‹ Origine de tous les cultes, ou religion universelleChapitre 11 sur 240 · LIVRE I, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE VI

dans les bêtes, dans les plantes et jusqu'aux métaux (a). Le sommet de la chaîne était dans la lumière céleste, et le bas dans les ténèbres de l’abime. C'est dans le nié élevé de tous les cieux, appelé le Firmament , que Pythagore faisait résider la première cause (b). Le ciel, suivant ZLénon, est cette circonférence extrême, à la superficie de laquelle réside la Divinité qui s’y concentre et y appuie son siége (c). Or, le même Zénon et Cléante (d), son disciple , appelaient Dieu le monde animé par l’ame universelle qui, du ciel où est son siége principal, se répand dans toutes les parties de la matière qui le compose. De là vint qu'il distribuait la Divinité dans tous les astres ; dans l’eau, dans la terre , dans l'air , dans tous les élémens, et en général dans la Nature entière. Aussi rappelaitl tous les Dieux aux seuls agens naturels, et toute la mythologie à la physiologie, c’est-à-dire à sa véritable origine. Il ne voyait dans toute la théogonie d’Hésiode , comme nous, que le jeu des causes physiques, et dans les Dieux (e) que ce poëte chante, que l’ame unique du monde, qui prend des noms et des formes différentes à raison des différens lieux où on la suppose agissante, et des différentes manières suivant lesquelles elle agit.

Ce système ne s'éloigne pas de celui de Timée, ni de celui de Platon, qui font entrer l’ame universelle dans la composition du ciel et des astres ,et ensuite, par leur ministère, dans le reste de la Nature où elle se reproduit sous mille formes. Speusippe, neveu de Platon (f), mar-

(a) Euseb. præp. Ev., 1. 3, c. 4, p. 93. — (b) Autor. vit. Pyth. apud Phot. cod. 259. — (c) Diog. Laert. vit. Zen., p. 522. — (d) Cicer: de Nat. Deor., ce. Lx et 15. —(e) Ibid. Li, c 14 et 15. — (f)Ibid.,

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