‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelle (volume 2)Chapitre 95 sur 97 · TOME VI · texte numérisé non relu

TOME VI

Plusieurs savans, tels que Cratès, pensent qu'Homère était astronome (a).

Les pleïades, Orion, l’arcture, Sirius sont nommés par Hésiode dans son poëme sur les travaux et les jours.

Toutes les traditions des plus anciens peuples s’accordent à attribuer l'invention de l’astronomie aux premiers fondateurs de leurs empires; les Atlantes à Uranus, les Chinois à Fohi, les Babyloniens à Bélus, les Juifs à Seth, les Grecs à Hercule et à Atlas. Ce qui prouve que son origine remontait au-delà des temps connus et aux siècles mythologiques. ;

Le Gentil () prétend que Pastronomie des Indiens offre des preuves d’une antiquité très-reculée, et que les Brames d’aujourd’hui ne possèdent que les débris d’une science cultivée avec succès bien des siècles avant notre ère.

[23] Théon assure que les Grecs recurent leur astronomie des Égyp-

tiens et des Chaldéens (c). Ce fut, dit-on, Thalès qui apporta d'Égypte en Grèce les premiers élémens de la géométrie et de l'astronomie, qui y fit connaître la division de la sphère, qui marqua les points des tropiques et des équinoxes, qui expliqua les éclipses; les prédit et les calcula (d). Strabon prétend (e) que ce furent les Phéniciens qui firent connaître aux Grecs la petite ourse. Le même Strabon ajoute ( f; qu’avant les voyages de Platon et d’Eudoxe en Égypte, les Grecs ignoraient la véritable durée de l’année, ainsi que beaucoup d’autres choses. Je crois que ces témoignages ont besoin d’une explication. Les Grecs, sans doute, voisins des siècles de Platon, pouvaient être fort ignorans dans cetie partie, et c’est pour cela qu'ils n’entendirent point les anciens poëmes que leur avaient faissés leurs pères, et que nous avons expliqués. Mais les Grecs de la haute antiquité connaissaient l’astronomie, puisqu'ils faisaient des poëmes astronomiques.

L’astrologie est de la plus grande antiquité, surtout dans l'Orient. C’est un fait qu'on ne peut révoquer en doute; or, l'astrologie n’est qu’une astronomie dégradée , et que abus d’une science plus ancienne. La meilleure preuve qu’elle est bien postérieure à l’invention des caractéres ou figures astronomiques, et des emblèmes d'animaux tracès dans les cieux, c’est qu’elle-même tire tous ses pronostics de la nature des animaux symboliques figurés sur les constellations; et que les influences célestes portent toujours sur la terre les caractères des animaux

(a) Achill. Tat. Uranol. Petav., 74. A Voy. aux Ind.,t.1, p. 311.—(c) Theon ad Arat. Phen., p. 181. — (4) Herod., . Diog. Laert. vit. Thal. —(e) Strab., L1,p.3.—(f) I. L 17, p. 806.

dd cmd. “us

ascendans au ciel. Si un homme naît juste, c'est qu’il vient au monde sous laspect des étoiles de la balance :

« Mensuræ tribuet vires et pondera rerum, »* Et licitum sciat , et vetitum quæ pœna sequatur. » Perpetuus populi privato in limine prætor, »

dit Manilius.

Pour qu’on pôt tirer ce pronostic, il fallait d déjà que la figure d’une bslance eût désigné ce groupe d'étoiles, et que la main de l’astronome eût tracé dans les sphères ce symbole allégorique. Car certainement la Nature ne l'avait pas fait, et Les étoiles , figurées par les animaux célestes, ne forment br entre elles “# différentes configurations qui circonscrivent les constellations. Il en était de même du lion sous l’aspect duquel naïssaient Les hommes braves et courageux. La vierge donnait les mœurs chastes et un caractère modeste, etc., ainsi des autres constellations qui fournissaient à l’homme qui naïssait sous leur aspect des inclisations et un caractère analogues à la nature des emblèmes qu'on y avait tracés ; à moins qu’on ne supposât que les observations faites sur le caractère et les goûts de ceux qui naïssaient sous certains astres, avaient constaté qu'ils étaient toujours analogues à la nature de certains animaux , et que c’est pour cela que les figures d'animaux » qui exprimaient la rehre comme Le le courage, comme le lion : la cruauté, comme le arr avaient été tracées dans les cieux. Cette opinion est amplement réfutée par Saumaise ( Ann. clim. p. 5),et est. beaucoup plus invraisemblable que l’autre, d'autant plus que Pobservation n’a jamais pu conduire l’homme à ce résultat, au lieu que l’inspéction des figures symboliques a bien pu faire créer ces rapports chimériques, chez des hommes persuadés que le ciel aimait toujours à reproduire en bas les formes supérieures et engendrer des êtres analogues à la nature de ses différentes parties. D'ailleurs, si on eût cherché à peindre ainsi les caractères de l’homine par eeux des animaux, on n’y verrait que des animaux qui existent réellement dans la Nature , ét qui ont un caractère connu, et non pas des monstres qui n’ont nulle part de type, tels que les centaures, etc. ( Salinas, p. 11).

C24] Avant de donner des noms aux divisions du zodiaque et aux autres parties du ciel, on y traça des figures symboliques dont ces divisions prirent ensuite leurs dénominations (a). Ainsi on appela signes du bélier, du taureau, etc., les divisions dont les étoiles, étaient groupées sous ies images de ces animaux symboliques.

(a) Gemin., p. 7.

[251 Sextus Empiricus (a) observe avec raison que ce n’est pas sur un fond de ressemblance qu'ont été inventés les symboles astronomiques; mais qu'ils sont comme des caractères emblématiques de la science ; comme des signes d'instruction.

[26] « Oceani sitiens eùm jam canis hauserit undam - + Et paribus Titan orbem libraverit horis, etc. » (Columelle, 1. ro, v. 4r.)

[27] Le système zodiacal présentait le tableau de l’année entière, considérée dans ses rapports avec l’état de la lumicre et de la végétation, et avec les travaux du cultivateur. Les noms des mois, dont les signes célestes furent originairement l'expression hiéroglyphique, furent, chez les Islandais, imaginés d’aprés leur comparaison avec l’état de la Nature dans chacun des mois. Nous en sommes revenus là nousmêmes dans notre nouveau calendrier républicain. Les Allemands appellent juin le mois des foins, juillet celui des moissons, septembre le mois du vent, octobre le mois du vin, etc. Les peuples du Gurdistan ont leur mois des roses ou gulan, qui répond à mai; leurs mois debâc et eïlân, dont les noms désignent la chaleur et la sécheresse (b). Tels sont aussi les mois du calendrier royal d’Yezdeghérd chez les Perses et ceux du Catav (c). Ces calendriers sort presque tous météorologiques.

[28] « Non dubiam quin cœteras pecudes bos honore superare debeat, qudd ille Athenis Cereris et Triptolemi fertur minister; qudd inter fulgentissima sidera particeps cœli; qudd deindé laboriosissimus adhuc homini socius in'agriculturâ, cujus tanta fuit apud antiquos venératio , ut tam capitale esset necare bovem quam civem. » (Colum., 16, ex Præm.; Varro de Re rusticA, L 2, c. 5).

[29] Je crois devoir répondre à ceux qui prétendent que les sphères grecque, chaldaïque et ég; ptienne ne se ressemblent point, et qu’ainsi on ne peut tirer une induction générale d’après notre sphcre et d’après les animaux qui y sont tracés. Voici ce que dit Saumaise ( Ann. Clim. Præf. p. 20) : « Easdem figurationes, ut res est, videntur habuisse Chaldæï, AEgyptiique cum Græcis, sed alias historias causasque eorum inter astra relationis commenti sunt ; atque indé extitit differentia græcanicæ spheræ et barbaricæ, sicut à Nigidio diversis voluminibus pertractatæ fuere. In græcanic Mvufoacys pocticæ Græcorum astronomiæ persecutus fuerat, in barbaricA ægyptiacæ. Fluvium cœlestem

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