‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 106 sur 240 · CETTE CRE RE TT ER ER GREE · texte numérisé non relu

CETTE CRE RE TT ER ER GREE

(a) Hygin., fab. 188. — (b) Herod., 1. 2, c. gr. —(e) Ibid. L. », ©. 42.

LIVRE II, GHAPITRE I. 255 Servius, à l’époque de l'expédition et du voyage de l’armée d’'Hercule en Libye. Or , si nous en croyons Diodore de Sicile , son voyage en Libye (a) a lieu au dixième travail , aux approches de l’équinoxe de printemps , lorsqu'il s’achemine à la conquête des bœufs de Géryon,

après avoir tué le géant Antée.

= C’est à son retour de Libye , ou à l'époque de ce dixième travail , que le soleil ou Hercule , vainqueur des ténèbres, passe dans notre hémisphère boréal , ou, en langage allégorique , ressuscite. C’est ainsi qu'Osiris ressuscita vainqueur de Typhon qui l'avait mis à mort ; et comme cette résurrection , Ou ce passage aux signes supérieurs, est annoncée par la chèvre céleste placée sur le taureau , on dit que ce fut l'odeur d’une chèvre qu'Iolas lui fit flairer qui le rappela à la vie, après que Typhon lui eut donné la mort. Je lis Oryga une chèvre, et non Ortyga une caille, avec Jablonski ; car c’est évidemment une erreur du copiste. D'ailleurs , le mot odeur convient infiniment mieux au bouc et à la chèvre qu’à la caille.

Voiei le passage d’Athénée sur la résurrection d'Hercule (b). Eudoxe de Gnide prétend que les Phéniciens immolent des chèvres à Hercule, parce que ce héros, fils de Jupiter et d’Astérie , partant pour la Libye et ayant été mis à mort par Typhon, fut rendu à la vie par Jolas , au moyen de l'odeur d’une chèvre que celuici lui fit flairer. Ajoutez à cela que le fameux Iolas était le cocher d’Hercule , ou du soleil, comme le cocher céleste Phaéton , qui porte la chèvre Amalthée ,

(a) Diod., EL 4., c. 157. — (b) Athenée, 1. 9, p. 392.

et qui préside au passage du soleil aux signes supérieurs, appelé allégoriquement sa résurrection. Cette constellation est projetée dans notre planisphère , et nous sert à expliquer l’arrivée d'Hercule chez Faune , en passant en Îtalie , dans ce onzième travail. On consacrait à ce cocher , sous le nom d’Hippolyte , sa chevelure (a). On en faisait autant en l'honneur d'Iolas ; nouveau rapport (&) qui semblerait rapprocher Iolas du cocher , quoique nous n'osions assurer l'identité.

Il est encore une fable détachée sur Hercüle , qui forme le fond d’une antique tradition chez les Scythes , et que nous trouvons dans Hérodote (c). Les Grecs qui habitaient le Pont , nous dit cet historien , racontent qu'Hercule , après avoir voyagé en Espagne et conquis les vaches de Géryon (d), s’avança vers le nord ; jusque dans les déserts occupés depuis par les Scythes ; que là, il s'endormit sur sa peau de lion , et qu'il avait débridé les chevaux de son char. Ces chevaux disparurent , je ne sais comment, pendant son sommeil [58]. A son réveil, ce héros surpris de ne plus trouver ses cavales , les chercha dans tout le pays ; et, dans ses recherches , il fut conduit vers un antre où il trouva une jeune fille vierge , d’une forme monstrueuse. La partie supérieure de son corps était celle d’une belle fille, et la partie inférieure un serpent. C’est à elle qu'Hercule s'adressa pour en tirer quelques renseignemens sur ses cavales. Elle lui répondit qu “elle les avait, et qu’elle ne les lui rendrait pas , qu ‘il n’eût consenti à coucher avec elle. Hercule acquiesça à sa demande, et après plusieurs

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(a) Pausan. Ev., p. 74. — (à) Diod., 1. 3, c. 161. — (c) Herod. , 1 €. 9. — (d) Diod. Sic., 2, c.80,p. 155

LIVRE I, CHAPITRE 1. 257 hommages rendus à sa beauté il obtint ses cavales dont il avait très - généreusement acquitté le prix à celle qui les lui avait conservées. La jeune vierge devint mère de trois enfans , dont l’un , appelé Scythos , régnasur la Seythie à qui il donna son nom. La mère lui donna un arc, un baudrier et une coupe d'or que lui avait laissés Hercule , pour remettre à celui des trois enfans qui aurait le bras assez vigoureux pour tendre l'are ‘et ceindre le baudrier. Tel est le précis de cette fable racontée par Hérodote (a). | |

Cette fable scythique est relative à l’arrivée du soleil, ou d'Hercule , au solstice d'été, au point du ciel où il s'approche le plus du pôle boréal » désigné ici par les glaces de Scythie. Le lion occupait ce point du solstice ou du repos du soleil. De là vint la fictüon qui suppose qu'Hercule s'y était reposé sur sa peau de lion. Cette époque était marquée le soir par la vierge céléste qui suit immédiatement le lion , et sous laquelle s'allonge l’hydre de Lerne | comme on le voit dans notre second travail d'Hercule. Elle se précipitait alors au sein des flots de l'Océan et des feux du soleil ou d'Hercule , à qui elle allait s'unir. À l’orient montait le cheval Pégase qui figure, sous le nom de cavale de Dioméde , dans le huitième travail. Il est dans la case diamétralement opposée à celle de la vierge où aux poissons , et en partie dans celle du verseau et de sa coupe, opposée au lion ,’ et conséquemment il est paranatellon du soleil au lion solsticial. Notre phanisphère et l'inspection d’une sphère suflisent pour justifier ces rapports. Voilà ces chevaux que cherchait Hercule, et que la jeune fille , ne D MATES abéra AUS Ed

(a) Herod. , 1. #4, c. 10.

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