DU SIXIÈME VOLUME
C1] Les pleïades, dit Théon dans son Commentaire sur Aratus. p. 121, se lévent avec le bélier ,, lorsque le soleil est dans le bélier. Hipparque les place près des pieds de Persée (ibid. Théon, p. 133 ). Elles marquent les saisons (ibid. 134 ). Elles ont par cette raison été beaucoup célébrées, ajoute Théon, et elles forment une des constellations les plus fameuses. Érathostène , G&. 23, en dit à peu prés autant.
[21 M. de Sacy, dans sa traduction , remarque avec raison que cette
mer, sur laquelle saint Jean place les saints, est le globe céleste et le* firmament, suivant l'explication de quelques interprètes. C’est effecti- | vement le ciel empyrée et le ciel du Dieu de la lumière, qui y règne avec ses saints.
. [5] Une marche aussi correspondante et aussi bien suivie prouve complétement que cet ouvrage n’est pas l'assemblage d’idées bizarres, sans plan ni dessein, ni l'effet du délire. Et conséquemment on doit: croire qu'il peut être analysé suivant certaines règles et certains principes.
[4] Les noms d’'Euphrate et de Babylone prouvent bien ce que nous avons dit, que cet ouvrage fait dans l’Asie-Mineure, comme il paraît par les premiers chapitres, a été copié sur des livres orientaux.
C5] Peut-être que ces génies impurs, désignés par les grenouilles, sont plusieurs petites étoiles de la constellation de la baleine ou du monstre marin qui les vomit. M. Hyde, Comment. ad Ulugbeigh, p- 43, nous dit que « Cetus est animal marinum, et in caudä ejus est » stella, et in ore piscis australis alia; hæ vocantur duæ ranæ. » Ce poisson austral est peut-être celui qui est désigné dans les sphères anciennes sous le nom de Crocodilus, et qui joint immédiatement la baleine.
[6] On se rappelle que c’est à cette époque équinoxiale que les anciens Égyptiens fixaient l’embrasement de l'Univers sous le signe d’aries. Epiph. cont. Hæres. c. 18.
[7] On trouvera une correspondance si marquée entre la théologie f des livres zends et celle de l'Apocalypse, qu'il ne sera pas permis de
Be eur
NOTES. 54 [ voir dans ce dernier ouvrage autre chose qu’une cosmogonie dans laquelle le choc des principes est peint allégoriquement sous l’image d’événemens à venir, mais qui ne tiennent pas plus à l'histoire prédite que le Boundesh ou la cosmogonie des Perses n'y appartient. Ceux donc “qui y ont cherché des faits historiques, déjà vérifiés par l'événement, ou qui doivent un jour s’accomplir, se sont aussi grossièrement trompés que s’ils eussent pris la cosmogonie des Perses, ou les fables d'Ormusd et d’Ahrimane, pour de l’histoire et pour la prédiction d’une suite d’événemens réels qui devaient arriver dans la snite des siècles. Ces deux ouvrages ont parfaitement le même caractère, et sont le fruit du mêrne génie.
[8] Ceci arrivait , suivant Plutarque, ibid. P. 370, au moment où le Dieu Ormusd sortait d’une espèce de sommeil , Ou du repos durant lequel il s'était renfermé quelque temps. Il est à remarquer que les Phrygiens, chez qui l’ouvrage de l’Apocalypse fut écrit, avaient la même idée que les mages sur le repos de Dieu dont ils fixaient le réveil au retour du soleil à Vhémisphère supérieur (ibid. de Jsid. p+ 378), et ils célébraient ce réveil dans leurs orgies et leurs initiations. Plutarque s’appuie du témoignage de Théopompe qui lui fournit la tradition des mages sur le réveil d'Ormusd et sur les combats des deux principes. Les Phrygiens supposent, dit-il, que Dieu dort l'hiver et qu'il veille Vété. Ils célèbrent dans lenrs orgies cet assoupissement de l'hiver, et son réveil dans la belle saison. L'auteur avait sans doute en vue les fêtes d’Atys dont parle Julien (Oratio 5, p. 315), et qui étaient liées aux équinoxes d’aries et de libra. Ces cérémonies étaient relatives à
Pame et à son retour vers le principe-lumière, lorsque le roi-soleil, monté sur le bélier (ibid. p. 323 ), attirait à lui par une force occulte les ames qui s’affrauchissaient de la corruption du monde sublunaise : pour s'associer à la lumière dont. la nature a tant d’affinité avec la leur, C'est ce qui était le grand secret des mystères du Dieu aux sept rayons, sur lesquels il ne parle que d'une manière énigmatique, et qui-n’étaient entendus que des théurgistes.
[9] On remarque une parfaite correspondance entre ce qui arrive ici et ce qui a été prédit plus haut, €. 1, lorsque le septième ange a sonné de la trompette.
On entendit, après la septième trompette ( Ap. c. 11, v. 150". de grandes voix dans le ciel, qui disaient : « Le règne de ce monde a passé à notre Seigneur et à son Christ, et il règnera dans les siècles des siècles, Amen. » En même temps les vingt-quatre vieillards, qui sont assis sur leur trône devant Dieu, tombérent sur leurs visages devant Dieu en disant : « Nous vons rendons grâces, Seigneur Dien Tout:
Puissant, qui êtes, qui étiez, et qui devez venir, de ce que vous étes: entré en possession de votre grande puissance et de votre règne. Le temps de votre colère est arrivé, le temps de juger les morts et de: donner la récompenses aux prophètes vos serviteurs, et aux saints, ài ceux qui craignent votre nom, aux petits et aux grands, et d’exter-. miner ceux qui ont corrompu la terre (a). »
Ici la chose s'exécute, c. 19, v. 1. On entend la voix d’une troupe: nombreuse qui était dans le ciel (b). Elle loue la justice du jugement: qui condamne la grande prostituée qui a corrompu la terre; elle invite : aussi à louer Dieu ceux qui sont ses serviteurs, qui le craignent, petits: et grands (c). Et alors les vingt-quatre vieillards pareillement ( v. 4) se : prosternent et adorent Dieu qui est assis sur le trône, en disant amen, , comme ci-dessus. Et ils le louent de ce que lui, leur Seigneur tout-puissant, est entré dans son règne. Ce règne est celui du Logos, de l’enfant de la vierge du chap. 12, qui devait gouverner toutes les nations, c’est-à-dire d’'Horus, fils d’Isis, qui, à l’équinoxe, entre dans l’exercice des droits de son empire lumineux sur notre hémisphère; événement : célébré chez tous les peuples septentrionaux principalement.
[ro] Nous faisons voir ailleurs tous les rapports qu’il y a entre la lumière première en général, et en particulier entre le soleil et le Verbe des Chrétiens. Comme nous entrons, à cet égard, dans les plus grands détails, nous y renvoyons le lecteur. Nous remarquerons seulement ici que cenom 7”’erbe ou parole est celui qu'Ormusd ou le Dieu-lumière prend aussi chez les Perses. Zoroastre lui demande son nom : « Mon nom, lui dit-il, est la Parole (4) ( 7’erbum), principe de tout; mon nom est celui qui détruit les maux du monde. Cest aussi celui de l’a-
- gneau qui, chez les Chrétiens, détruit les péchés du monde. Mon nom est le pur, l'éclat, le roi de l’abondance, le roi qui produit tout. Mon nom est le principe, le centre de tout ce qui existe. » C’est ici l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin. Dans le Zend-Avesta, t. 1, part. », p.174, on invoque Ormusd, et on lui dit : Pur Ormnsd, que Bahaman ( chef des troupeaux) veille sur moi; que la parole lumineuse, pure, excellente, me défende de l'oppression du ciel, etc. Cette parole demiourgique, qui a précédé tous les êtres, et par laquelle ils ont tous été créés, est un des premiers principes de la théologie des Perses (e). Chez nous pareillement le Verbe est la lumière qui était au commencement avant toutes choses, et sans laquelle rien de ce qui est fait n’a été fait. C’est l'intelligence lumineuse demiourgique, le Dieu créateur
(a) V.15, 16, 17 — () V, 2:—(c) V,5.— (d) Zend. Avest., t.2, p. 147 — (e)L2 8002,
NOTES. 545 qui, suivant Porphyre, était placé prés de l’équinoxe sous le nom de Mithra, auteur de toute génération. Suivant Jamblique, c'était Ammon qui faisait cette fonction chez les Égyptiens (Jamblic. de Mysteriis scol. 8, c. 3 ÿ C'était Noûe depuoupyixor , l'intelligence demiourgique appelant à la lumière et à la génération les raisons séminales des choses.
[ri] L'auteur dit, v. 12, qu'il portait un nom que nul que lui ne connaît, peut-être le nom même d’Æ{m”mon ou du Dieu-bélier, dont aries était le siége, et qui était celui des douze génies qui présidaient aux signes , comme nous le verrons ci-après, chap. ar.
Ce nom désigne caché et inconnu, HEPUILLEVOY, suivant l'Égyptien Manéthon ( Plut. de Isid. p. 354). C'était le nom qu'ils donnaient au premier Dieu, caché et inconnu, qu’ils invoquaient ; c’est-à-dire à celui dont le soleil était la force sublime » ignoti vis celsa patris , comme l'appelle Martianus Capella ; à ce Dieu, dit Plut arque (a), dont ils provoquaient la théophanie en invoquant Ammon, ct qui leur apparaît ici sous l'emblème, soit de l'agneau, fils de ‘Théophane , Soit d’un cavalier monté sur un cheval blanc qui paraît au moment où s'ouvrent les portes du ciel.
Nous avons une prière de l’évêque Synésius, dans laquelle il demande à Dieu que son ame suppliante, marquée du sceau du pére, épouvante les démons ennemis qui, sortant de leurs caves souterraines, s'emparent des régions élevées, et font des efforts impies pour empécher les ames de parvenir au ciel : il le prie de faire signe à ses servi teurs, aux habitans du monde brillant , Œui tiennent les clefs du chemin éthéré, de lui ouvrir les portes de la lumière (Synes. hymn. 3, v. 618, etc. }. Cette idée théologique, que les démons, sortant de l’abîme , vont livrer des combats aux ames près d'entrer dans la lumière, explique le dernier combat qu’engage ici le démon sorti de l’abime (de Rep. 1. 10, p. 621).
[12] Platon, après avoir donné le récit du Pamphylien, conciut qu’on doit s’attacher à la vertu et à la justice qui procurent à l’homme le bonheur ici-bas, et ensuite pendant les mille ans qui s’'écoulent, jusqu’à ce que les ames soient arrivées dans la prairie où siége le grand juge.
[13] Remarquez que l’auteur de P'Apocalypse dit expresséraent : Les ames de ceux qui ont été tués pour la foi. Car ce sont effectivement alors les ames, puisque la partie appelée ame n’est anéantie qu'après la séparation du Noÿe, ou par la seconde mort. Pendant ce temps-là,
AR) Plat. ;°p.80/9:
les ames moins vertueuses étaient non-seulement retardées dans leur marche vers le ciel, mais souvent repoussées vers la terre, ét liées à la matière par une nouvelle organisation, et cette palingénésie était une punition. Les initiés aux mystères de Bacchus et de Proserpine, suivant Proclus, Comment. in Tim. p. 330, ne demandaient rien aux Dieux avec plus d'instance que d’abréger pour eux le cercle dé ces renaissances qui les ramenaïent à la matière génératrice, et prolongeaient l'exil de l'ame errante. Ils les priaient de les affranchir de l’empire du mal, et de les rendre enfin à la vie bienheureuse. C'était là leur grand vœu, C'était aussi le prix que l’on se proposait d’obtenir par l'initiation. J’ai fui le mal ct trouvé le mieux, disait l’initié (Démosth. pro Corond). On peut consulter en cet endroit Proclus qui parle de la période de trois mille et de mille ans.
Il en est de même du mauvais principe. Il est enchaîné d’abord pendant mille ans ; et ensuite, vaincu de nouveau, il est précipité dans l’étang de feu et de soufre, pour y être tourmenté dans les siècles des siècles (a).
[14] On voit dans l’Apocalypse, c. 6, v. 9, à l’ouverture du cinquième sceau placé sous l'autel, les ames de ceux qui étaient morts pour la parole, et qui criaient en demandant justice. J’ignore si l'autel dé-
signe ici la lune que, dans les mystères d'Éleusis , le porte-autel représentait. Ce qu’il y a de certain, c’est que, dans ces mystères, on faisait entendre différentes voix qui frappaient l’oreille des récipiendaires ( Dion. Chrysost. Orat. 12; Meursius Eleusin. c. 11 ).
C15] Cassien dit que, si Jérusalem, dans le sens historique, désigne le nom d'une ville, dans le sens anagogique on peut la prendre pour la cité céleste ; et, selon la tropologie, pour l’ame de l'homme.
C161 « Ipsius civitatis nomen mysticum, id est Jerusalem, visio pacis interpretatur. » ( August. de Civ. Dei, 1. 19, c. 11.)
Le voyant s'appelait un Zsraëlite dans le style des francs-macons. Nos francs-macons travaillent encore à rétablir par la vertu la céleste Jérusalem dont ils sontles architectes.
Cr71 Les Ases passent pour des êtres venus d'Asie, et avoir passé dans le Nord quelque temps avant l'ère chrétienne, soixante-dix ans, dit-on, avant J.-C. Il n'est pas étonnant qu’ils aient porté avec eux la théologie du pays qui leur servit de berceau, et que leurs prophètes aient parlé le langage des prophètes de l'Orient.
[18] Voyez Plutarque de Isid., p. 382. Les ames, tant qu'elles sont
(HG 20609; v. get ro,
NOTES. 545 “détenues dans la prison du corps ici-bas, n’ont aucune communication avec Dieu, qu'autant que la philosophie le leur fait entrevoir à travers un voile et comme en songe ; mais à la mort, elles se rendent dans un lieu pur, inaccessible à la douleur et aux passions. Dieu leur sert de guide et de roi, et là elles jouissent sans satiété de la vue des beautés indicibles. |
Cro1 L'auteur anonyme d’un Commentaire sur Denis le voyageur (a) compte douze pierres appelées par excellence précieuses, et il les’ nomme sardoine, topaze, émeraude, anthrax ou escarboucle, saphir, jaspe, ligyrion, agathe, améthiste, chrysolithe, béryle, onyx.
[20] Aussi Tertullien (13 contre Marcion ), parlant de la sainte Jérusalem descendue du ciel, dit-il qu’Ézéchiel la counaissait; que Jean l'avait vue, et que les nouvelles prophéties en avaient représenté le plan avant qu’elle fût construite. |
En effet, les Perses, dans le Boundesh ou dans leur ancienne cosmo gonie, disent que le Dieu-lumière Ormusd, par l'amour qu’il a pour
les hommes, fait couler des eaux auprès de son trône ( Boundesh. p. 361 ).
[21] Plutarque (b) dit que, durant tout le temps que les ames sont ici enchaînées à la matière du corps, elles ne peuvent avoir de com- merce avec Dieu que par la philosophie; mais qu’à la mort elles sont transportées dans un lieu pur où Dieu devient leur conducteur et leur roi, où elles jouissent de sa vue sans se rassasier, et où elles sont tenues par le désir d’une beauté ineffable, Ici-bas , it Plutarque, on ne peut le voir qu’à travers un voile. Ainsi parlait saint Paul. Telle était la philosophie de ces siécles-1à.
C22]0 est question dans Job (c) de plusieurs constellations, telles que aisch, chima, kesil, theman et des mazzaroth. Les interprètes sont par.
- tagés sur celles de nos constellations auxquelles ces noms conviennent ; mais ils s'accordent tous à Îles regarder comme différentes étoiles qui présidaient aux saisons. Voyez la dissertation de M. Goguet (t. 1, p. 392, Origine des lois ). Plusieurs entendent par aisch les étoiles de Vourse ; d’autres arcturus, Pour moi, je pense avec M. Hyde (Commentaire d’'Ulugbeigh, p. 20 , etc. ) que cet aisch est l’aisk ou A4Ë des Grecs, la chèvre et ses chevreaux, une des constellations septentrionales, qui, par son lever du matin, annonçait le printemps. « Una vocatur AE , quæ mater est; duæ verd nimis lucidæ, bœduli { Theon, p. 123). Homère (d) nomme l’ourse ou le chariot le bootés, et Orion et Sirius.
om ee sqe gs a mme me ee men (a) V. 7816) Plut. deïsid., p.382.—(c) Job., e. 38, v. 31 et 32.—(d) Odyss:, L 1,