XI. LE CENTAURE
Le centaure ou la constellation composée de la tête et de la partie supérieure de l’homme , unie au corps du cheval, est placé au midi de la balance près du scorpion CT. On l’appelle Chiron , fils de Saturne, dont la planète a son exaltation à la balance, et de la nymphe Phillyra (g). On raconte que Saturne , cherchant Jupiter en Thrace (h), se changea en cheval , et coucha avec Phillvra, fille de l'Océan, dont it eut le centaure Chiron, inventeur de la médecine. Phillyra, sa mère, fut changée en tilleul. Chiron habita le mont Pélion. 11 fut
le plus juste des hommes. Sa position sous la balance,
A oc ce de
(a) Theon, p. 168. —(b) Hyg., 1. 3, ©. 36. — (c) Columell. , 1. 12, c.2,p. 423.—(d) Ovid. Fast., 1.3, v. 520. — (e) P. 450.—(f) T'heon, p: 150. Arat., v. 435. — (9) Hvyg., L a, 0. 89. — (h) Germ., c. 39.
symbole de la justice, lui a fait donner ce caractère (a) de sagesse et de justice. Il apprit la médecine à Esculape placé dans le serpentaire, et l'astronomie à Hercule placé au-dessus du mème serpentaire. Ces deux constellations accompagnent ou suivent en partie dans leur lever le centaure. IL apprit aussi à Achille (b) à jouer de la harpe ou de l'instrument qui suit le lever du centaure , la lyre céleste. Hercule alla loger chez ce centaure. Une de ces flèches, trempée dans Le sang de l'hydre, dont la queue touche la tête du centaure, étant tombée du carquois du héros , blessa au pied le centaure. Il mourut de cette blessure , et Jupiter le placa aux cieux. Ïl est en face de l'autel , sacrarium , sur lequel il paraît sacrifier. Quelques-uns pensent qu'il üent dans la main gauche sa javeline et un lièvre, et de la droite une bête appelée thérion , et byrsa une outre pleine de vin, près l'autel où il sacrifie. Sa piété et sa justice le firent mettre au rang des Dieux. Certaines traditions ajoutent que le centaure Chiron , examinant les flèches dont s'était servi Hercule pour tuer les centaures, étonné de leur petitesse , avait essayé de tendre l’are ; et que la fléche, étant échappée de sa main , était tombée sur son pied et l'avait blessé mortellement. Jupiter , touché de ses malheurs, le placa aux cieux avec l'animal qu'il parait sacrifier sur un autel. Cette histoire est aussi rapportée par Ovide qui nous raconte l’arrivée d'Hercule chéz le centaure qui examine ses flèches teintes du sang de lhydre, dont une lui perça le pied (c). Ératosthène
ajoute à ces circonstances qu Hercule, ayant été loger
(a) Theon, p.150. — (b) Ibid. Orig., L 3, c. 47. — ce) Ovid. Fast., 1.5, v. 3979-44.