GRAND CHIEN · texte numérisé non relu

VI. LE GRAND CHIEN

Le grand chien placé à côté du taureau qui enleva

Europe, et se couchant héliaquement lorsque le soleil | |

arrive dans ce signe, comme l'annonce ce vers de Virgile : Candidus auratis (c), prit à ce titre le nom de chien gardien d'Europe. C’est par la même raison qu'on le nomme chien d'Orion, parce qu'il se couche à la suite de cette constellation derrière laquelle il est placé (d). Lui et le dragon , qui gardaient Europe, se réfugièrent près de Minos (e) qui fit présent de ce chien à Procris parce qu’elle l'avait guéri (f). Cette femme aimait beaucoup la chasse, et le chien dont Minos lui faisait présent avait le nez si fin qu'aucun animal ne pouvait échapper à ses recherches (g). Après la mort de Procris ,il passa à Céphale son époux, qui le conduisit à Thèbes pour attaquer le fameux renard qui, dit-on , échappait à tous les chiens. Jupiter changea le renard en pierre, et placa le chien aux cieux (4).

Amphianus, poëte tragique, a écrit que, comme les étoiles cédaient leur place aux hommes , un chien fut

député vers Dolora, dont 1l devint amoureux aussitôt

(a) Golumell. , l. 11, c.2, p.428. —(b) Ovid. Fast. , L 5, v. 725. = (e) Virg. Georg. , Er.

(f) Eratosth., ce. 35. — (9) Hyg., ibid. — (4) Eratosth., ibid.

— (d) Hyg. ,L2, 0.36. — (e) German., ©. 32.—#

ET DE SES PARTIES. | 5o7 qu'il l’eut vue; ne pouvant en jouir, le feu de la passion s’allumait de plus en plus dans ses veines. Dans son malheur, il invoqua les Dieux, et Borée lui envoya ses deux fils, Zethus et Calais, placés dans les gémeaux, pour tempérer ses ardeurs par le souflle des vents étésiens. Îlne lui resta que le souvenir de ses amours (a).

D'autres racontent l'aventure d’Icare et d'Érigone ; dont nous avons parlé aux articles de la vierge et du bootès, et que nous ne répéterons pas ici. Ils disent que le grand chien est Moœra, chien d'Icare, qui conduisit à son tombeau Érigone sa fille , laquelle se pendit de désespoir sur le mont Hymette. Le chien fut placé aux cieux dans la constellation appelée astrocyon ou l’astre chien (b), lequel, par son lever , amène les maladies pestilentielles.

On distingue dans cette constellation plusieurs belles étoiles , et'une entre autres de la première grandeur, la plus grosse et la plus brillante de tout le ciel. C'est le fameux Sirius dont la. lumière est nuancée de mille couleurs comme celles du diamant. On l'appelle l’astre

par excellence (c) ; c’est l’astre , suivagtda théologie des mages, qu'Ormusd a mis à la tête de toutes les étoiles du ciel pour les surveiller (d). On lui donne vulgairement le nom de canicule (e) , quoique ce nom convienne mieux au petit chien. C'est cette canicule qui, se trouvant en conjonction avec le soleil, est censée doubler l’activité de ses feux et des ardeurs solsticiales. Elle prend en particulier le nom de chien (f), qui appartient à la totalité de la constellation (g). Son éclat brillant, sa

à A Es

(a) German. ibid. — (b) Ibid. — (c) Achill. Fat., ©. 14, p. 79. —

(db) Plut. de Isid.—(e) Isid., L 3, ce. 47.—(f) Proct., ©. 16.— (2) Germ., p. 8. Thcon,p.14r. |

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grosseur , la masse de lumière qu’elle lance (a), lui font partager la dénomination de seirios que les astronomes donnent à tous les astres étincelans , et la constituent, suivant Horus-Apollon (b), comme la reine du ciel. Les

Égyptiens la nomment sothis, l’astre d'Isis, et les Grecs, SYP ;

l’astre chien, continue le même auteur (c).

On donne le nom d’Isis spécialement à l'étoile brillante de la tête, au lieu que Sirius est l'étoile grosse et brillante de la mächoire ou de la langue du grand chien (d). Cependant quelques auteurs donnent la même qualification d’astre d’Isis au grand chien en général , et en particulier mème à Sirius (e).

Vettius Valens nomme cette constellation Sirius et séth , le violent (f).

Les Grecs lui donnent l’épithète d’olios ou de pernicieux et de maligne influence (g); Columelle celle de sitiens (k) ; les Égyptiens celle d’ hydragogos ou d’astre qui fait épancher le Nil (i).

Pline l'appelle sidus uvis decretorium (j). Nonnus lui donne l’épithète de viteus, et il parle aussi de Moœra (4).

Au reste, si

UC

influence était brûlante en été, elle était froide en En été, son lever ramenait les chaleurs qui épuisent le corps, et qui le jettent dans une espèce de langueur (m).

(a) Eratosth., c. 33. — (b). Hor.-Apoll., 1. 1, c. 3.— (c) Damas

Phot., Cod. 247.—(d) Germ., ce. 32. Eratosth., c. 35. Hyg. , 1.2, c. 36; 1.3, c. 34.—(e) Plut. de Isid. , p. 359-365-3976. Chalcid. in Tim., c. 124: Theon, p. 123. — (f) Salm. Ann. Clim., p. 113-144. — (sg) Hesychô — (h) Columell., 1. 10, v. 41. — (i) Plat, de Isid.— (j) Salm. Ann Clim. , p. 6. — do Non , 143, v. 168-190. — (1) Achill. Tat., p. 73:

Uranol. Petaw. — (m) Germ., €, 32; ec. 42. Hesiod. Op. et Dies

iver ({) à son coucher, suivant Sophocle. |

ET DE SES PARTIES. 50g

Les Arabes nomment le grand chien £elb acber (a), elkabar (b), elhabor (c), alchabor , alachbaro , chelub ou kelbon, keleph, chien; ce nom vient des Hébreux qui le nomment caleb ; d’autres l’appellent a/-cheleb alcabir, aliemeniè , cheleb , alechber, cabbir, ecber, habor (d), aliemini, aliaminio, ou chien de droite. ÆElscheere, elsere, elserri, eschere, sceara, scheareediemini, scera, elhabor (e), elchabar, escher (f), chez les Chaldéens. |

Dans les Tables persiques, il est désigné sous les noms de siaer , jamané (g). |

Ülugbeigh (4) donne à la belle étoile du grand chien le nom de shira abur, et de al-shira aljemänija; et à celle de l'extrémité du pied antérieur le nom d’al mirzam. Les noms de shiri et de sirha dérivent du grec, et les Arabes les en ont tirés (1).

On appelle aussi Sirius le chien du géant, kelb algjebbar. L'étoile neuvième est mirzam al-shira ; on l’appelle aussi al-kelb. Les étoiles douze , quatorze , quinze, dix-huit de la queue sont al-dara et uetra al-gjauza. Il y en a quatre de placées hors la figure , lesquelles, avec quelques autres alphurüd, se nomment alkagh'riba , les corbeaux. Les deux luisantes al-hadar et al-wezen s'appellent al muliphéun.

La canicule se nomme chez les Siriens Æelbo gavoro, le chien du géant. Æbu-Cabsha , aïeul de la mère du prophète , adorait Sirius qui était la divinité tutélaire de la bu Kaïs chez les Arabes.

(a) Hyd. Comm. , p. 49-54. — (b) Ricciol., p. 408. — (ce) Kirk., p. 199. — (d) Alfrag., c. 22. Comm. Alfrag., p. 108. —(e) Cæs., c. 6, p. 259-260. Scalig., p.408. Ricciol., p. 127. Bay. t. 38. Stoffl., c. 14. — (f) Alphons., p. 209. — (8) Ricciol. Almag. , p.408 — (h) Ulugb., p. 122-196. — (i) Hyd. Comm. , p. 49-54.

Les principaux noms du chien, tels que les rapportent Blaeü , Bayer, Riccioli, etc., sont (a) : canis magnus, alter, secundus , sequens, australior, dexter , æstifer, acer autumnti canis , sidus fervidum , invidum agricolis , harpalagus ; lælaps , Isis, Isidis sidus , Sothis , Sothonis, Seth, Sirius, Ofsiridis sidus, Anubis , canis sidereus , Solechim, astrum Moœræ , Mara, aster oporinos où astrum autumnale , spaco chez les Mèdes. Le grand chien a l'air de poursuivre le lièvre ; il touche presque de sa tête le pied droit d’Orion (b) , et il regarde le couchant. Il se conche au lever du sagittaire et se lève avec le eancer, environ au solstice, vers le mois epiphi(c) qui répond à juillet , et il porte la fièvre avec lui. Son lever et son coucher se font sentir par leurs influences. On dit même que son lever donne la rage aux chiens. Son lever du matin ramène les vents étésiens qui soufilent durant soixante jours. Les flots et les vents sont impétueux alors , et les grands vaisseaux sont utiles (d). On immole la caille ou la chèvre à son lever (e).

Columelle (f)marque un lever du soir du grand chien, -

la veille des calendes de mai. Le lendemain, c’est le lever.de la chèvre. Aussi, dans Ovide, la fable sacrée qui y répond parle de la chèvre et du chien (g). Ce coucher annonce la tempête.

Le même Columelle fixe au 7 des calendes d’août l'apparition de la canicule, avec brouillard et chaleur (h). Il fixe au 7 des calendes de décembre (:) un

(a) Cæs., c. 6, p. 258-259. Bay,, tab. 38. Ricciol., p. 127.—(b) Hyg, 1. 3. ce. 34. — (c) Theon, p. 142. —.(d) P. 110.— {e) P. 123. = (f) Columell., L c.2, p. 425. — (g) Ovid. Fast., 1 5, v., 121 -149 — (h) Columell., L11,c,2, p. 428. — (i) P. 434.

D te à

ET DE SES PARTIES. Ôrt coucher du matin de la canicule , accompagné de tempète (a). Palladius (db) fixe le lever de la canicule au mois de juillet, au 14 des calendes d’août.

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